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Bio : moins de fermes, moins de superficies, mais une demande qui revient

L’Agence Bio vient de livrer les chiffres 2025 du marché et de la production en agriculture biologique. La consommation poursuit sa croissance mais les surfaces bio continuent de reculer. 

Conférence de l'Agence Bio édition de 2026
72 % des produits bio consommés en France sont issus des fermes françaises.
© Catherine Takougang

« L’enjeu actuel en bio, est le rééquilibrage entre l’offre et la demande » alerte Bruno Martel, président de l’Agence Bio, en conférence le 16 juin. La France continue de perdre des surfaces agricoles conduites en agriculture biologique, une tendance qui pèse sur les capacités de production du secteur. Et en 2025, pour la première fois, le nombre de fermes bio baisse, affichant un repli de 1,3 %, dans un contexte de baisse de 3,6 % du nombre total d’exploitations. 

Lire aussi : Pour Biocoop, « le marché bio n’est pas en crise et n’est pas un marché de niche »

Baisse des surfaces en agriculture biologique

Les surfaces agricoles bio enregistrent, un recul de 1,1 %, soit 30 737 hectares de moins qu'en 2024. « Nous sommes en baisse pour la troisième année consécutive », souligne Bruno Martel. Les terres cultivées en bio représentent désormais 10 % de la surface agricole utile française, soit 2,69 millions d'hectares. Le président de l'Agence Bio tempère: « la baisse amorcée en 2021 est en train de s'atténuer. »

« Tout n'est pas perdu, de nouvelles fermes se sont engagées dans des démarches de conversion cette année »

L’Agence Bio garde espoir d’une réduction des déconversions 

Les filières bovines, viticoles, les plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), ainsi que les productions de viande et d'œufs, enregistrent les plus fortes pertes en nombre d'exploitations. Pour autant, des signaux encourageants apparaissent. « Tout n'est pas perdu, de nouvelles fermes se sont engagées dans des démarches de conversion cette année », rappelle Bruno Martel. Les exploitations de grandes cultures affichent une hausse de 24 % des entrées en conversion, tandis que les maraîchers en légumes frais progressent de 44 %.

Lire aussi : « Le bio est trop cher pour 87 % des consommateurs »

+441 millions d’euros de ventes en 2025 en bio

Le marché bio a progressé de 3,6 % en 2025, pour atteindre 12,6 milliards d’euros. La part de bio dans la consommation des ménages atteint désormais une moyenne de 5,8 %, en progression par rapport à 2023 et 2024. « Ce n’est plus seul le facteur prix qui relance la croissance en bio. En volume la progression du bio est de 2 %, contre une progression du marché alimentaire global plus légère de 0,3 % » explique Laurence Foret Hohn directrice adjointe de l’Agence bio. 

Lire aussi :Bio Équitable en France affiche une croissance de 27 %

La consommation bio repart sur tous les circuits

« La dynamique de consommation bio est attestée sur tous les circuits » souligne cette dernière.  90 % de la consommation bio se fait à domicile, ce qui représente un marché de 8,4 milliards. 

La reprise de la consommation est principalement portée par les bonnes performances des circuits spécialisés (+8,5 %), qui contribuent à près des deux tiers de la croissance des ventes. Ce débouché pèse pour 30 % de la distribution bio

Lire aussi : Bio : ils ne voulaient pas « casser les prix », 12,67 millions d’euros de sanctions

La vente directe en bio confirme également son attractivité auprès des consommateurs avec une hausse de 3,8 %. « Depuis la crise de 2019, les consommateurs sont davantage attachés aux commerces de proximité et aux circuits comportant moins d'intermédiaires », observe Bruno Martel.

Lire aussi : Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio » 

Le rayon bio en GMS renoue avec la croissance 

 « La grande distribution renoue avec la croissance en valeur en bio, une première depuis 2021 » s’enthousiasme Laurence Foret Hohn.  Ce circuit qui constitue 46 % du marché bio est en croissance de 1,2 %. Elle ajoute  : « Cette hausse en valeur est inédite étant donné la stratégie adoptée par la GMS durant la crise inflationniste : les magasins ont réduit le nombre de références bio et repositionné leur offre vers des produits plus accessibles de marques distributeurs ».

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Néanmoins le nombre d’entreprises transformatrices bio, à 26 618 établissements, recule de 1,6%. 

Les catégories les plus dynamiques en bio

Les ventes de fruits et légumes bio, déjà toniques en 2024, poursuivent leur progression en 2025 en valeur (+7,3 % ) comme en volume ( +4,8 %). Les produits laitiers suivent la dynamique (à + 4,8 % en valeur et 4,5% en volume). Ceux-ci contribuent à hauteur de 9 % à la croissance bio. 

Le secteur de la viande progresse aussi en 2025, après plusieurs années difficiles. C’est le cas notamment de la volaille bio en hausse de 9 % en valeur et de 4,1 % en volume. La viande bovine est également en croissance de 4,8 % en valeur, mais en baisse de 1,6 % en volume. 

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