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Comment Cristal Union adapte ses usines

Le groupe coopératif sucrier et alcoolier Cristal Union réorganise ses productions pour plus de robustesse et d’agilité. Et il étudie un programme de décarbonation.

Cristal Union investit dans son site d'Arcis-sur-Aube pour développer ses production et l'impliquer dans les activités de décarbonation du groupe. © OLYMPUS DIGITAL CAMERA  ...
Cristal Union investit dans son site d'Arcis-sur-Aube pour développer ses production et l'impliquer dans les activités de décarbonation du groupe.
© OLYMPUS DIGITAL CAMERA Cristal Union

Deuxième sucrier français, et deuxième producteur d’alcool au niveau européen, le groupe Cristal Union appartient aux industries lourdes de la transformation de betteraves en sucre et de la distillation. Des industries fortement consommatrices d’énergies. La filiale de commercialisation Cristalco cible différents secteurs : l’industrie alimentaire, la grande consommation et la restauration avec sa marque phare Daddy, la pharmacie, la chimie, ainsi que les carburants (avec le bio éthanol). Poussé par la grande faiblesse du prix européen du sucre depuis le début de 2019, le groupe cherche à diminuer ses coûts fixes et concentre ses investissements.

Sa décision de fermer ses sites de Toury (Eure-et-Loir) et de Bourdon (Puy-de-Dôme) a fait grand bruit l’an dernier. En interne, une mue s’opère depuis deux ans. Le groupe a tout d’abord mis en œuvre un plan d’économie de 50 millions d’euros. Il a poursuivi l’an dernier une stratégie industrielle présentée comme « offensive ». Il a investi 65 millions d’euros dans les différentes activités qui sont les siennes et sur différents sites : dans l’optimisation de la production d’alcool à Arcis (Aube), dans une chaudière à biomasse, une presse à pulpe de betteraves à Corbeilles (Loiret), un atelier de rectification d’alcool pour Cristanol et d’autres équipements. Le groupe a mis en place une organisation plus agile.

Des coûts de transformation améliorés

Au cours de la présentation des résultats financiers de 2019-2020 à la presse en visioconférence le 23 juin, le président du conseil d’administration, Olivier de Bohan, et la direction ont assuré que ces efforts ont porté leurs premiers fruits pendant la crise sanitaire. Les coûts de transformation se sont améliorés, les prises de décisions ont été rapides et des productions se sont réorientées pour répondre à des besoins immédiats, comme vers le gel hydroalcoolique. Le groupe atteste aussi d’une flexibilité accrue entre les différents produits, utile sur des marchés volatils : entre le sucre et les alcools, entre l’alcool traditionnel, les alcools pharmaceutiques et le bioéthanol, entre le sucre pour l’industrie et le sucre de bouche, et, enfin, entre les différentes matières premières de la distillation : betteraves, céréales, coproduits viniques.

Un outil industriel remis dans la norme

L’arrêt de la sucrerie et de la distillerie de Toury va permettre d’augmenter les volumes transformés à Pithiviers et Corbeilles. Cristal Union développe aussi le site de Sainte-Émilie (Nord). Le groupe a comptabilisé un élément non récurrent de 61 millions d’euros, « qui représente l’impact de la réorganisation de l’ensemble de notre outil industriel », a déclaré Jean-François Javoy, secrétaire général chargé des finances. Alors que Cristal Union a enregistré une perte nette de 89 millions d’euros pour 2019-2020, (après avoir perdu 99 millions d’euros en 2018-2019, l’année noire du sucre en Europe), Jean-François Javoy attend pour 2020-2021 « la totalité du rebond des marchés et un outil industriel remis dans la norme des coûts de production et de la compétitivité européenne ».

Objectif décarbonation

Cristal Union décrète sa transition énergétique achevée. Plus aucune des sucreries ne fonctionne au fioul, mais au gaz notamment. La consommation d’énergie a diminué de 9,2 % depuis cinq ans (après les avoir déjà réduites de 25 % entre 1995 et 2015) et les émissions de CO2 de 22 %. Le groupe se veut « un leader de la décarbonation ». Plusieurs pistes sont désormais à l’étude : la valorisation optimisée des coproduits (déshydratation de l’alimentation animale à la biomasse énergie ; méthanisation des coproduits en biogaz et engrais organiques) et la production d’énergie propre renouvelable, en particulier solaire. Cette stratégie s’appuiera sur l’ensemble des sites du groupe, et particulièrement sur Arcis, Toury (deux projets de revitalisation confidentiels) et Sainte-Émilie.

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