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Pays de la Loire
Manger local : l’enjeu de la contractualisation

Les rencontres Restau’co 2017 se sont déroulées à Nantes durant le salon Serbotel. Une table ronde sur l’approvisionnement local a mis en exergue la nécessaire structuration des filières et le levier de la contractualisation. Compte rendu.

De gauche à droite : Jean-Noël de Casanove (Draaf Pays de la Loire), Michel Brossier (Interbev des Pays de la Loire), Jézabel Joalland (conseil départemental de la Sarthe).
© Th. G.

Le réseau Restau’co a choisi Nantes et le salon Serbotel pour y tenir le 23 octobre ses premières rencontres. Une table ronde sur le thème « comment être acteur du développement de l’agriculture sur les territoires » a ouvert le rendez-vous. Chargée de lancer les débats, Patricia Maussion, vice-présidente du conseil régional des Pays de la Loire, a rappelé que « manger local répond à un enjeu d’ancrage territorial ». Encore plus dans une Région où l’agriculture et l’agroalimentaire pèsent 20 % du PIB et 10 % de l’emploi.

Du côté des collectivités ligériennes, l’objectif de 50 % de produits locaux en restauration collective semble partagé. La table ronde organisée par Restau’co a montré que plusieurs conditions restent à remplir pour l’atteindre. La visibilité des filières locales et surtout leur structuration sont encore insuffisantes pour répondre aux besoins. De gros acheteurs comme la ville de Nantes, qui consomme plus d’une tonne de viandes comme de légumes chaque jour, rencontrent des difficultés à trouver des producteurs locaux, parfois attirés par d’autres circuits. « Les producteurs sont moins intéressés par les appels d’offres des collectivités », s’est inquiétée Catherine Choquet, adjointe au maire de Nantes déléguée à la restauration scolaire.

Ils ont besoin d’une visibilité à long terme

Les acteurs présents ont insisté sur la nécessité d’une contractualisation pour assurer une régularité et une meilleure valorisation aux producteurs. « Ils ont besoin d’une visibilité à long terme », a noté la consultante Sandrine Doppler. « La contractualisation peut aider les producteurs à se lancer dans le défi de faire du bio », a poursuivi Frédéric Marchand, adjoint au maire de Rouen. Dans sa commune, repassée en gestion directe en 2011, 65 % des aliments servis aux écoliers sont bios, locaux ou durables. « Pour faire avancer les choses, il faut que le politique soit complètement engagé », a insisté l’élu.

Les producteurs sont également sensibles à des volumes plus importants et répartis dans l’année. « Pour que l’offre s’organise, on ne peut travailler qu’avec les collèges. Nous avons donc lancé une démarche d’accompagnement auprès des Ehpad », a témoigné Jézabel Joalland, responsable du bureau agriculture environnement au conseil départemental de la Sarthe.

Des filières complémentaires

L’importance de ne pas opposer filières courtes et filières longues de proximité, de jouer sur leur complémentarité, a également fait consensus. Car, gros volumes obligent, « on n’arrivera pas à relever le défi de la restauration collective uniquement avec les circuits courts », a estimé l’éleveur Michel Brossier, responsable au sein d’Interbev et du Réseau local Anjou. Les distributeurs, avec leur savoir-faire logistique, ont évidemment un rôle à jouer dans l’approvisionnement en produits régionaux. Illustration à Rouen où, a indiqué Frédéric Marchand, « on travaille avec le Min et en direct. Et en ouvrant au maximum nos appels d’offres ».

Des appels d’offres qui, aujourd’hui, sont clairement plus un frein côté producteurs, du fait de leur complexité, que côté acheteurs.

Des outils régionaux spécifiques

La région hôte des Rencontres Restau’co a développé ses propres outils pour faire avancer l’approvisionnement local en restauration collective. Lancé en 2013 par la chambre régionale d’agriculture, le site approximite.fr recense les producteurs et transformateurs susceptibles de livrer en circuit court. La Draaf des Pays de la Loire a de son côté mis en place en 2015 un observatoire régional de l’approvisionnement de proximité en restauration collective. Le diagnostic annuel fourni par cet observatoire aide à cibler les actions prioritaires. « Nous allons travailler sur les filières qui ont les taux les plus bas, le bœuf, le poisson et les légumes », indique Jean-Noël de Casanove, chef du service régional de l’alimentation.

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