Politique agricole commune : tout savoir sur la nouvelle PAC
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[Mise à jour le 6 février]
« Lancée en 1962, la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne est un partenariat entre le secteur agricole et la société, et entre l’Europe et ses agriculteurs », rappelait la Commission européenne sur son site à l'occasion des 60 ans de la PAC en 2022.
C’est l’une des politiques européennes les plus anciennes créée au sortir de la seconde guerre mondiale par les six pays fondateurs : l’Allemagne, l’Italie, la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.
Définis dans le traité de Rome, signé en 1957, les cinq objectifs de la PAC :
Au fil des ans, la PAC a été l’objet de plusieurs réformes. Rappel de quelques dates qui ont marqué son histoire :
1962 : entrée en vigueur de la PAC
1984 : mise en place des quotas laitiers
1991 : mise en œuvre du programme Leader (liaison entre action de développement de l’économie rurale) pour développer le potentiel des territoire ruraux
1992 : la PAC adopte un régime d’aides directes aux producteurs liées à des obligations environnementales
1999 : introduction du deuxième pilier de la PAC portant sur la politique de développement rural
2003 : réforme de la PAC introduisant une aide au revenu pour les agriculteurs, conditionnée au respect de critères environnementaux et au respect du bien-être animal. Mise en place d'un découplage des aides aux producteurs, non plus en lien avec le type et la quantité de production mais (en France) à un historique des aides.
2010 : création du label bio européen
2013 : réforme de la PAC promouvant l’agriculture durable et l’innovation, le soutien à l’emploi et à la croissance ainsi que l’aide financière vers une utilisation productive des terres
2015 : fin des quotas laitiers
2017 : fin du régime des quotas de production de sucre
2021 : adoption de la nouvelle PAC qui entrera en vigueur le 1er janvier 2023
La réforme de la politique agricole commune qui entrera en vigueur le 1er janvier 2023 repose sur trois règlements européens :
La PAC 2023 s’articule autour de dix objectifs :
Si l’Union européenne fixe de grandes orientations et les principes, cette PAC réformée accorde plus de liberté et de pouvoir aux états membres sur leur manière d’octroyer les aides des deux piliers. Ainsi chaque pays a dû élaborer un Plan stratégique national, dont la conformité doit être validée par Bruxelles.
En vertu du principe de subsidiarité, consacré par le traité de Lisbonne, la PAC 2023 prévoit ainsi de donner encore davantage d'autonomie aux Etats membres, ce qui fait craindre à certains une forme de renationalisation.
Voir tous les plans stratégiques validés par la Commission européenne : ici
Après un aller-retour avec la Commission européenne, le plan stratégique national français (PSN) a été validé le 15 juillet 2022.
La principale nouveauté de cette PAC réside dans l’introduction de l’écorégime qui remplace le paiement vert. Chaque état doit consacrer 25% du budget de son premier pilier à la mise en œuvre de cet écorégime.
En France, les bénéficiaires des aides PAC peuvent accéder à l’écorégime par trois voies :
Selon le niveau d’engagements atteints, ils pourront bénéficier de l’aide correspondant au niveau de base (environ 60 euros par hectare), soit au niveau supérieur (environ 80 euros par hectare) soit au niveau bio (environ 110 euros par hectare).
Concernant l'élevage, les aides bovines sont rénovées avec la mise en place d'une aide unique à l'UGB (unité de gros bétail) bovine de plus de 16 mois qui remplace l'aide aux bovins allaitants (ABA) et l'aide aux bovins laitiers (ABL).
Autre nouveauté : l’accès aux paiements directs est désormais réservé aux agriculteurs actifs, c’est-à-dire aux agriculteurs assurés contre les accidents du travail sous le régime de la protection sociale agricole (Atexa ou équivalent) et n’ayant pas fait valoir leurs droits à la retraite en cas de dépassement de l’âge légal.
Dans la PAC 2023, l’aide au maintien à la bio disparaît. Elle sera en partie seulement compensée par l’augmentation de l’aide à la conversion, inscrite dans le plan stratégique national (PSN), pour un montant qui devrait avoisiner les 350 millions d'euros euros par an pendant cinq ans. A noter aussi : la revalorisation à 350 €/ha du soutien aux cultures oléo-protéagineuses et fibres, étendu aux légumineuses fourragères.
