L'appli RÉUSSIR vous accompagne désormais partout. Accédez à tous vos contenus en un clic.
On distingue deux types de gel :
Le déclenchement de la lutte est toujours une décision délicate : trop tôt cela fait perdre de l’argent inutilement, trop tard cela aura des conséquences sur l’efficacité, et donc la récolte. Certains le font de manière empirique, en veillant à la parcelle avec un thermomètre et en déclenchant les moyens de lutte quand le mercure atteint un certain seuil, préalablement défini. Pour davantage de précision, de nombreux viticulteurs s’appuient sur des outils d’aide à la décision (OAD) couplés à des stations météos connectées. Ces dernières mesurent précisément et en temps réel la température et l’hygrométrie, et envoient une alerte au viticulteur par appel, sms, email ou autre notification quand le risque de gel devient trop important.
Il est très difficile de lutter contre le gel d’hiver. Dans les pays où l’on cultive la vigne sous des climats extrêmes (Canada, Chine...), les vignerons vont jusqu’à enterrer les vignes en période hivernale et à les déterrer au printemps. En France, les dégâts sont trop peu fréquents pour que ce soit utile.
Face au gel de printemps, en revanche, une multitude de solutions existent. Elles se différencient par leur coût, par leur adaptation à la conduite de la vigne et au type de gel, par leur empreinte carbone ou encore par le temps nécessaire pour leur mise en place. Avant de s’équiper, il est indispensable de bien s’informer sur toutes les possibilités.
En raison des investissements importants et du fait que certains moyens de lutte sont plus efficaces quand ils sont gérés à plus grande échelle, des vignerons choisissent la gestion en commun des moyens de lutte contre le gel. Cela permet également d'avoir plusieurs observations et plusieurs avis lors des prises de décision. La gestion en collectif peut prendre plusieurs formes : associations, ODG, coopératives, Cuma...
Brûler des ballots de foin ou de paille en bordure de parcelle a pour objectif de créer un voile opaque, qui limite le réchauffement rapide au lever du soleil et qui favorise le réchauffement au niveau du sol. C’est une méthode ancestrale très peu onéreuse et relativement simple à mettre en place. Toutefois son utilité est contestée. Les techniciens du Comité Champagne qui l’ont testée disent n’avoir observé aucun effet sur le gel. Des vignerons assurent quant à eux que cette technique fonctionne en cas de gel radiatif si elle est correctement utilisée, mais que cela demande beaucoup de technicité. Son usage est de plus en plus controversé, à cause des plaintes de riverains en raison de la fumée, et du relargage de particules participant à la pollution de l’atmosphère.
Depuis des siècles, l’utilisation de bougies est l’une des solutions les plus courantes pour lutter contre le gel. Les bougies permettent de gagner de 2 à 3°C, à raison de 400 à 500 exemplaires par hectare. Cependant, face aux gels advectifs ou aux gels radiatifs intenses comme ceux que l’on a récemment connus, cette technique montre ses limites. Les vignerons la délaissent peu à peu car elle est onéreuse (4 000 euros par hectare, voire davantage en cas de gel plus intense que la normale), pour des résultats incertains et beaucoup de main-d’œuvre, à la pose et à l’allumage. De même, elle n’est pas neutre d’un point de vue écologique, puisque son bilan carbone se situe entre 12,5 et 22,5 t CO2 éq/ha/an selon le combustible.
Chargées de granulés à bois au moment où le risque de gel est annoncé, les chaufferettes promettent une protection plus efficace (pour les chaufferettes Viti-chauffe, on parle d’une protection jusqu’à -5 °C pour 200 unités par hectare). Leur impact environnemental est meilleur que celui des bougies, car elles sont réutilisables et le bois est une énergie renouvelable. Cependant, il s’agit d’un moyen de lutte très onéreux : plus de 40 000 euros par ha d’investissement, et 800 euros par nuit de chauffe pour le fonctionnement. Cependant, le dispositif peut faire l’objet d’une aide FranceAgriMer, à hauteur de 30 à 50 % de prise en charge. Certaines d’entre elles se combinent même aux tours antigel, pour davantage d'efficacité.
