Les gels du mois de mars et de début avril ont été dévastateurs en Champagne et dans le Chablisien, mais beaucoup moins graves dans le reste de la Bourgogne.
« Cet épisode de 2026 va certainement rentrer dans le top 3 des gels les plus forts pour la Champagne, avec 2003, 2021 – qui sortira sûrement du top 3 – et 1991 », annonce tristement Sébastien Debuisson, directeur recherche-développement innovation du Comité Champagne. Sur la zone, le gel a frappé à trois reprises : la nuit du 15 mars, celle du 26 au 27 mars et celle du 1er au 2 avril. L’épisode le plus « meurtrier » a certainement été celui du 26 au 27, avec des températures descendues localement jusqu’à -6,5 °C voire -7 °C, accompagnées de pluies. « Cela a humidifié les bourgeons dans la bourre qui ont brûlé », décrit-il.
38 % du vignoble champenois atteints par le gel
Au total, les estimations, qui sont encore à affiner, font état de 38 % du vignoble champenois atteints, avec une marge de plus ou moins 5 %. « À titre de comparaison, en 2003, on était à 45 % », rapporte Sébastien Debuisson. Dans certains secteurs, plus de 50 % des bourgeons sont détruits. La Vallée de la Marne, l’Aisne, la Côte des Bar ou encore la Vallée de l’Ardre ont payé un lourd tribut.
Même les zones protégées ont été impactées. « Il y a eu moins de dégâts mais pas une absence de dégâts », nuance le directeur recherche. Dans les zones où elle a été activée à temps, l’aspersion a donné de bons résultats. Les bougies ont également fonctionné, mais avec un impact plus modéré, les températures ayant été très basses.
L’Yonne a été sévèrement touchée par le gel
En Bourgogne, la situation est très contrastée. Le BSV Bourgogne du 1er avril fait état de « dégâts très significatifs observés dans l’Yonne (Chablisien et Tonnerrois), avec des parcelles touchées à près de 80 % ». Une semaine plus tard, il confirme que les dégâts concernent essentiellement le Chablisien et certains secteurs du Grand Auxerrois. La nuit du 1er au 2 avril semble également avoir causé des dommages dans l’Yonne, la Nièvre et le Jura, même s’ils « semblent pour l’instant plus limités ».
Moins de 10 % des parcelles touchées par le gel en Côte-d’Or
Ailleurs en Bourgogne, le gel qui a sévi dans les nuits du 26 au 27 avril et du 27 au 28 avril a fait plus de peur que de mal. Thomas Gouroux, conseiller viticole à la chambre d’agriculture de Côte-d’Or, estime que la Côte viticole s’en sort « très très bien ». « Il y a moins de 10 % des parcelles touchées, et lorsqu’elles le sont, il n’y a pas plus de 10 % des pieds endommagés », détaille-t-il. Seules trois communes ont été plus durement atteintes, Meloisey, Nantoux et Nolay. « Dans ces zones, il y a des parcelles avec plus de 60 % des ceps touchés », observe-t-il. Paradoxalement, alors que la nuit du 26 était annoncée comme étant la plus dangereuse, c’est celle du 27 au 28 qui a provoqué le plus de dégâts.
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