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Consultation
Terrena débat de l’éducation des consommateurs

Un échange organisé par la coopérative a mis en lumière le besoin de pédagogie pour inciter les clients de la grande distribution et de la restauration collective à aller davantage vers les produits locaux, de qualité et de saison.

De gauche à droite : Yves Puget, directeur de la rédaction de LSA ;Pascal Claret, propriétaire du Super U de Carquefou ; Catherine Gandon-Giraud, directrice des achats de Restoria ; Gérard Poisson, cofondateur de l’atelier de découpe De la terre à l’assiette. © Th. G.
De gauche à droite : Yves Puget, directeur de la rédaction de LSA ;Pascal Claret, propriétaire du Super U de Carquefou ; Catherine Gandon-Giraud, directrice des achats de Restoria ; Gérard Poisson, cofondateur de l’atelier de découpe De la terre à l’assiette.
© Th. G.

La coopérative Terrena a organisé dans le cadre de sa consultation trois forums à la mi-février. Avant ceux de Laval, consacré aux modes de production, et de Poitiers, sur le modèle coopératif, celui de Nantes, le 11 février, s’est intéressé au thème « des fermes aux cuisines, par quels chemins ? ». Dans un mode interactif avec la salle, ce rendez-vous a permis d’ébaucher un dialogue entre des agriculteurs désabusés et des acheteurs (grande distribution et restauration collective) aux marges de manœuvre souvent limitées. « À quoi bon investir si l’on n’en retire pas de plus-value ? » a ainsi demandé un adhérent de Terrena aux intervenants du forum.

« Les producteurs devraient à terme bénéficier des effets de la loi Egalim », a estimé Catherine Gandon-Giraud, directrice des achats de la société de restauration angevine Restoria. « Nous avons passé un cap. Après une période de turbulences de deux à trois ans, les volumes vont monter vers le plus haut de gamme », a-t-elle estimé. Tout en préconisant que « tous les acteurs de la chaîne de valeur se mettent autour de la table pour comprendre leurs contraintes respectives ». Lui-même producteur de jus de pomme bio, Pascal Claret, propriétaire du Super U de Carquefou, a défendu l’engagement de son enseigne dans la proximité. « Les produits régionaux nous permettent de nous démarquer de nos concurrents », a-t-il souligné.

Le choix de la saisonnalité

Les tendances, souvent contradictoires, de consommation, leurs évolutions rapides face au temps long de la production, ont occupé une bonne part des débats. De nouveaux acteurs et circuits de proximité apparaissent, le bio et le local ont le vent en poupe, mais « le poids des grandes marques, des hypermarchés et des enseignes les plus agressives en prix incitent à relativiser ces mouvements », a relevé, chiffres à l’appui, Yves Puget, le directeur de la rédaction de LSA. Évoquant « une forme de défiance des convives par rapport à ce qu’on fait », Catherine Gandon-Giraud a annoncé que Restoria allait bousculer ses clients à la rentrée prochaine en optant pour une stricte saisonnalité des légumes. Fini les tomates en hiver, quitte à perdre des clients peu concernés par ce « militantisme » !

La grande distribution peut-elle aller aussi loin ? Sans doute pas, même si elle a bien conscience des efforts à faire en matière de pédagogie, voire de contraction de l’offre.

La restauration collective, c’est l’école du goût

« Il faut que l’on arrive à reprendre la main sur l’éducation de nos clients sur la saisonnalité, la disponibilité des produits », a ainsi jugé Pascal Claret. Gérard Poisson, éleveur à la retraite et cofondateur de l’atelier de découpe De la terre à l’assiette, a pour sa part invité le monde agricole, notamment via la contractualisation, à s’intéresser davantage à la restauration collective. « C’est l’école du goût, ce sont les consommateurs de demain », a-t-il noté, dans le ton d’une soirée où le besoin d’éducation du citoyen aux enjeux de l’alimentation a largement fait consensus... Comme les insuffisances de l’Éducation nationale sur ce volet.

Réfléchir à l'agriculture de demain

Terrena a décidé de consulter ses 21 500 adhérents agriculteurs et ses 14 000 salariés sur l’agriculture de demain. D’une ampleur inédite, cette opération s’est déroulée du 2 décembre au 20 février sur trois champs distincts. Une plateforme numérique a permis de recueillir plus de 600 propositions émanant de 3 000 contributeurs inscrits. Une quarantaine d’ateliers débats se sont déroulés sur le territoire de la coopérative. Enfin, Terrena a organisé trois forums ouverts à l’ensemble des parties prenantes. De cette consultation découleront des propositions d’orientation pour les dix prochaines années, qui seront dévoilées lors de l’assemblée générale de la coopérative le 26 mai à Angers.

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