La gamme des chaufferettes comprend également des braséros, qui se basent sur la combustion de pellets. Citons par exemple le Brasero Protect. Il doit être disposé à une densité de 300 à 350 unités par hectare, et vaut 160 euros en version inox.
D’après les experts, la méthode de l'aspersion est de loin la plus efficace, car elle protège de tous les types de gel jusqu’à -6°C. C’est notamment l’une des rares véritablement efficace contre le gel advectif. Elle est basée sur le principe de l’igloo : les viticulteurs aspergent les vignes d’eau lorsque la température descend pour que la glace se forme et emprisonne les bourgeons. A l’intérieur, la température ne descend pas en dessous de 0 °C, le bourgeon est isolé par la glace. Néanmoins, l’aspersion demande beaucoup de vigilance : pendant les nuits de fonctionnement, le réseau doit être surveillé en permanence pour prévenir les tuyaux bouchés ou arrachés. Les projets sont de plus en plus complexes à monter, puisque cela demande de stocker de grandes quantités d’eau, ressource toujours plus convoitée et surveillée. Cette méthode peut être gérée à plusieurs.
On estime l’investissement à 15 000 €/ha, auxquels il faut ensuite ajouter 0,27 €/l (pour 50 hl/ha). Comptez 0,5 t d’émissions de CO2 éq par hectare et par an, selon le guide 2019 Viticulture durable en Champagne.
Capables de protéger des surfaces allant jusqu’à 5 ha, les tours antigel sont souvent utilisées en commun entre plusieurs viticulteurs. Le principe de ces éoliennes est de brasser l’air pour ramener l’air plus chaud des hauteurs vers le sol. Un tel raisonnement n’est possible que dans le cas d’un gel radiatif, où les températures diffèrent selon l’altitude. Les tours antigel peuvent être équipées en sus de brûleurs au fuel ou bien au gaz, pour générer un apport de chaleur supplémentaire. En 2020, il fallait compter 50 000 € pour une tour antigel à gaz avec le bloc de béton.
Depuis quelques années, on voit apparaître une offre de tours antigel mobiles, adaptées à un usage individuel.
Installé sur le fil porteur du vignoble tout l’hiver, le fil électrique chauffant est doté d’une efficacité incontestable, en particulier sur les vignes conduites en Guyot lorsque la baguette est liée près du câble. Certains utilisateurs revendiquent jusqu’à deux fois plus d’efficacité que les bougies. Cependant, ils nécessitent une alimentation électrique à haute puissance, qui demande soit d’être raccordé au réseau soit d’utiliser un groupe électrogène de grande puissance (400 kVa environ) . Compter entre 15 000 et 40 000 euros par hectare pour l’investissement selon l’équipement et la densité, et 100 à 150 euros par hectare par nuit de gel pour le fonctionnement.
Côté empreinte carbone, pour une alimentation secteur, on relève des émissions de 0,35 t CO2 éq/ha/an. Le bilan grimpe dès lors que l’alimentation se fait via un groupe électrogène.
Par une combustion de gaz ou de fuel, le canon à air chaud crée de la chaleur propulsée par un canon. Cela permet d’assécher l’air ainsi que de le réchauffer, afin d’éviter le gel de la vigne. Il s’agit d’une solution efficace pour tous types de gel, mais dont l’efficience diminue avec la chute des températures et la force du vent. Il faut compter entre 7 000 et 15 000 €/ha d’investissement, puis 300 €/ha/an pour le fonctionnement. Mais attention, les canons à air sont loin d’être neutres au niveau écologique : l’empreinte est de 12,9 t CO2 éq/ha/an. Certains canons sont statiques, d'autres mobiles.
