L’année 2025 a été éprouvante pour les professionnels de l’alimentation. Sécuriser des approvisionnements dans des contextes d’offre manquante, voir ses débouchés export se compliquer, et subir des importations de produits qui ne respectent pas les mêmes normes, un casse-tête. Quelles grandes tendances surveiller l’an prochain pour être prêts aux variations du marché ?
Le journal Les Marchés vous propose un accès à notre base de données qui contient plus de 15 millions de prix agricoles. Mais si connaître le prix à un instant t est nécessaire pour les opérateurs des filières agricoles et alimentaires, il est surtout important de surveiller les facteurs qui font varier les prix.
Car c’est de la gestion du risque, de la sécurisation des approvisionnements, que dépend souvent le résultat final dans un secteur agroalimentaire confrontés aux bouleversements du monde. C’est pourquoi nos analystes vous proposent, chaque jour, des analyses de marché qui ne relatent pas juste les prix du moment, mais attirent votre attention sur les grandes tendances qui les feront évoluer. Que surveiller particulièrement en 2026 ?
2025 nous a habitué aux rayons œufs clairsemés dans la grande distribution. Mais malgré ces vides, les ventes ont progressé, ce qui illustre un comportement typique du consommateur : acheter davantage quand le rayon lui parait mal achalandé, par précaution.
La situation va-t-elle s’améliorer en 2026, date butoir de beaucoup de distributeurs pour sortir les œufs de cage de leur offre ? Faute de disponibilité, certains pourraient retarder l’échéance. La question se pose aussi pour les grossistes. Le marché des ovoproduits sera aussi à suivre attentivement puisque les utilisateurs sont nombreux, dans beaucoup de secteurs alimentaires.
La guerre des prix en grande distribution
Ces dernières années fortement inflationnistes ont attisé la guerre des prix entre enseignes, aux dépens souvent des maillons intermédiaires, notamment PME et ETI, qui ont dû rogner sur des marges déjà ténues. La guerre des prix devrait rester d’actualité, mais on peut noter tout de même la volonté de certaines enseignes, comme U, de déplacer le débat sur l’origine. Une posture qui va dans le sens du « Grand réveil alimentaire » pour relancer la production agricole en France et sa transformation. La charte de bonne conduite pour les négociations commerciales signée cette année pourrait peut-être améliorer aussi les relations houleuses entre la GMS et ses fournisseurs captifs.
DNC, FCO, grippe aviaire et désormais PPAaux portes de la France, la sécurité sanitaire des animaux d’élevage est devenue la préoccupation numéro un des filières concernées. Les conséquences sont nombreuses, tout d’abord humaines pour les éleveurs qui voient leurs animaux abattus. Mais aussi sur les approvisionnements tout au long des filières, avec une baisse de production qui peut être durable. Ainsi que sur les exportations qui sont parfois limitées auprès des pays tiers.
Le dérèglement climatique qui peut rebattre les cartes
C’est une inconnue depuis les débuts de l’agriculture, mais le dérèglement climatique accentue la probabilité d’événements climatiques extrêmes. Une récente étude, parue dans Environmental Research, notait que parmi les pics de prix alimentaires étudiés sur les dernières années, la plupart étaient associés à des canicules, inondations et fortes pluies dont l’intensité dépassait tous les historiques. Ce dérèglement est aussi en cause dans l’apparition de certaines zoonoses comme la MHE.