« Dépenser 5 € de plus chaque mois dans nos steaks hachés plutôt que 50 € de vitamines » : David Nicolas, fondateur de Féroce
Une start-up qui réinvente le steak haché, c’est la promesse de Féroce qui propose un steak de viande de bœuf herbager et d’abats. L’entreprise mise sur un profil nutritionnel travaillé et transparent par des analyses. Féroce étoffe dorénavant sa gamme et propose des pièces bouchères, du porc plein-air, du poulet ainsi que du suif et du jerky. Rencontre avec son fondateur, David Nicolas, qui vient de faire un passage remarqué à Qui veut être mon associé sur M6.
Une start-up qui réinvente le steak haché, c’est la promesse de Féroce qui propose un steak de viande de bœuf herbager et d’abats. L’entreprise mise sur un profil nutritionnel travaillé et transparent par des analyses. Féroce étoffe dorénavant sa gamme et propose des pièces bouchères, du porc plein-air, du poulet ainsi que du suif et du jerky. Rencontre avec son fondateur, David Nicolas, qui vient de faire un passage remarqué à Qui veut être mon associé sur M6.
Les Marchés : Vous avez participé à Qui veut être mon associé sur M6. Quel impact a eu l’émission ?
David Nicolas, fondateur de Féroce : Qui veut être mon associé a eu un impact immédiat sur les ventes. Nous étions à 300 000 € de chiffre d’affaires sur le mois de janvier, dont 200 000 € d’abonnés. Le jour de la diffusion de l’émission, nous avons eu 150 000 € de chiffre d’affaires auprès de nouveaux clients.
Qui veut être mon associé a eu un impact immédiat sur les ventes.
Depuis la tendance a continué, on s’attend à un atterrissage à 650 000 € sur février. Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est de recevoir plus de 75 candidatures d’éleveurs dans la foulée. Nous les étudions, nous visitons les fermes, nous réalisons les analyses.
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Les Marchés : Qui fournit votre viande ?
David Nicolas : Pour le moment nous travaillons avec 25 fermes bovines partenaires, des éleveurs herbagers qui ne valorisaient pas leurs pratiques, ou au contraire, des éleveurs que nous accompagnons dans la transition vers ces modèles de production. Nous travaillons aussi avec 3 éleveurs de porc plein-air, et 2 de poulets, d’anciens bio.
Nous n’avons pas une obligation de moyens, mais une obligation de résultats
Les Marchés : Justement, pourquoi vous produits ne sont-ils pas bio ?
David Nicolas : Nous n’avons pas une obligation de moyens, mais une obligation de résultats. Nous jouons la transparence totale en faisant analyser la viande par Eurofins, un laboratoire indépendant. C’est la transparence radicale. Le consommateur peut accéder au résultat en scannant le QR-Code, qui délivre aussi des informations sur l’élevage. Nous avons une philosophie commune avec la bio, mais nos cahiers des charges vont au-delà, notamment en supprimant le maïs et le soja de l’alimentation des bovins, des porcs et des volailles pour établir un profil nutritionnel plus intéressant pour la viande, avec moins d’oméga 6. Pour le poulet, nous travaillons sur des souches rustiques à croissance lente, abattues à 120 jours.
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Les Marchés : La plupart de vos fermes partenaires sont en Normandie…
David Nicolas : Oui, car nous travaillons avec les Éleveurs de la Charentonne pour la fabrication de nos produits, depuis le début en juillet 2024. Mais pour répondre à nos besoins, nous commençons à travailler dans d’autres régions, deux éleveurs bovins viennent de démarrer en Bretagne, un autre dans le Massif central, un en Abondance en Haute-Savoie.
Nous travaillons avec les Éleveurs de la Charentonne pour la fabrication de nos produits
Les Marchés : Comment rémunérez-vous les éleveurs bovins ?
David Nicolas : Nous voulons proposer un prix juste aux éleveurs, comme au consommateur. Avec les éleveurs bovins nous travaillons sur des contrats longs, de trois ou quatre ans, avec un prix plancher garanti à 6,80 €/kg carcasse pour des bœufs, vaches ou génisses herbagers et nourris sans maïs ni soja.
Les éleveurs m’inspirent par leur connaissance du vivant, mais ce ne sont pas des financiers, certains de leurs choix plombent leur rentabilité.
Nous avons des objectifs à long terme, pour le développement de l’élevage. Nous travaillons sur la résilience des élevages herbagers, avec un manuel collaboratif. Les éleveurs m’inspirent par leur connaissance du vivant, mais ce ne sont pas des financiers, certains de leurs choix plombent leur rentabilité.
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Les Marchés : Quelle est la particularité des produits Féroce ?
David Nicolas : Féroce est née de la volonté d’adresser les carences de la population. Le foie de bœuf est un des aliments les plus nutritifs de la planète. Il répond à tous nos besoins. Nous le mettons dans le steak haché. Grâce à l’alimentation herbagère et sans maïs ni soja, le profil d’acides gras de nos viandes est rééquilibré. Nos viandes sont garanties sans polluants.
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Les Marchés : Quels volumes écoulez-vous ?
David Nicolas : Nous avons commencé par 100 kg de test de steaks de hachés puis nous avons développé les boulettes, maintenant d’autres pièces pour valoriser le plus possible la carcasse, mais aussi du suif, de la queue.... Aujourd’hui nous écoulons 10 à 12 tonnes de viande bovine par mois. Nous débutons tout juste en poulet à 2 tonnes par mois, comme en porc mais nous allons passer rapidement à 4 tonnes/mois.
Les Marchés : Les prix des produits Féroce sont au-dessus du marché, à 35,55 €/kg pour le haché, à 41,58 €/kg pour les filets de poulet, ou 13,90 €/kg le pot de 290 g de suif de bœuf…
David Nicolas : Sur le suif de bœuf, dès que nous mettons en ligne 1 500 pots ils sont vendus en quelques heures, donc il n’y a pas de question de prix. Nous avons réfléchi en prenant comme référence le prix du ghee qui est en quelque sorte une alternative.
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Plus largement, nous offrons les frais de livraison, or ce sont des produits surgelés, ce qui représente un coût à 20 voire 25 €. Nous incitons nos clients à augmenter le panier moyen en proposant des réductions sur plusieurs packs.
Nous sommes à 5 €/kg de plus que les steaks bio en magasins
Mais finalement, pour les steaks, nous sommes à 5 €/kg de plus que les steaks bio en magasins. Or nous conseillons de manger deux steaks hachés par semaines pour un port optimal en vitamines et nutriments. C’est dépenser 5 € de plus chaque mois dans nos steaks hachés plutôt que 50 € de compléments alimentaires.
Les Marchés : Pourquoi ne pas proposer vos produits en magasins pour s’affranchir des frais de port ?
David Nicolas : C’est un segment de marché nouveau qui nécessite de convaincre et de faire de la pédagogie, ce qui est possible en direct via notre site, mais pas en GMS avec une décision d’achat en quelques secondes. Nous allons néanmoins ouvrir un tiers lieu à Paris. Une boutique pour nos produits, mais qui serait aussi un lieu de vie, de rencontres, de pédagogie… on pourrait réaliser une fresque de l’élevage, créer du contenu…
On pourrait réaliser une fresque de l’élevage, créer du contenu…
Toujours est-il que la question du prix est pour le moment secondaire, nous n’arrivons pas à fournir la demande. Nous voulons garantir un prix juste aux éleveurs comme au consommateur et, quand des économies d’échelles seront possibles nous les répercuterons, mais nous serons toujours plus cher que l’intensif.