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Guerre en Ukraine, grippe aviaire, inflation, négociations...
Pénuries alimentaires en rayon : quels produits, pourquoi, jusqu’à quand ?

Huile de tournesol, poulet mais aussi poisson pané, plusieurs produits manquent en rayon, pour quatre types de raisons parfois reliées.

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© Virginie Pinson
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La guerre en Ukraine touche l’huile de tournesol et le colin

C’est celle dont l’absence se fait le plus remarquer, l’huile de tournesol.

Des rayons vidés, des achats rationnés s’ils sont garnis, la pénurie d’huile de tournesol est une conséquence de la guerre en Ukraine. En effet, le pays est le premier producteur mondial de ce produit. Si des marques françaises comme Lesieur utilisent uniquement du tournesol français, ce n’est pas le cas de toutes les MDD. De plus les consommateurs adoptent un comportement parfois irrationnel, comme on a pu le voir lors du premier confinement, et les rayons dégarnis déclenchent des envies de stockage et des achats de précaution chez certains. De plus, certains restaurateurs confrontés à des manques chez leurs grossistes, en huile de friture par exemple, ou des hausses de prix plus rapides et plus spectaculaires qu’en GMS, changent de circuit pour s’approvisionner.

Les poissons panés à base de colin manquent en rayon

Autre produit dont les approvisionnements se compliquent pour la GMS comme pour les grossistes, le colin d’Alaska, dont la Russie est le premier producteur. Comme les pêches étaient irrégulières ces dernières années, les stocks surgelés n’étaient pas conséquents et les difficultés pour se fournir se font déjà sentir. Le cabillaud est aussi touché. Aucune amélioration n’est attendue à moyen terme.

La baisse de la production impacte les produits animaux

Ce sont surtout les oeufs de cage qui manquent en rayon

Plusieurs produits animaux se font rares en rayons. Les œufs, notamment de code 3, sont peu présents, conséquence directe de la grippe aviaire dans les Pays de la Loire. Pour la filière, il faudra presque un an pour revenir à la normal, et pour le consommateur, on peut espérer que les rayons seront mieux garnis dès l’été, quand les circuits industriels et RHF trouveront des solutions à l’import. Les rayons volailles restent garnis, mais les acheteurs sont inquiets pour la pérennité de leurs approvisionnements. Poulets mais surtout dindes, pintades et canards sont très touchés par la grippe aviaire. Pour les élaborés de volailles, des industriels nous confiaient tenter de changer de formulation et incorporer de la poule plutôt que du poulet ou chercher des solutions à l’importation.

Autre produit sous tension, le haché de bœuf. Le haché frais et les steak premium restent bien présents mais pour les produits premiers prix et les surgelés, des tensions sont rapportées. En cause, le manque de disponibilités dû au déclin de l’élevage allaitant en France et plus largement à la baisse de production européenne. Les industriels fournissent en premier lieu les marchés les plus rémunérateurs, d’autant plus qu’ils font face à l’envolée des coûts de l'énergie, ainsi que des prix des vaches depuis le début de l’année. La situation devrait rester tendue jusqu’à l’automne, saison où les réformes laitières sont plus importantes.

Du côté des produits laitiers, on rapportait des manques de crème. En cause, toujours le manque d’offre. La collecte laitière française peine à se redresser alors que la demande est bien orientée. A cette saison, les besoins en crèmes sont forts pour les industriels (chantilly, crèmes glacées) et les laiteries ont du mal à fournir.

La moutarde, victime du changement climatique

Les livraisons de moutarde se font au compte goutte

Les fabricants de moutarde tiraient la sonnette d’alarme dès le début d’année. La récolte canadienne, premier producteur mondial de graines de moutarde, est très mauvaise depuis deux années du fait du changement climatique. Or le plan B pour s’approvisionner était… l’Ukraine. Conséquence, des outils de production qui tournent au ralenti et des livraisons au compte-goute.

Un bras de fer avec la GMS

Les prix des boîtes de conserves flambent

L’heure est à la renégociation pour beaucoup d’entreprises et les discussions sont musclées. Certains enseignes déréférencent tandis qu’à l’inverse des entreprises font des ruptures, ne souhaitant pas vendre à perdre tant que les prix d’achat ne seront pas revus.

Certains industriels font face à la hausse des prix achats des produits alimentaires, mais aussi des emballages. C’est le cas des conserves, par exemple, avec l’envolée de l’aluminium dans le sillage de la guerre en Ukraine. Ils peinent même à s’approvisionner.

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