Qu’il s’agisse de voiles d’hivernage, de tunnels mono-rangs ou d’agrivoltaïsme, la couverture des vignes se montre efficace contre le gel.
Voiles d’hivernage : les voiles d'hivernage montrent, campagne après campagne, une bonne efficacité. Ils sont autorisés sauf dans les AOC dont le cahier des charges les interdit.
Tunnels mono-rang : dotés d’un système de capteurs, ils se placent automatiquement au-dessus des vignes en cas de pluie, de grêle ou de gel, et assurent ainsi leur protection. Après des tests probants en 2021, le dispositif est maintenant en vente, à 15 euros par mètre linéaire.
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Panneaux photovoltaïques : en plus de leur efficacité contre la sécheresse, les panneaux photovoltaïques se montrent également très utiles contre le gel, permettant un gain de 2°C sur les surfaces qu’ils abritent. Ils sont donc pertinents pour un gel printanier ne descendant pas sous les -1°C.
Contre le gel, la nébulisation est une solution peu onéreuse, et qui peut se montrer efficace à condition que le vent ne souffle pas à plus de 6 km/h. Compter 21 000 € pour l’achat d’un nébulisateur, qui permet la formation d’un brouillard autour des vignes, les protégeant du gel. Plusieurs modèles existent, créant ce brouillard soit à partir de glycol (Viti Protect K30), soit par combustion d’une botte de foin (FogDragon), Au total, comptez 10 €/ha avec le FogDragon, 40 €/ha avec le Viti Protect K30, hors main-d’œuvre (prix 2020).
L’emploi de cette solution nécessite toutefois une grande technicité pour réussir à former le brouillard au-dessus des vignes, et trois personnes doivent être mobilisées au moment de la lutte.
De nouvelles techniques sont apparues au vignoble depuis quelques années seulement, basées sur la lumière infrarouge. L’avantage de cette technologie est de réchauffer directement la plante sans avoir besoin de réchauffer l’air. L’entreprise Frolight a développé un système de protection sous forme de cordons émettant des lumières infrarouges, permettant de maintenir les bourgeons à une température donnée.
Peu sensible au vent, le dispositif doit être d’abord être installé à l’aide de pinces de liage et de rubans biodégradables faciles à défaire une fois la saison critique passée. Il faudra compter 4 euros par mètre de ruban au total. Côté fonctionnement, l’alimentation se fait par un groupe électrogène. L’achat d’un tel équipement revient à environ 35 000 euros pour la protection d’un hectare, mais la location à la semaine est envisageable.
La lampe autonome développée par la jeune pousse Wine Protect permet, quant à elle, de chauffer les vignes par infrarouge par le biais de l’énergie solaire accumulée par des panneaux intégrés. Pour 30 000 € par hectare, il est possible de paramétrer une température au-delà de laquelle le dispositif se met en marche, maintenant les vignes à des températures positives.
Bien que n’étant pas un système de lutte contre le gel en tant que tel, les UV permettent néanmoins d’y contribuer. Des vignerons les utilisant pour stimuler leurs vignes ont testé leur impact contre le gel. Avec un résultat positif. Le rendement est ainsi meilleur, mais cette solution n’est pas suffisante seule. Elle doit être employée en complément d’un système de lutte physique.
Concernant le prix, compter quelques centaines d’euros par hectare en prestation, et environ 50 000 euros à l’achat.
En 2022, la société R-Tech a mis au point une gaine chauffante et soufflante de 20 cm de diamètres et 100 m de long maximum. Par le biais d’un ventilateur et d’une résistance chauffante, elle assure la diffusion d’un air allant jusqu’à 25°C. Pour l’installation, compter 15 minutes pour l’accrocher aux fils porteurs, quel que soit le mode de taille. Résultat, la solution est efficace jusqu’à -3°C, pour une gaine tous les deux rangs et un coût de 19 € par mètre.
