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Les abattages de poulets battent des records… mais ne suffisent pas 

La France a abattu un nombre de poulets sans précédent ces derniers mois. Pourtant ce n’est toujours pas suffisant du point de vue du ratio production/consommation. De quoi laisser la porte ouverte aux importations. 

chaine d'abattage de poulet
Les abattages de poulet ont atteint des niveaux en France mais demeurent encore loin du ratio production/consommation. Dans ce contexte, la France continue d'importer.
© Pascal Le Douarin

La hausse de la consommation du poulet en France est telle que les abattages ont pulvérisé des records. « En cinq mois, les abattages ont dépassé les 100 ktec », nous apprend Simon Fourdin, directeur du pôle économie à l’Itavi, le 20 novembre lors d’un webinaire dédié à la volaille de chair.  Les abattages de poulet ont augmenté de 11,2 % au cours des neuf premiers mois de 2024 sur un an selon l’Itavi d’après SSP. Par rapport à 2019, année de référence, avant les crises Covid et grippe aviaire, la hausse est de 11,6 %.

Lire aussi : Volaille française : les 3 erreurs stratégiques que pointe la Cour des comptes 

La France troisième abatteur de poulet de l'Union européenne

La France s’est positionnée en troisième abatteur de poulet de l'Union européenne (UE) au cours des huit premiers mois de l’année 2024 sur un an derrière la Pologne et l’Espagne. C’est aussi le pays qui a connu l’évolution la plus importante sur un an (+10,4 %) contre une moyenne communautaire de +6%. La Pologne, mastodonte sur le marché de la volaille et surtout du poulet, affiche une hausse des abattages proche de la moyenne (+ 6,3 %). 

Une consommation de poulet supérieure à la production 

Le poulet est la seule volaille à voir sa production et consommation augmenter. Toutefois, la production ne parvient pas à suivre le rythme de la consommation ce qui laisse la porte ouverte aux importations. La France importe directement depuis les pays communautaires, très peu au départ des pays tiers. En provenance de notre premier fournisseur, la Pologne, nos importations ont augmenté de 13 % entre les neuf premiers mois de 2024 et la même période en 2023 pour dépasser les 200 000 téc selon l’Itavi d’après les douanes françaises. 

Lire aussi : « Construire 400 poulaillers sur cinq ans pour reconquérir 20 % des importations »

Un peu moins de poulet importé dans l’Union européenne 

L’UE a réduit ses importations de volaille de chair depuis les pays tiers de 7 % entre les huit premiers mois 2024 et la même période en 2023 selon l’Itavi d’après Eurostat. La baisse la plus prononcée concerne l’Ukraine (-27 %), suivie du Brésil (-9 %). Ce n’est pas pour autant un soulagement pour les filières de l’UE car « les importations demeurent toujours en hausse de 19 % comparé aux huit premiers mois 2022 », estime Simon Fourdin.  

Lire aussi : Pourquoi le poulet brésilien ne séduit plus l’Union européenne ?
 

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