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Stratégie
Le groupe Agrial se développe tous azimuts

Le groupe coopératif normand Agrial fait de sa diversité une force. Stable sur ses fondamentaux, le groupe affiche toujours de belles ambitions, notamment à l'étranger. Explications avec ses dirigeants.

En 2017, Agrial a poursuivi son développement, augmentant son chiffre d’affaires de 6,5 % pour atteindre 5,5 milliards d’euros. Cette croissance s’est accompagnée d’une progression de sa rentabilité du même ordre, avec un excédent brut d’exploitation en hausse de 6 % à 225 millions d’euros. « L’augmentation de notre rentabilité est du même niveau que celle de notre volume d’affaires. Nous pouvons continuer à investir », a indiqué Ludovic Spiers, directeur général du groupe, lors de la présentation à la presse des résultats annuels le 18 avril dernier.

Toutefois, à l’inverse des années précédentes, le groupe a connu un léger récul dans les résultats de sa branche légumes et fruits frais affectée par les marchés des carottes et des pommes de terre. « Les marchés ont été plus compliqués en 2017 sur ces deux productions, ce qui se ressent dans les comptes de la coopérative. C’est la première année où Agrial vit un trou d’air sur ces deux produits », explique Arnaud Degoulet, président du groupe.

En carottes, c’est la stagnation de la consommation en France et le recul des importations du Royaume-Uni qui ont pesé sur le marché, tandis qu’en pommes de terre, c’est une surproduction due à une très forte récolte qui a entraîné une baisse des cours. Les difficultés sont également venues des pommes à cidre, dont la production a été relativement faible. « Ceci étant, cela ne nous a pas gênés, car nous avions des stocks », précise le président.

Une branche laitière profitable

Côté activités agroalimentaires, la branche laitière présente ses premiers résultats positifs depuis la fusion avec la coopérative Eurial et le rachat de la Fromagerie Guilloteau. « Pour Eurial, cela a été long, mais les synergies sont en place, et nous arrivons à avoir des résultats. Quant à la Fromagerie Guilloteau, le résultat va au-delà de nos espérances. On ne se doutait pas qu’il y avait autant de synergies », observe Ludovic Spiers. Pour les deux dirigeants, la diversité des activités du groupe est une force.

Cela nous conforte dans l’idée de consolider notre périmètre autour de plusieurs activités

« Dans un contexte où la rentabilité de la branche légumes est moins importante, la branche laitière a délivré de meilleurs résultats. Cela nous conforte dans l’idée de consolider notre périmètre autour de plusieurs activités », estime le directeur général. Avec un résultat net de 63 millions d’euros, soit 1,1 % du chiffre d’affaires, un niveau en baisse par rapport à 2016, mais estimé « satisfaisant », le groupe « se doit de poursuivre ses efforts et de continuer à investir », explique Ludovic Spiers. La somme de 136 millions d’euros a été investie (hors croissance externe) en 2017, et un montant presque similaire devrait être engagé cette année.

Création d’usines, en Allemagne, Pays-Bas et Espagne

En France, le plus important projet est celui de l’agrandissement de l’usine de Créaline à Lessay (50), qui est en phase de finalisation. « Créaline connaît une croissance de 15 à 20 % par an. Nous avons été obligés de tripler l’usine actuelle pour faire partir des produits en France, et nous avons des marchés en Angleterre et en Allemagne », précise le directeur général. En Europe, Agrial construit une usine Florette près de Francfort (Allemagne). « La mise en route est prévue pour début 2020. Elle produira les produits 4e gamme de Florette pour le marché allemand. Pour le moment, nous exportions à partir de Cambrai, ce qui nous coûtait très cher en logistique », souligne Ludovic Spiers. Sans vouloir préciser l’investissement, il ajoute toutefois qu’elle devrait être « plus importante que celle de Cambrai », qui a une capacité de 8 500 tonnes.

Aux Pays-Bas, Van Oers (filiale du groupe depuis 2016) va inaugurer fin 2018 un site à Dinteloord. Le bâtiment de 13 700 m2 concentrera ses activités de haricots verts et de germes. En Espagne, Eurial a conclu une joint-venture avec la coopérative Dcoop, à parts égales. Ils vont construire une usine de fromages de chèvre, destinée au marché local. Elle sera implantée en Andalousie, non loin de Fromandal, filiale espagnole d’Eurial. « Dcoop a la matière première qu’il nous manque, donc ce projet est intéressant. Nous fabriquerons des produits adaptés à la consommation locale », précise Ludovic Spiers.

Prise de participation dans un fonds africain

Agrial travaille également sur des projets en Afrique. Il a pris l’année dernière une participation dans le fonds d’investissement d’Afrique du Sud, Agri Vie II. « Ce fonds peut nous donner une vision claire de l’agroalimentaire en Afrique et nous proposer des cibles », explique le dirigeant.

Nous sommes à la recherche de sociétés en lait de vache

Parmi les objectifs du groupe coopératif à l’horizon 2025, le marché international est un axe stratégique fort. Agrial voudrait atteindre une part de 50 % de ses activités agroalimentaires à l'étranger, contre 33 % aujourd’hui (25 % du groupe). Hormis l’Afrique, les États-Unis, l’Asie et l’Europe sont regardés de près. « Nous sommes à la recherche de sociétés en lait de vache avec des produits valorisés, pas trop loin de la France », confie le dirigeant. En 2017, la croissance du groupe a atteint 2,5 % en croissance externe et 4 % à périmètre constant. L'année 2018 pourrait inverser le ratio.

Part de 10 % de ses activités en bio en 2025

Dans le cadre de son projet stratégique Horizon 2025, Agrial souhaite atteindre une part de 10 % de sa production agricole en bio. En lait, le groupe collecte déjà 62 millions de litres de lait de vache bio, et devrait atteindre 100 millions de litres en 2020. « Il faudrait doubler ce volume pour atteindre les 10 % », précise Ludovic Spiers. Eurial devrait d’ailleurs lancer d’ici à cet été une marque de produits laitiers ultrafrais bios à base de lait de vache destinée à la grande distribution. Agrial avait annoncé en février organiser un plan de conversion pour ses adhérents afin d’atteindre les 140 millions de litres en 2022. Du côté de sa branche légumes et fruits frais, l’orientation vers le bio a été engagée en 2017 avec les soupes Créaline ou les salades et légumes Florette.

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