Ces dernières années, l’hélicoptère a souvent été remplacé par d’autres moyens de lutte. Et pour cause, la méthode nécessite beaucoup de précision : le vol doit avoir lieu entre le lever du jour et le moment où la température redevient positive. Il génère aussi de fortes nuisances sonores, puisque l’hélicoptère doit repasser au même endroit toutes les 15 minutes pour continuer à brasser l’air, pendant plusieurs heures. Les plaintes de voisinage, ainsi que l’image négative que renvoie cette lutte, découragent de plus en plus les vignerons.
Dans le vignoble de Montlouis, une gestion en commun a permis d’abaisser les coûts à 100-200 €/ha. En 2017, la perte a été de 20 à 30 % au lieu de 40 % ailleurs.
Au-delà de toutes ces alternatives, les méthodes de lutte passive sont également de bons atouts, et moins onéreux. Parmi elles, noter :
A noter : les plantiers sont très sensibles aux risques de gel. Il est donc important de prévoir leur protection.
Avant toute chose, il est conseillé d’attendre quelques jours avant d’intervenir sur les vignes. Si les dégâts concernent moins de 20 % des pousses, aucune action n’est nécessaire. Si les pousses sont partiellement nécrosées, l’ICV conseille de passer avec un sécateur ou une paire de ciseaux pour couper à la base des rameaux, sans les arracher. Cela permet d’augmenter la vigueur des rameaux restants pour l’année suivante.
Certains conseillers recommandent le passage de produits fertilisants ou biostimulants pour aider la plante, mais d’autres, comme ceux de l’ICV, considèrent que cela coûte cher et que c’est inutile.
Sur les vignes en formation (plantiers), il est bon de réaliser un ébourgeonnage soigné pour sélectionner les sarments de feront l’architecture du cep pour le reste de sa vie.
L’une des plus grosses conséquences du gel printanier est l’absence de bourgeons à la base de la baguette. Au moment de choisir la baguette à fruits pendant la taille, il faudra donc réaliser des allongements importants et aller chercher une baguette très loin. Sur la baguette sélectionnée, il s’agit ensuite de conserver les trois bourgeons les plus proches et de retirer ceux situés plus loin. Enfin, on coupe l’excédent de branche sèche sur la baguette de l’an dernier.
Au printemps, après le débourrement, il faudra essayer de rattraper des gourmands à la base de la baguette de l’année précédente, afin de rattraper l’allongement subi.
Il est également conseillé d’anticiper la taille dès les travaux d’été. Il est important de réaliser un épamprage (et une sélection de pampres importantes), un égourmandage, et un nettoyage du pied. Le moment venu, cela rend la taille plus facile
Après un gel printanier, le risque est grand de se retrouver avec des vignes très hétérogènes, certaines grappes étant issues du débourrement, d’autres des repousses plus tardives. Il faut donc s’adapter en :
Il est possible de reporter ou réduire le paiement d’un fermage d’un cas de gel, mais cela est plus ou moins compliqué en fonction de la rédaction du bail. Plusieurs cas sont possibles :
Il existe également des assurances permettant de se prémunir contre les baisses de rendement liées au gel. En plus de l’assurance récolte, aussi appelée assurance climatique, certaines offres fonctionnent même sans passage d’expert, comme l’assurance proposée par la coopérative Océalia à ses adhérents. Par le biais d’un maillage de stations météo, couplé au stade végétatif de la vigne, le système d’assurance informe chaque viticulteur de son indemnisation, versée trois semaines plus tard.
Afin de soutenir les agriculteurs contre le gel, il existe des aides à l’achat de matériel de lutte.
La sécheresse a compliqué les semis de colza dans de nombreuses régions, et aux difficultés de levées se sont ajoutées…
Tandis que l’export se développe et que la notoriété du crémant s’accroît, les producteurs et élaborateurs français ont…
Dans des zones où les 100 q/ha sont courants en rendement du blé tendre, les risques de verse peuvent être importants,…