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De la ferme à la table
Réforme de l’affichage nutritionnel : les réserves d’organisations européennes

Les représentations européennes de plusieurs secteurs agroalimentaires mettent en garde le législateur contre les travers possibles d’une labellisation et de profils nutritionnels.

 © Manger Bouger
© Manger Bouger

La Direction générale de la Santé de la Commission européenne a soumis à la consultation publique le projet d’imposer un label nutritionnel frontal sur les emballages alimentaires, ainsi qu’un profil nutritionnel « qui éviterait au consommateur de se fier uniquement à des allégations nutritionnelles et de santé ». La consultation portait globalement sur la réforme de l’étiquetage (en matière de nutrition, d’origine et de date). Elle s’est tenue en janvier et février 2021 à l’adresse de toute personne morale ou physique souhaitant s’exprimer. Les argumentaires de différentes organisations professionnelles montrent qu’il n’existe pas de consensus au stade actuel de la réflexion sur l’affichage nutritionnel.

Tartines et chocolats

L’Association de l’industrie de la margarine des pays européens (Imace) tient en particulier à ce que le label frontal tienne compte de la valeur nutritionnelle totale (les vitamines, oméga 3, autres acides gras essentiels, etc.). Elle veut aussi éviter les doubles standards dans l’évaluation des produits alimentaires d’une même catégorie, comme celle des graisses et pâtes à tartiner. L’Association des industries de la chocolaterie, biscuiterie et confiserie de l’Union européenne (Caobisco) tient plus que toute autre à ce que les valeurs nutritionnelles s’expriment à la portion et non aux 100 grammes, spécialement pour les produits conditionnés de cette façon. Elle demande aussi à exonérer d’affichage encombrant les petits conditionnements et les bonbonnières et autres coffrets cadeaux.

Fromages et charcuteries

Eucolait, qui représente le commerce européen des produits laitiers, craint qu’un affichage du type Nutri-Score (dit interprétatif) ne pénalise par exemple des fromages à pâte dure « uniquement en raison de leur teneur en matières grasses et en sel, même si le fromage est également une source importante de protéines, de calcium et de vitamines ».

« Tout futur programme à l’échelle de l’UE devrait donc suivre les directives diététiques, reconnaître correctement la complexité des produits alimentaires et de préférence être spécifique à une catégorie », appuie Eucolait. S’agissant des profils nutritionnels, Eucolait souligne que pour de nombreux produits laitiers, « la reformulation du produit en vue de se conformer aux restrictions du profil nutritionnel sera profondément difficile à réaliser, voire impossible ». Le Centre de liaison des industries transformatrices de viandes de l’UE (Clitravi) tient le même langage et redoute que les entreprises se sentent obligées de « modifier leurs recettes et spécifications traditionnelles, uniques et emblématiques qui sont souvent légalement obligatoires et ne peuvent donc pas être contournées ».

Des visions tranchées

Une des interventions publiques sur la réforme de l’étiquetage nutritionnel regroupe plusieurs organisations européennes relatives à la santé publique. Elles sont ouvertement favorables à un système obligatoire harmonisé, interprétatif (il fait ses preuves), une expression des valeurs par 100 grammes, et pas d’exemption pour la nutrition infantile. De son côté, le comité général de la coopération agricole de l’Union européenne (Copa-Cogeca) revendique la prise en compte d’un régime global et ne stigmatisant pas certains aliments comme le beurre ou la margarine, apporteurs de micronutriments. À l’égard du Nutri-Score, la consultation oppose l’Organisation européenne des consommateurs (Beuc), très favorable, à l’Alliance No-Nutriscore, pour laquelle l’affichage français est « ambigu, opaque et ne contribue pas à éduquer les consommateurs sur une alimentation saine ».

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