Des vins colorés et fruités avec l'hybride résistant chambourcin

- - 4 min
Les baies et les grappes sont de taille moyenne. Crédits : © Pl@ntGrape
Le chambourcin présente des feuilles au limbe lisse, au sinus latéraux peu profonds et aux dents longues. Crédits : © Pl@ntGrape

La variété chambourcin offre une bonne résistance au mildiou et à l’oïdium, et ses vins sont colorés et fruités. Mais gare aux notes herbacées s’il n’est pas récolté bien mûr.

Obtention et sensibilité aux maladies

Une bonne résistance au mildiou et à l’oïdium

Le chambourcin est une variété hybride inscrite au catalogue officiel des variétés de vigne depuis 1963. C’est l’une des dernières obtentions du sélectionneur privé Joannès Seyve, qui a été assez répandue dans les années 70. « Oublié par la suite à la faveur de variétés jugées plus qualitatives, le chambourcin intéresse à nouveau la filière viticole pour sa bonne résistance au mildiou et à l’oïdium », explique Olivier Yobregat, ingénieur à l’IFV Sud-Ouest. En expérimentation dans le Var depuis 2014, « elle s’est très bien comportée en 2018 malgré une pression mildiou exceptionnelle », remarque Garance Marcantoni, de la chambre d’agriculture du Var. C’est une variété par ailleurs résistante aux froids hivernaux mais sensible au phylloxéra, à la chlorose et à la sécheresse.

Phénologie et caractéristiques agronomiques

Une variété tardive et productive

Le chambourcin montre un débourrement tardif et une maturité de 2e époque tardive, comme le merlot et le cabernet. Au Château Cajus en Gironde, où cette variété est cultivée depuis plusieurs années, la récolte intervient en général mi-octobre afin que les raisins soient mûrs pour une qualité optimale. « C’est de ce point de vue, une variété adaptée au réchauffement climatique », souligne Pierre Veyron, propriétaire du domaine. Le chambourcin est par ailleurs une variété productive avec des rendements qui peuvent atteindre 120 hl/ha. « Mais des rendements plus raisonnables autour de 50 à 60 hl/ha permettent d’obtenir des vins plus qualitatifs », souligne le pépiniériste Patrice Gentié.

Potentialités technologiques

Des vins colorés et fruités

Pour Jacques Rousseau, de l’ICV, parmi les anciennes générations de variétés résistantes, « chambourcin apparaît comme l’une des plus qualitatives avec des vins colorés, de qualité convenable, demandant malgré tout à être vendangée à maturité si l’on veut éviter les goûts herbacés ». Garance Marcantoni confirme : « les vins issus du chambourcin présentent une forte acidité qui peut être valorisée en assemblage avec des cépages méridionaux. Cette variété présente par ailleurs des arômes de fleurs, d’agrumes, de fruits rouges mais un peu d’amertume et d’astringence en bouche ».

Au Château Cajus, en Gironde, Pierre Veyran a choisi de réaliser une cuvée 100 % chambourcin, « un vin nature sans sulfite, très coloré, avec des arômes de cerise noire et de prune. C’est un vin qui est apprécié ».

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires