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L’objectif du 100% origine France de Gérald Darmanin dans les cantines des prisons, est-il atteignable ?

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé que seuls des produits français seraient proposés dans les cantines pénitentiaires d’ici 2028. Un projet difficile à envisager selon la directrice de Restau’co et compte tenu des faibles résultats des cantines carcérales sur les objectifs de la loi Egalim. Fact-checking.

plateau repas
Les prisons pourraient-elles réellement servir du 100% français dans leurs cantines alors qu'elles ont enregistré les scores les plus faibles sur les derniers taux Egalim ?
© Généré par IA

Lors de la dernière édition du Salon international de l’agriculture, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a réaffirmé son intention de renforcer la part de produits français dans les repas servis en prison, avec un objectif clair d’atteindre d’ici 2028, 100 % d’origine France dans les assiettes des prisonniers. « Il y a 82 000 détenus en France, et à peine 50 % des produits servis dans nos prisons sont français », a déclaré Gérald Darmanin sur RTL.

Lire aussi : Alimentation : comment le Cese veut en faire une « grande cause nationale » ? 

Vers des cantines de prisons privilégiant le circuit court ? 

Les cantines de prisons servent près de 78 millions de repas par an, soit 2 % des volumes de la restauration hors domicile. Elles représentent 1% des restaurants collectifs, répartis sur 896 établissements à travers le pays.  « Il y'a une prison dans chaque département au moins, mais on ne travaille pas du tout avec les acteurs locaux du monde agricole. » déplorait Gérald Darmanin. Ce dernier a affirmé que : « 100% des produits qu'on va consommer dans les prisons et au ministère de la justice seront français » 

« 100% des produits qu'on va consommer dans les prisons et au ministère de la justice seront français » 

Mis en garde sur le coût élevé de la mise en application de cette mesure, le ministre a répondu que « cela va sans doute couter plus cher, mais c'est une façon plus efficace de soutenir nos agriculteurs que de leur accorder des subventions »

Du 100 % français en prison : pari réalisable ou effet d’annonce ?

Pour Marie-Cécile Rollin, directrice de Restau’co, cet objectif soulève plusieurs questions, notamment sur le plan juridique. « Si un objectif politique de 100 % de produits français en restauration pénitentiaire s'entend pour un enjeu de souveraineté, il interroge au regard des règles de la commande publique dont le principe fondamental est la liberté d’accès à la commande publique et d’égalité de traitement des candidats » alerte cette dernière.

Elle précise également que ces règles de la commande publique n'empêchent pas de retenir des produits français mais les critères d’approvisionnement « ne peuvent être l'origine du produit. »

« il est important qu’un budget soit libéré à ce sujet. »

Comme autre frein, elle évoque la question du budget, car selon elle « il est important qu’un budget soit libéré à ce sujet. Le premier prérequis pour la qualité des achats est d'avoir les moyens de privilégier la qualité plutôt que le prix. Pour cela, la restauration collective publique a besoin de compter sur un budget achat alimentaire adapté à l'objectif qui lui est donné. »

L’administration pénitentiaire est membre de Restau’co pour la partie de sa restauration en gestion directe, sachant que plus de la moitié des établissements sont en gestion déléguée.

Des résultats Egalim insuffisants dans les prisons

Les cantines carcérales sont elles aussi concernées par la loi Egalim, qui impose notamment d’introduire au moins 50 % de produits durables, dont 20 % issus de l’agriculture biologique, dans les repas servis. Mais les résultats sont loin d’être au rendez-vous. Selon les données 2023, publiées en 2024, la restauration pénitentiaire affiche un taux de seulement 20 % de produits durables, avec 7 % de produits bio. Ce qui en fait les plus mauvais élèves de la catégorie « administration » qui affiche un taux de 14 % pour le bio et 30 % pour les produits durables. 

Lire aussi : Respect d'Egalim dans les cantines : le point en 5 questions 

 

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