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Œuf bio : 2021, année noire

Après une année 2020 florissante grâce au confinement, le marché de l’œuf bio s’est retourné en 2021. Surproduction et ralentissement de la consommation ont assombri l’horizon.

© VP

S’il faut retenir deux chiffres pour caractériser le marché de l’œuf bio en 2021, ce sont ceux-ci :

  • -6,1 % : c’est l’évolution des achats des ménages d’œufs bio en cumul annuel mobile se terminant le 31/10/21 selon Kantar.
  • +12,2 % : c’est la hausse de la production d’œufs bios en cumul de janvier à octobre, selon Agreste, par rapport à l’an dernier.

La baisse de la consommation est bien sur à nuancer puisqu'elle est comparée à une année 2020 exceptionnelle, avec des ventes en plein boom pendant les confinements, surtout le premier. Les données d'Iri font, elles, état d'une baisse de 4,6 % des ventes sur un an en cumul annuel mobile à fin novembre mais rappellent qu'elles sont tout de même 6,1 % au-dessus de leur niveau de la même période de 2019. Les achats des ménages n'ont donc pas baissé en deux ans, mais ont néanmoins progressé moins vite que la production.

Dans ce contexte, le marché s’est retrouvé encombré dès le printemps, avec plusieurs moments de forte crise dans l’année et des déclassements importants qui ont contribué à alourdir le segment du plein air.

Des actions ont été mises en place

Les organisations de production ont chacun réagit à leur manière. La plupart ont opté pour des réformes anticipées, notamment cet été. Les vides sanitaires ont été rallongés afin de décaler les mises en place. Des élevages sont passés en plein-air pour limiter les pertes.

2022, plus loin dans la crise ?

Au cœur des craintes des opérateurs, la nouvelle réglementation bio, qui va conduire à un surcoût de l’ordre de 26 % estime l’Itavi. D’un côté le passage à une alimentation 100 % bio devrait faire baisser la productivité des poules, ce qui, couplé à une baisse attendue des mises en place, pourrait engendrer une baisse de la production. Mais de l’autre, la répercussion de ces coûts au consommateur, déjà moins friand de bio, pourrait se traduire par un nouvel effritement des achats.

Les producteurs sont en grande partie protégés par leurs contrats, de longue durée, sur l’amortissement des bâtiments. Mais vu le contexte économique, les contrats qui arrivent à échéance ne devraient pas tous pouvoir être renouvelés. Ce sont donc justement les premiers entrants dans le bio, les plus convaincus parfois, qui vont devoir se « déconvertir ».

 

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