Viande, volaille : Le Brésil sera-t-il prêt pour exporter vers l’UE en septembre ? Les industriels sont confiants
Si des députés européens s’activent en coulisse pour maintenir le Brésil hors de la liste des pays autorisés à exporter de la viande vers l’UE, à cause de son usage d’antimicrobiens, les exportateurs brésiliens se montrent confiants sur leur capacité à s’adapter.
Si des députés européens s’activent en coulisse pour maintenir le Brésil hors de la liste des pays autorisés à exporter de la viande vers l’UE, à cause de son usage d’antimicrobiens, les exportateurs brésiliens se montrent confiants sur leur capacité à s’adapter.
Les États membres de l’UE ont exclu, le 12 mai dernier, le Brésil de la liste des pays tiers autorisés à exporter des produits animaux vers l’Union européenne. À partir du 3 septembre, le Brésil pourrait donc voir ses envois stoppés vers le Vieux Continent, alors même que l’accord provisoire UE-Mercosur est entré en vigueur le 1er mai. La mesure pourrait pénaliser les 2 milliards d’euros d’exportations agroalimentaires du Brésil vers l’UE, dont 1 milliard pour le bœuf.
Les actions des géants de la viande brésilienne en baisse
L’embargo européen, qui s’ajoute à la mise en place par la Chine de quotas sur la viande bovine, a eu un effet négatif sur les actions des entreprises brésiliennes. D’autant plus que le Royaume-Uni pourrait suivre le mouvement européen. Et pour le moment, pas de feu vert à l'horizon : « La Commission n’a pas reçu d’informations garantissant que le Brésil appliquait les mesures nécessaires pour que les exigences (…) soient respectées au plus tard le 3 septembre 2026 » pouvait-on lire au journal officiel du 4 juin dernier.
« Les autorités brésiliennes ont trois mois pour agir et je ne pense pas que ce soit possible »
Le Brésil peut-il se plier aux exigences européennes ?
« Les autorités brésiliennes ont trois mois pour agir et je ne pense pas que ce soit possible », a réagi le Dr Wall, un ancien membre de l’agence européenne Efsa, dans la presse irlandaise. En effet, pour lui la viande bovine exportée en septembre correspondra à des animaux abattus récemment, d’environ deux ans. Or, « on ne peut pas obtenir une traçabilité rétrospectivement fiable sur les deux dernières années », selon lui le système brésilien permet un suivi médicamenteux seulement sur les 90 derniers jours. Par ailleurs, la mise en œuvre d’une traçabilité comparable au système européen ne sera en vigueur qu’en 2036.
Lire aussi : Mercosur : pourquoi la gestion des quotas de viande et volaille pose question ?
En volailles, des inspections sont déjà en place, mais l’UE veut ajouter des contrôles supplémentaires avec des visites de vétérinaires officiels brésiliens.
Plusieurs députés européens demandent que le Brésil ne soit pas ajouté à la liste des pays autorisés à exporter des produits animaux vers l’UE le 3 septembre. La directrice générale de la DG santé a mis en place une task force visant à déterminer l’efficacité des contrôles.
Les industriels de la viande brésilienne confiants
Laudemir Müller président du lobby brésilien ApexBrasil a néanmoins évoqué un simple « incident technique » auprès d’Euractiv. Il juge que les industriels brésiliens n’auront pas de mal à s’adapter et explique qu’un nouveau protocole a été proposé à la Commission au 1er juin. Il serait encore à l’étude. Les industriels de la viande se disent confiants, et s’attendent à ce que l’UE accepte une période transitoire pour leur permettre de se plier aux nouvelles règles. Le président Lula leur apporte un soutien actif dans les négociations, notamment lors du G7, apprend-on dans la presse nationale. La reconnaissance du statut indemne de fièvre aphteuse est aussi un argument de poids pour les exportateurs brésiliens de viande bovine. En poulet, si le Brésil ne regagne pas le marché, la Rabobank s'attend à ce que la Chine et la Thaïlande gagnent des parts sur le marché communautaire.
Le reste du Mercosur toujours en ordre de bataille
Les autres pays du Mercosur, Argentine, Paraguay et Uruguay demeurent sur la liste verte. Les industriels du bœuf de l’Argentine et de l’Uruguay ont fourni en seulement quatre jours presque la totalité du nouveau contingent d’exportation de bœuf vers l’UE ouvert dans le cadre de l'accord de libre-échange avec le Mercosur, soit 11 000 tonnes pour une valeur totale de 160 millions de dollars attribués pour les mois de juin, juillet et août, apprend-on par Agra Presse. Ce n'est pas le cas en poulet.