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Nutrition et qualité au programme d’Ecotrophelia 2022

La 23e édition du concours départage vingt-deux produits innovants et éco-conçus. Pour beaucoup, Ecotrophelia est un tremplin vers la commercialisation des produits.

Du 21 au 23 juin 2022 se déroulera dans les locaux de l’École nationale supérieure en agronomie et industries alimentaires (Ensaia) de Nancy le concours Ecotrophelia qui permettra à vingt-deux groupes d’étudiants de présenter un produit alimentaire innovant et durable. Une première sélection des innovations a été effectuée par le jury du concours entre le 16 avril et la fin du mois de mai.

Pour cette année, les étudiants proposent de nombreux produits axés sur la qualité et la nutrition. Dans leur démarche d’approvisionnement, tous les projets souhaitent trouver des matières premières d’origine française. « Nous avons été tout au long de notre projet en relation avec le groupe Caviar Collaboration qui nous fournit les filets d’esturgeons en échange d’informations sur le projet », illustre Solène Boutron, à la tête du projet So’Fish qui propose des saucisses d’esturgeon à destination des enfants. « Tous les ingrédients de notre dessert viennent de France, à l’exception du chocolat qui est issu du commerce équitable », ajoute Elisa Ziegele, cofondatrice du projet Ma moitié, dessert végétal bio à base d’avoine.

Le végétal est, par ailleurs, bien représenté avec d’autres desserts végétaux, à base de lupin cette fois (Farfeuillus), mais aussi via des plats cuisinés (le burger Courge & Us à base de légumes), des en-cas salés (Potes & Pâtons, pain viennois moelleux sur lequel le consommateur peut ajouter sa garniture ou celle fournie avec le produit ou encore les tartinables de légumineuses Les Frimeuses). Deux aides culinaires dédiées à la restauration à base de lentilles et pois chiches, avec le projet Madame Beans, la crème dessert végétale à base de lentilles corail, avec Chef Korail, ainsi que les tartinables de légumineuses La Tribûche viennent compléter cette offre.

« Il y a peu d’innovations dans le secteur des produits de la mer »
Solène Boutron, à la tête du projet So’Frish

Les produits animaux ne sont pas en reste et sont utilisés sous une forme inhabituelle qui répond aux tendances de consommation actuelles. Les Lap d’or sont des bouchées de forme sphérique composées de viande de lapin effilochée mélangée à une brunoise de légumes, le tout étant enrobé de pois chiches. Au cœur du produit, une sauce à la moutarde, pour un Nutri-Score B. Du côté des produits de la mer, le projet Mer-Sea est un burger à assembler. Il est constitué d’un pain coloré à l’encre de seiche, de la salicorne en guise de salade, d’un steak de maquereau et de merlan ainsi que d’une sauce à base d’araignée de mer. « Il nous semblait qu’il n’y avait que peu d’innovations dans le secteur des produits de la mer », commente Solène Boutron.

Des produits sucrés réduits en sucre

La sélection comprend également plusieurs biscuits, gâteaux et en-cas sucrés. Le projet Wake Hop propose une gaufre saine fourrée aux fruits et au lait, Fruityvore offre aux seniors un gâteau à la fraise ou à la cerise moins sucré que la moyenne, tandis que la confiserie Chogui est un biscuit à base de chocolat, moelleux de guimauve et de fondant de pâte de fruits. Ferygood propose des gaufrettes saines et riches en fer au cacao et fourrées aux fruits saveurs orange, kiwi et banane. Pour les enfants, le projet Croc’Stick offre aux enfants des céréales du petit-déjeuner peu sucrées et peu transformées utilisant du pain invendu et des ingrédients bio, et Ptigloo, goûter laitier riche en calcium et en vitamine D.

La sélection est complétée par les glaces salées au pesto, chèvre, poivron-tomate Aper’Ice, la pâte à tartiner sans huile de palme et sans cacao Épât’moi, une sauce pesto avec des carottes de Landes et de l’Ossau-Iraty AOP Fan de fanes, une autre sauce pesto, à l’ail des ours cette fois-ci, portée par le projet Sauces Papillon et, enfin, les nouilles Kaiteki. Ce plat cuisiné asiatique est clean label, sans glutamate de sodium et sans sel ajouté.

Acquérir une visibilité

Pour de nombreux étudiants, participer à Ecotrophelia est une occasion unique pour gagner en visibilité et rencontrer des acteurs de l’agroalimentaire pour poursuivre le projet. « Ce concours nous a fait bénéficier de son exposition médiatique et de gagner une certaine légitimité aux yeux des acteurs de l’industrie alimentaire », témoigne Robin Castello, cofondateur de Mioum qui propose des cookies végétaux et lauréat prix Ecotrophelia France d’argent en 2021. « Nous voulons participer à d’autres concours d’innovations pour ensuite nous lancer en tant que start-up », assure Elisa Ziegele.

Le lancement semble être la suite de la plupart des projets étudiants d’Ecotrophelia, mais ce n’est pas le cas de tous. « Nous optons pour intégrer une équipe au sein d’une société déjà existante, afin d’accompagner au mieux le développement de notre projet », indique Camille Decommer, cocréatrice du projet Mer-Sea. « Ecotrophelia nous a permis de passer d’une idée à l’élaboration du produit », confie Lise Aubry, cofondatrice du projet Butternot, lauréat d’Ecotrophelia France d’or en 2021. « Nous avons pu rencontrer des acteurs de la restauration collective qui distribuent aux Ehpad pour leur proposer notre dessert POFiné », ajoute Juliette Stym, cofondatrice de POFiné.

À la recherche d’une levée de fonds

Quelque temps après le concours, les projets étudiants se professionnalisent et cherchent à lever des fonds. « C’est dans un coin de notre tête. Nous commençons à réfléchir sur comment s’y prendre, mais nous n’avons pas encore lancé les démarches », souligne Solène Boutron. Si les jeunes sociétés démarchent des banques, contactent les Régions pour toucher des aides à la création d’entreprise, un levier semble particulièrement porter ses fruits : celui du crowdfunding. « Nous avons récolté 14 500 euros par crowdfunding, ce qui nous a permis d’avancer les frais de lancement. Nous ne nous attendions pas à recevoir autant d’argent », se réjouit Robin Castello.

Onze prix à décrocher

En plus des récompenses les plus prestigieuses que sont les Ecotrophelia France d’or (5 000 euros), d’argent (2 500 euros) et de bronze (1 500 euros), les meilleures innovations seront récompensées selon la filière à laquelle elles correspondent. Interfel viendra ainsi récompenser à hauteur de 4 000 euros la meilleure innovation fruits et légumes, de même pour Interbev pour la meilleure innovation viandes, Terres Univia pour l’innovation légumineuse, France Filière Pêche pour le meilleur produit de la mer, Alim 50+ pour l’alimentation seniors et le Fonds français pour l’alimentation et la santé pour la meilleure innovation nutrition.

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