Comment se négocie la prochaine PAC à Bruxelles ? Entre la recherche d’un accord sur le budget 2028-2034, et les discussions interinstitutionnelles à venir sur la réforme de la politique agricole commune, le calendrier est serré. Reussir.fr fait le point en vidéo.
« Pour notre puissance agricole, la Politique agricole commune est un outil. Maintenant il faut évidemment bien la négocier », soutient le Premier ministre Sébastien Lecornu le 15 octobre à Matignon, lors de la présentation du plan de relance agricole. La prochaine PAC est actuellement discutée à Bruxelles à l’occasion du nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) de la période 2028-2034. Les institutions européennes ont donc commencé les négociations sur ce nouveau CFP, qui fixe l’ensemble des postes du budget de l’Union, dont celui de la PAC.
Dans ce contexte, la Commission européenne a présenté en juillet 2025 sa proposition de CFP pour la période à venir, ainsi que son projet de réforme de la PAC. « Un budget plus simple et plus flexible améliorera la planification stratégique et permettra de mieux répondre aux défis auxquels sont confrontés les agriculteurs, l’agriculture et les zones rurales de l’UE », soutient la Commission européenne dans la présentation de la PAC post-2027.
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L’enveloppe de la France pour la future PAC en baisse de 13 % ?
Pour rappel, Bruxelles propose entre autres de fusionner les deux piliers de la politique (aides directes et développement rural) dans un fonds unique, et de mettre en place la dégressivité des aides. La PAC serait intégrée dans les plans de partenariats nationaux et régionaux, qui concerneront aussi d’autres politiques comme celle de cohésion.
Si l’objectif affiché est de laisser plus de liberté aux Etats membres dans leurs choix budgétaires, ce projet divise. Car les Vingt-Sept devront choisir de compléter la part réservée à la PAC (« ringfenced ») selon des arbitrages propres. Ce qui risque de faire des « perdants », comme notamment la France, dont l’enveloppe pour la future PAC est estimée en recul de 13 % par rapport à l’actuelle. C’est ce qu’avait notamment analysé le think tank Farm Europe, et Chambre d’Agriculture France en début d’année 2026.
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« La position de la France est très claire : Pas un euro doit manquer à la PAC »
Le gouvernement français veut éviter cette baisse de son budget pour la PAC, comme le souligne la ministre de l’Agriculture Annie Genevard le 15 octobre à Matignon après l’intervention de Sébastien Lecornu : « La position de la France est très claire […] Pas un euro doit manquer à la PAC ». Et le Premier ministre de compléter : « Est-ce la Politique agricole commune doit rester commune avec des financements communs ? Oui […] Tout simplement car nous sommes une grande puissance agricole et on a vocation à exporter ».
Au niveau des négociations, les ministres de l’Agriculture de l’UE doivent se mettre d’accord sur leur position de négociation sur la PAC, lors de leur réunion à Bruxelles les 26 et 27 octobre. Au Parlement européen, les eurodéputés ont aussi commencé à travailler sur la réforme de la PAC.
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Un enjeu de calendrier pour les institutions européennes pour les négociations sur la PAC et le CFP 2028-2034
Pour les institutions européennes, l’enjeu est le calendrier des négociations, avec un compromis à trouver avant 2028. Les dirigeants des Etats membres cherchent aussi à rapidement se mettre d’accord sur le CFP 2026-2034, malgré les divergences. Le budget général actuellement discuté est en baisse, tiré par les pays « frugaux » qui veulent réduire leur contribution financière. C’est le cas de l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède. Les Vingt-Sept espèrent trouver un point d’entente sur le budget général d’ici la fin de l’année 2026. L’objectif est d’éviter que les élections prévues en 2027 dans différents européens, dont la France, ne retardent les conclusions.
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