Dans le premier pilier, le paiement vert est remplacé par l'écorégime, mais certaines exigences sont transférées dans la conditionnalité. Ainsi des exigences jusqu'ici requises pour obtenir une aide supplémentaire deviennent indispensables pour pouvoir prétendre aux aides PAC. Cette conditionnalité des aides dite « renforcée » comprend des exigences en matière de
La conditionnalité des aides renvoie à d'autres critères comme le respect de la législation principale de l'Union européenne autour notamment de l'usage des produits phytosanitaires, du bien-être animal, ou encore de la conservation des oiseaux sauvages et des habitats naturels.
La PAC 2023 introduit aussi une conditionnalité sociale des aides, le versement des aides étant conditionné au respect des règles européennes en matière de contrats, conditions de travail et de protection des salariés des exploitations agricoles.
Pour rappel : pour bénéficier de l’aide au revenu de l’Union européenne, les agriculteurs doivent respecter un ensemble de règles de base. On appelle « conditionnalité » le fait de lier le soutien apporté aux agriculteurs au respect de ces règles.
Pour le second pilier de la PAC, le PSN introduit à compter de 2023 un nouveau partage des compétences entre l’Etat et les Régions.
L’Etat est responsable de la mise en œuvre des interventions du Feader de nature surfacique (ICHN, mensures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) systèmes et localisées, aide à la conversion en agriculture biologique), des dispositifs nationaux de gestion des risques et des dispositifs de prévention de la prédation.
Les Régions assurent la gestion des interventions du Feader non liées à la surface, en particulier les aides à l’investissement, à l’installation, subventions aux jeunes agriculteurs et au développement local, ainsi que les engagements environnementaux pour l’apiculture, la protection des races menacées et sous forme de MAEC forfaitaires.
Enfin la PAC 2023-2027 introduit un droit à l’erreur pour l’agriculteur lors de ses déclarations PAC et un système de suivi des surfaces agricoles en temps réel, dit le 3STR, qui devrait alléger les contrôles à l'aide d'images satellites.
Principale ligne de dépense de l’Union européenne, la politique agricole commune a permis de distribuer 62,5 milliards d’euros aux 27 Etats membres en 2021. Un budget en hausse en euros courants par rapport à 2019. Ce montant prend en compte les crédits du Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et le fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). En 2021, des crédits issus du plan de relance européen ont été ajoutés.
La PAC est financée par le budget général de l'Union européenne. Les dépenses consacrées au développement rural sont, elles, financées conjointement par les États membres et l'UE. Si la France est le premier bénéficiaire de la PAC, c'est derrière l'Allemagne, le pays qui contribue le plus au budget de l'Union européenne.
« Comme chaque année, la France est de loin celui qui en bénéficie le plus (10,21 milliards d’euros d’aides agricoles en 2021). Elle est suivie par l’Espagne et l’Allemagne qui reçoivent respectivement 7,7 et 6,8 milliards d’euros par an au titre de la PAC. A l’inverse, l’île de Malte est le plus faible bénéficiaire de cette aide avec 35 millions d’euros seulement », rappelle Toute l’Europe.
Pour la PAC après 2023, la Commission européenne résume l’aspect financier du PSN français en deux tableaux :
|
|
Budget UE (en euros) |
Cofinancement national (en euros) |
Total (en euros) |
|
Paiements directs |
34 230 760 685 |
|
34 230 760 685 |
|
Aide sectorielle |
931 538 548 |
25 176 248 |
956 714 796 |
|
Développement rural |
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Suivi
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Suivi
Suivre
|
4 112 670 895 |
14 151 858 245 |
|
Total |
45 201 486 583 |
4 137 847 143 |
49 314 157 478 |
|
Financement de l’UE consacré aux |
En euros |
|
Jeunes agriculteurs |
1 102 218 802 |
|
Objectifs environnementaux et climatiques dans le cadre du développement rural |
4 126 067 738 |
|
Eco-régimes dans le cadre des paiements directs |
8 557 690 171 |
|
Leader |
502 089 706 |
|
Aide redistributive complémentaire au revenu |
3 423 076 069 |
En application du règlement européen (UE) n° 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil, du 02 décembre 2021, chaque Etat membre est tenu de publier chaque année des informations relatives aux bénéficiaires des aides de la PAC, qu’elles relèvent du fonds européen agricole de garantie (FEAGA) ou du fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER).
Retrouvez qui la PAC en France et quel montant, retrouvez la liste des bénéficiaires ici
Pour constituer leur dossier de demande d'aides PAC, les agriculteurs français doivent se rendre sur le site www.telepac.agriculture.gouv.fr.
Sur Telepac, les agriculteurs peuvent depuis le 1er janvier 2023 télédéclarer :
Et accéder à la notice et aux formulaires pour toutes les demandes d’aides PAC.
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