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Un mois d’avril assassin

Ce mois d’avril a été le plus dur depuis le début du millénaire. Tous les vignobles ont gelé à différents degrés, provoquant des dégâts parfois très importants, la végétation ayant environ deux semaines d’avance au moment des incidents.

Des photos de vignes illuminées par les chaufferettes, de bourgeons prisonniers de gangues d’eau, de bottes de pailles en train de se consumer, mais aussi, plus tristement de rameaux détruits, ou de bourgeons brûlés, ne cessent de circuler. En ce mois d’avril, le gel a en effet touché la plupart des régions viticoles, que ce soit lors des épisodes du 20-21 ou du 26-27. Ainsi, en Champagne, l’interprofession rapporte que les secteurs les plus atteints (à 35 % et plus) sont la Montagne de Reims nord et ouest, la Vallée de l’Ardres, la Côte des Bar et le secteur ouest de Château-Thierry. Mais la réserve moyenne de 7 000 kg/ha, permettra de pallier les pertes de récoltes.

Une réserve dont ne peuvent malheureusement pas se prévaloir la majorité des autres zones viticoles touchées. C’est le cas en Alsace, où les récoltes se font maigres depuis plusieurs millésimes et où plusieurs secteurs ont été fortement endommagés. La chambre d’agriculture parle notamment de dégâts allant au-delà de 80 % sur Bennwihr, Sigolsheim, Turckheim, Scherwiller, Châtenois, Ergersheim. Les gewurztraminers et les parcelles de plaine sont logiquement les plus touchés.

Les crémants 2017 risquent de se faire rares

De même, 94 % du vignoble jurassien a souffert, ce qui aura un "impact considérable sur les volumes, et notamment sur le crémant", note Daniel Cousin, de la Société viticole du Jura. La Savoie a également connu un niveau de gel "historique", selon Michel Quénard, président des vins de Savoie. 30 % du vignoble est endommagé à une intensité variant entre 10 et 100 %. Le sud de Chambéry est particulièrement impacté, ce qui fait craindre une baisse de récolte, notamment sur les crémants. Non loin de là, en Bourgogne (28 500 ha) on estime que 3 000 ha ont été impactés à des degrés divers. Le nord a été le plus touché, sur le Châtillonnais, Chablis et les appellations régionales. Moins éprouvé que sa consœur bourguignonne, le Beaujolais déplore tout de même des pertes dans la Vallée d’Azergues, et notamment sur les chardonnays. Avec pour corollaire, un possible « manque de volume pour fournir les crémants de bourgogne 2017 », indique l’interprofession.

Les côtes-du-rhône n’ont pas été épargnées, et notamment le ventoux, qui enregistre des pertes allant de 50 à 100 % pour les parcelles les plus touchées, avec 50 % du vignoble atteint. Pour le reste, le syndicat des côtes-du-rhône estime que 500 à 600 hectares ont souffert des intempéries, avec des intensités variables. En provence, le Var enregistre à ce jour 140 exploitations sinistrées, soit 2 000 hectares touchés entre 10 et 100 %. "Nous ne sommes pas trop inquiets pour nos marchés, indique Alain Baccino, président de l’interprofession, mais plus pour certaines entreprises."

De même, dans le Languedoc, les chambres d’agriculture de l’Aude et l’Hérault parlent de 20 000 hectares sinistrés, avec des pourcentages de dégâts variables ; et dans le Roussillon, 500 hectares seraient concernés. Des dégâts sont aussi à déplorer en Corse.

L’Ouest sévèrement touché

Dans le Bordelais, la chambre d’agriculture de la Gironde estime que la moitié du vignoble serait sévèrement frappée. Médoc, Libournais, Haute-Gironde, Entre-deux-mers, Graves et Sauternais payent tous un lourd tribut. Son voisin, le cognaçais serait lui aussi ravagé. 25 000 hectares seraient impactés entre 60 et 100 %, et 40 000 hectares entre 10 et 50 %. Non loin de là, le bergeracois a aussi été touché, et en côtes de gascogne, la perte globale de récolte est estimée entre 10 et 20 %.

Dans le val de Loire, l’interprofession ne disposait pas encore d’estimations poussées à l’heure de notre bouclage. Selon son directeur, Sylvain Naulin, tous les secteurs : Touraine, Anjou/Saumur et Nantais, sont concernés par les épisodes de gel. Dans le Muscadet, 60 % des surfaces sont touchées, et savennières a été très impactée.

Face à cette vague de dégâts, sans précédent depuis le début du millénaire, Stéphane Le Foll a demandé aux préfets « de tout mettre en place pour que les exploitants concernés puissent : avoir un accès au chômage partiel pour leurs éventuels salariés ; solliciter un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti pour les parcelles touchées par la grêle. Sur ce point les maires pourront formuler au nom de l’ensemble des contribuables concernés de leur commune une demande collective auprès des services fiscaux ; solliciter auprès des caisses MSA un report du paiement des cotisations sociales. »

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