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Volailles et traiteur
Le groupe LDC s’est adapté à la consommation bouleversée par la Covid-19

Le groupe volailler et traiteur LDC résiste à la fermeture des restaurants. Il a profité du premier confinement et a maintenu ses résultats du premier semestre. Explications des dirigeants.

Les produits volaillers de LDC, en tête de la reconquête des marchés de la restauration au détriment des importations, supportent la mise en sourdine de ce secteur pour cause de coronavirus. Leurs bonnes positions en grande distribution leur ont valu de bonnes valorisations au rayon des découpes et élaborés de volaille ainsi qu’à ceux des produits traiteur frais et traiteur surgelé. D’où un glissement contenu du résultat opérationnel courant (Roc) de son pôle volaille France et le maintien du Roc de son pôle traiteur.

Les résultats financiers du groupe, du premier semestre (de mars à août 2020), ont été présentés aux journalistes et aux analystes financiers le 25 novembre. Cette période est marquée par le premier confinement et la fermeture brutale de nombreux établissements de restauration.

Une saison estivale « exceptionnelle » pour la volaille

Le pôle volaille France de LDC a profité au premier semestre du transfert de consommation de la restauration hors domicile vers la consommation à domicile. Les découpes et élaborés de volaille ainsi que les œufs se sont davantage vendus en grandes surfaces. Les promotions, au moins en canard, ont aidé aux ventes de découpes. Bénéficiant de sociétés récemment acquises (Ramon, Luché Tradition Volailles), LDC a vu son chiffre d’affaires semestriel progresser de 1,6 % en viandes de volaille et de 10,1 % pour ses activités amont (notamment œufs de consommation et accouvage). À périmètre constant, le chiffre d’affaires du pôle a légèrement reculé de 0,7 %. Le tonnage global s’est maintenu, en dépit d’un périmètre élargi. À périmètre constant, il a reculé de 1,6 % en raison de la fermeture de quelques sites spécialisés dans les produits et ingrédients pour la restauration ou l’industrie.

20 500 tonnes de perdues à l’exportation

LDC a perdu 20 500 tonnes à l’exportation dans l’industrie et la restauration et gagné 21 000 tonnes en distribution de détail. La part de son chiffre d’affaires en grande distribution et hard-discount (GMS et HD) est passée de 54 % au premier semestre 2019-2020 à 59 % au premier semestre 2020-2021. Les segments gagnants en volume sont nettement les découpes et élaborés crus (+20 %) et les élaborés cuits (+12,5 %).

Outre la période de confinement, les ventes de viandes de volaille ont bénéficié d’une saison estivale qualifiée d’exceptionnelle, le beau temps ayant permis de sortir les barbecues. Ainsi, les découpes en marinade, brochettes, saucisses, préparations façon bouchère et plateaux de LDC ont progressé de 28 % en volume pour la période allant du 1er avril 31 août (soit un peu plus que le marché à 4 %).

Le Roc du pôle volaille France a bénéficié de la maîtrise des frais généraux et de bonnes valorisations en découpes et élaborés, selon la direction financière du groupe. Il est comparable à celui du premier semestre 2019-2020, en valeur absolue du chiffre d’affaires.

Succès maintenu après le confinement en traiteur surgelé

Le pôle traiteur, quant à lui, a profité d’une consommation dynamique au domicile de certains produits, en compensation partielle du retrait de la RHD, de la consommation sur le lieu de travail et de l’exportation, ainsi que d’un stockage actif de surgelés au début du premier confinement. Le chiffre d’affaires de ce pôle a évolué en deux temps : il a d’abord reculé de mars à mai (de 6,2 % au premier trimestre), puis s’est rétabli de juin à août (+0,8 %). Pour l’ensemble du semestre, il est en recul de 2,9 %.

Produits traiteur frais Marie : « la plus forte valeur depuis le déconfinement »

Le traiteur frais, tout d’abord, a vu ses ventes en GMS maintenues en valeur. Trois types de produits ont été favorisés en évolution de chiffre d’affaires : les pâtes à dérouler (+48 %) ; les pizzas (+19 %) ; les produits exotiques (+12 %). La marque Marie a évolué en deux temps : d’abord en recul pendant le confinement, elle s’est distinguée après par « la plus forte valeur depuis le déconfinement », selon LDC, à +9,7 % en données Iri de juin à septembre.

Trois types de produits à marque Marie ont profité, entre mai et septembre 2020 (données Iri) : pâte à tarte (+41 %) ; snacking chaud (+58 %) ; plats cuisinés (+4 %). Si les plats cuisinés individuels sont moins utiles en ces temps de télétravail, LDC souligne que la part de marché des marques cumulée de Marie et de Weight Watchers continue de progresser.

Le traiteur surgelé, pour sa part, a connu de belles croissances en tous types de produits, grâce à la consommation familiale : les plats cuisinés (+18 %) ; les pizzas (+17 %) ; les quiches et tartes salées (+18 %) ; les crêpes et galettes (+16 %). Le surgelé du pôle traiteur a représenté au premier semestre 39 % du chiffre d’affaires. Dans le surgelé aussi, Marie continue de progresser, figurant au deuxième rang de parts de marché du traiteur surgelé après les marques de distributeur (MDD). Elle se prévaut de qualités demandées par le consommateur que les autres marques n’ont pas toutes : l’origine française des viandes, l’absence d’additifs, de colorants et d’arômes artificiels, la fabrication française. Le Roc du pôle traiteur a aussi connu une bonne maîtrise des frais généraux selon la direction financière, et a profité des performances des marques Marie, de Traditions d’Asie, aussi bien en frais qu’en surgelés.

LDC

LDC s’essaie au corner sushis

Le groupe LDC a annoncé le 25 novembre son acquisition de 60 % du capital de la société Asia General Food qui exploite en franchise des corners de sushis et de cuisine asiatique en GMS. Une trentaine de ces kiosques Sushi Master se trouvent à Cora ou Carrefour, selon une précision donnée par Denis Lambert, président-directeur de LDC, à la présentation des comptes semestriels du groupe le 25 novembre. L’objectif du propriétaire de Traditions d’Asie et des fondateurs d’Asia General Food est de compter quatre-vingts corners dans les cinq ans. « Nous allons développer un autre savoir-faire, celui de la gestion de franchise », a commenté Denis Lambert. Numéro 2 du traiteur, LDC a réalisé un chiffre d’affaires semestriel (de mars à août 2020), ayant de 289,6 millions d’euros (dont 6,5 % d’exportations) en traiteur sur 2 122 millions d’euros pour le groupe.

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