Artichaut : la production en difficulté

- - 3 min
Graphique : Évolution des surfaces cultivées et de la production d’artichauts de 2016 à 2024 Crédits : © Agreste

Les surfaces d’artichauts sont en baisse avec plus de la moitié des hectares cultivés perdus depuis 2016. Côté volumes de production, des pertes fortes sont observées malgré quelques sursauts.

Depuis 2016, les surfaces et la production d’artichauts français diminuent. La filière se mobilise pour relancer la production et la consommation.

Des surfaces en baisse constante

Les surfaces dédiées à l’artichaut sont en baisse tous les ans depuis 2016, passant de 7 470 à 3 666 hectares en 2024. Côté production, certains bassins se maintiennent comme les Pyrénées-Orientales, qui produisent entre 5 000 et 7 000 tonnes d’artichauts chaque année. La Bretagne est la plus grande perdante. Entre 2016 et 2024 elle est passée de 41 000 à 17 000 tonnes produites. Plusieurs facteurs sont en cause. La culture d'artichaut est très technique et le retrait progressif des substances actives rend sa conduite encore plus complexe. La filière fait également face à une pénurie de main d'oeuvre, très pénalisant pour une culture exigente en temps de travail. Enfin, de plus en plus de producteurs partent en retraite sans trouver de repreneurs.

Une consommation générationnelle

Les trois quarts des consommateurs d’artichauts se situent entre 50 et 70 ans. Le CTIFL explique ce non-renouvellement par une méconnaissance du légume et de ses modes de préparation parmi les nouvelles générations. Pour booster la consommation, la filière développe des outils tels que le cuiseur micro-ondable (9-10 min de cuisson). Un atelier de surgélation, ouvert en 2023 dans les Côtes-d’Armor, vise aussi à proposer un mode de consommation plus pratique tout en valorisant des surplus de production.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La variété, levier majeur pour une production réussie

L’organisation bretonne de sélection (OBS) dispose d’un programme de sélection artichaut dédié aux maraîchers bretons. Pour répondre aux besoins des producteurs en mécanisation et en gestion des flux de récolte, un renouvellement variétal est en cours avec notamment des travaux sur le développement de mottes d’artichauts issus d’in vitro, plus résistants aux bioagresseurs et aux aléas climatiques.

Pas assez de production pour couvrir la demande

La France importe 15 000 tonnes d’artichauts et en exporte 5 000 (moyenne 2022-2024). Les importations proviennent principalement d’Espagne (12 700 t) et concernent l’artichaut violet méditerranéen. Pour cette même période, les exportations sont majoritairement dirigées vers l’Italie (992 t), l’Espagne (956 t) et l’Allemagne (705 t).

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires