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Agroalimentaire « 5 innovations du top 10 sont liées aux réseaux sociaux ! »

Des millions d’euros de chiffre d’affaires pour des produits alimentaires ou des boissons lancés sans la puissance d’une marque installée et sans publicité à la télévision ? C’est la réalité des succès liés aux réseaux sociaux. Les entreprises de l’agroalimentaire ne doivent pas les minimiser, car ils sont la clé de la conquête du consommateur de demain. 

une main sort d'un smartphone et tend une barre de confiserie
Un succès en magasin lié aux réseaux sociaux, c’est de moins en moins rare
© Généré par IA

Des innovations alimentaires lancées par des influenceurs, des produits propulsés par un buzz, « le phénomène n’est pas nouveau mais il s’accélère », constate Laureen Brière Responsable Insight Consommateur chez NielsenIQ, lors d’un webinaire. Une tendance à rebours des lancements habituels, puisque la communication ultra-digitalisée entraîne une demande avant même d’être en rayon. « 5 innovations du top 10 des meilleurs lancements sont liées aux réseaux sociaux ! » prévient l’experte.

Lire aussi : Agroalimentaire : « Les industriels sont plus enclins à innover, les distributeurs à référencer et les consommateurs à se laisser tenter »

diapo nielsen
Franui, Ciao Kombucha, Mr Beat Feastables, Nella Delice et Shofrulade ont vu leur succès entièrement lié aux réseaux sociaux

Des buzz éphémères ou des tendances durables ? 

L’exemple du chocolat de Dubaï (une tablette de chocolat fourrée de crème de pistaches et de kadaïf) reflète « une tendance de consommation massive où le désir précède l’offre », détaille Laureen Brière, rappelant qu’une vidéo de dégustation par une influenceuse a entraîné chez certains une véritable quête de ce chocolat alors introuvable. 

« Grâce à son agilité, Lindt a pu sortir une tablette rapidement et capter 2,9 millions d’euros de chiffre d’affaires » 

« Grâce à son agilité, Lindt a pu sortir une tablette rapidement et capter 2,9 millions d’euros de chiffre d’affaires » explique-t-elle. Mais « à mesure que le produit devient accessible, il perd son aura de rareté et le risque de saturation est bien réel » décrypte-t-elle. Lindt étend actuellement sa gamme pour l’animer sur du moyen terme et dépasser la phase de buzz.

Des opportunités liées aux ruptures en rayon

Ces produits émergents via les réseaux sociaux sont désirables car rares, ce qui entraîne des ruptures. La pâte à tartiner El Mordjene (une pâte algérienne aux noisettes grillées au goût proche du Kinder Bueno) a été interdite de vente dans l’UE car l’Algérie n’a pas d’agrément pour y exporter des produits laitiers. Cette absence en rayon a créé une opportunité pour Nella Délice. Les pots de Franui (bouchées glacées de framboises enrobées de chocolat) avaient un taux de rupture de 9,8 %, ce fut l’opportunité pour Shofrulade.

Quelles sont les clés du succès des lancements des influenceurs ? 

Certains produits lancés par des innovateurs rencontrent le succès :

  • Festables par Mr Beast, lancé en février 2025 : 4,365 millions d’euros de chiffre d’affaires,
  • Ciao Kombucha par Squeezie, lancé en juin 2025 : 2,735 millions d’euros de chiffre d’affaires,
  • Ice tea Pop’s par FastGoodCuisine, lancé en septembre 2024 : 1,445 million d’euros de chiffre d’affaires,
  • InShape Nutrition par Tibo Inshape, lancé en juillet 2025 : 1,35 million d’euros de chiffre d’affaires,
  • LEC crèmes glacées par Charles Leclerc, lancé en août 2025 : 1,195 million d’euros de chiffre d’affaires

« C’est un nouveau cas d’école en matière d’innovation »

« Ce sont des marques bien incarnées avec une prise de parole massive et une communication digitale ciblée et une identité graphique affirmée qui réussissent à toucher au-delà de la communauté », identifie Laureen Brière. Là encore, la rareté est une des clés du succès, avec des exclusivités accordées à certaines enseignes et des taux de rupture élevés qui amplifient la demande (le taux de rupture de Ciao Kombucha dépasse les 14 %). « C’est un nouveau cas d’école en matière d’innovation, puisqu’on se passe de la puissance d’une marque et des canaux de communication historiques, notamment la télévision… mais les influenceurs ont toujours besoin de la grande distribution » complète la spécialiste. 

Lire aussi : Moins de famille, plus de petits foyers, comment l’industrie alimentaire s’adapte à la démographie

Le succès des produits des influenceurs n’est pas garanti

La seule personnification par un influenceur n’est pas une garantie de succès, comme l’exemple du thé glacé Yali lancé par Maître Gims, qui est resté, sans convaincre, un an en rayon. « L’image de marque était floue, avec son côté bien-être en décalage avec les chansons du rappeur, qui était assez peu impliqué. Le marché du thé glacé est déjà saturé avec des marques bien installées et le positionnement prix était trop élevé », critique Laureen Brière. Contre-exemple, Pizza Delamama, une gamme de pizzas surgelées lancées comme une blague par Mr. V et dont la gamme s’élargit depuis trois ans.

« Attention, ce ne sont pas des phénomènes mineurs, mais des lancements qui marchent »

Rester en veille sur les réseaux sociaux

Alors, pour les entreprises de l’agroalimentaire, quelle stratégie ? « Restez en veille sur les réseaux, suivez les lancements des influenceurs, explorez la contre-culture » conseille la spécialiste, donnant l’exemple d’Oatly qui vient de lancer une boisson à l’avoine et au matcha, surfant sur la vague du matcha sur les réseaux, avec quelques lancements en ligne. « Attention, ce ne sont pas des phénomènes mineurs, mais des lancements qui marchent. La génération Z et plus encore alpha y répond, il ne faut pas passer à côté des tendances de demain ». 

 

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