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Responsabilité sociétale
Comment Food Heroes valorise les invendus

Le projet européen visant à réduire à la source le gaspillage en valorisant les invendus et coproduits dans le secteur alimentaire a pris fin en décembre. Plusieurs démarches innovantes sont sur les rails.

Le Gars Daudet a créé un concept et une marque avec le designer Benoît Millet, le Coquet de Mayenne, dont la commercialisation a débuté en décembre sur le département. © Le Gars Daudet
Le Gars Daudet a créé un concept et une marque avec le designer Benoît Millet, le Coquet de Mayenne, dont la commercialisation a débuté en décembre sur le département.
© Le Gars Daudet

« Trouver une filière viable à quelque chose qu’aujourd’hui on détruit », telle est la finalité du projet européen Food Heroes résumée par un de ses acteurs sur le terrain, Baptiste Daudet, le gérant du volailler Le Gars Daudet à Fromentières (Mayenne). Ce projet, financé à 60 % par le programme Interreg Europe du Nord-Ouest, s’est déroulé de 2016 à fin 2020, animé par treize partenaires sur six pays (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Irlande et Royaume-Uni). Il a fait collaborer les univers de la création, de l’agroalimentaire, de l’agriculture, des instituts de recherche et les pouvoirs publics pour la conception et le test de solutions innovantes visant à générer de la valeur ajoutée à partir d’invendus, pertes et coproduits. Trois secteurs pilotes ont été ciblés par Food Heroes : les fruits et légumes, les produits de la mer, et les animaux mâles des filières lait de chèvre et œuf.

Valoriser les « frères de pondeuses »

C’est dans cette filière que Le Gars Daudet a pu bénéficier de l’accompagnement de Laval Mayenne Technopole et du lycée agricole de Laval. Leur collaboration a porté sur le devenir des poussins mâles de race pondeuse, dont 50 millions en France et autant en Allemagne sont éliminés à l’éclosion. Alors que cette pratique sera bientôt interdite, la valorisation des « frères de pondeuses » via un élevage de 8 à 10 semaines a été étudiée. Le Gars Daudet a créé à partir de ces petites volailles de 600 à 700 grammes de carcasse un concept et une marque avec le designer Benoît Millet, le Coquet de Mayenne, dont la commercialisation a débuté en décembre sur le département.

Moules hors calibre

Une autre filière locale a démarré en Mayenne et Maine-et-Loire pour valoriser les chevreaux mâles dans la branche laitière. Emmanuel Hardy, éleveur à Prée-d’Anjou, les vendait jusqu’ici à des engraisseurs au prix de 2,50 euros l’animal. Il a expérimenté avec Laval Mayenne Technopole l’élevage de chevreaux lourds jusqu’à 8 mois, pour une commercialisation en boucherie et restauration. Un évènement gastronomique annuel venu d’Angleterre, Goatober, « le chevreau d’octobre », accompagne cette nouvelle filière en France, en Allemagne et aux Pays-Bas.

Dans la filière mer, Technopole Quimper-Cornouaille a accompagné le mytiliculteur Axel Brière dans la valorisation des moules de petite taille. En France, les écarts de tri représenteraient 20 000 tonnes par an. La société Mussella, détenue par des producteurs, valorise la chair, en surgelé, et le jus de cuisson de ces moules. Prix Food Heroes en 2019, Mussella investit 2 millions d'euros dans un site de transformation à Pénestin (Morbihan). Cet outil, qui sera opérationnel à l’été, bénéficie du soutien de l’Europe à hauteur de 700 000 euros.

En Pays de la Loire, l’Association des chambres d’agriculture de l’Arc atlantique a pu grâce à Food Heroes conduire une étude sur le gisement des pertes en fruits et légumes, très important dans la région, et rédiger un annuaire des acteurs de l’anti-gaspillage. On y retrouve par exemple la conserverie Ornorme de l’association saumuroise Valorise, à qui la coopérative Fleuron d’Anjou apporte chaque semaine 500 à 600 kg de légumes déclassés.

Quinze projets mis en avant

La conférence finale de Food Heroes s’est déroulée dans le cadre du Digital Food Waste Fest, les 8 et 9 décembre 2020. Une quinzaine de démarches ont été mises en lumière. En Belgique, Envie valorise en soupes des surplus de légumes avec un volet insertion. De son côté, l’entreprise néerlandaise Botanic Bites transforme des pieds de pleurotes en produits snacking. Le Bureau irlandais de la mer a, lui, accompagné un transformateur dans la production de filets à base de coproduits de poissons blancs récupérés du filetage. Autre initiative irlandaise, celle de quatre entreprises qui ont souhaité développer des produits séchés à base de têtes de poissons en travaillant sur la réduction des coûts énergétiques des process.

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