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Quinoa : comment l'origine France a réussi à reprendre de la vigueur ?

Le taux d'auto-approvisionnement de la France en quinoa s'améliore. En cause, la baisse des importations du Pérou et de Bolivie, tandis que la filière est dynamique dans le Maine-et-Loire et la Sarthe. 

Champ de quinoa dans le Maine-et-Loire
La France consomme 8 000 à 10 000 tonnes de quinoa par an
© UAPL

Avec la progression des surfaces semées dans le Maine-et-Loire et la Sarthe le mois dernier, autour de 3 000 hectares pour une récolte attendue en août prochain de 3 500 à 4 000 tonnes, la filière française du quinoa peut, dès cette année, fait inédit, couvrir à elle seule la moitié des besoins du marché.

L'Anjou, principal producteur de quinoa en France

« Entre 40% et 45% des besoins de ce petit marché de 8 000 à 10 000 tonnes par an », précise Sébastien Beauvallet, le directeur des céréales au sein de l’Union Agricole Pays de la Loire. Cette coop a créé à partir de rien, en 2009, la filière Quinoa d’Anjou qui apporte désormais « au bas mot, 90 % de la production française », selon lui. Aucun phytosanitaire n’est autorisé en France pour le quinoa. Cette culture étant intégrée dans les assolements de champs souvent travaillés en conventionnel, seule une petite partie de la récolte française de quinoa est certifiée bio.

Déboires sanitaires sur l'origine Pérou, retrait de l'origine Bolivie

Les déboires rencontrés l’an dernier par le quinoa du Pérou aux frontières européennes, en raison de dépassements de limites maximales de résidus de pesticides, favoriseraient actuellement le choix d’approvisionnements d’origine française. L’origine bolivienne - la Bolivie étant le deuxième et seul autre pays exportateur de quinoa -, certifiée bio à presque 100%, aurait elle aussi diversifié ses débouchés aux États-Unis et en Chine, ne laissant à l’Europe que de maigres excédents.

Le quinoa dynamique en RHF...

D’autre part, en France, ce marché de niche serait plutôt dynamique en restauration hors foyer à l’instar de celui des lentilles et des pois chiches. Or, le quinoa a pour lui l’avantage d’être sans gluten, le fichant plus encore aux yeux des consommateurs comme une graine nutritive et saine.

Lire plus : Risques liés aux isoflavones : pourquoi l’Anses recommande d’éviter les aliments à base de soja en restauration collective

... grâce à la loi Egalim

« La loi Egalim a ouvert une voie avec l’intégration de protéines végétales en restauration collective, témoigne M. Beauvallet. Sodexo et Compass nous achètent des sacs de 5 à 20 kg. Une portion de quinoa, c’est 50 g. Donc, un sac 20 kg, ça part vite ! ». En grande distribution, les ventes concernent des sachets de 300 à 500 g de grains secs à cuire.

La filière française du quinoa franchit un palier

La filière française du quinoa avait connu un coup d’arrêt en 2016 peu après son développement explosif à partir de 2013 – année déclarée par l’ONU année internationale du quinoa, en hommage aux peuples andins -. « Nous étions arrivés à un palier », commente M. Beauvallet.

Ce palier a été franchi cette année en raison d’une conjoncture favorable. Le développement futur de cette filière encore méconnue dépendrait surtout de l’éducation des consommateurs. Or, le quinoa généralement bouilli et servi chaud comme du riz ou des pâtes peut également être préparé en plat froid (taboulés) et en dessert (quinoa au lait). Son goût neutre lui permet d’ailleurs d’absorber toute la saveur de sauces.

Lire plus : Snanc : que retenir de la stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat 2025-2030 mise en consultation ?

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