Aller au contenu principal

Bio : comment s'adapte la distribution spécialisée au recul de l’offre française ?

Alors que les distributeurs spécialisés bio renouent avec la croissance, l’amont agricole, lui, perd des producteurs. Ce qui nuit aux approvisionnements en produits bio français, notamment en œufs, volaille et produits laitiers et menace la dynamique de reprise des enseignes.

La fourche Natexpo
Selon Nathan Labat, cofondateur de la Fourche, rencontré lors du Salon NatExpo ce 1er décembre 2025 : « La Fourche cible les grandes villes seulement car c'est un modèle rentable en logistique, contrairement aux zones moins denses. »
© Catherine Takougang

Après quatre années de repli, l’année 2025 confirme la reprise du bio. Depuis janvier, les enseignes spécialisées affichent une croissance globale de 5,5 %. À l’occasion du salon Natexpo, les Marchés ont rencontré trois acteurs de la distribution bio spécialisée : La Vie Claire, pionnier du bio depuis près de 80 ans ; Les Comptoirs de la Bio, réseau d’indépendants créé en 2012 ; et La Fourche, plateforme d’e-commerce fondée en 2018 et positionnée sur le bio à prix réduits.

Lire aussi : « Le bio n’est plus en crise et Biocoop en est l’exemple »

Toutes observent une reprise nette de la demande en produits bio, La Vie Claire et Comptoirs de la Bio enregistrent une progression de 7 % de leur chiffre d’affaires. De son côté, La Fourche affiche une croissance spectaculaire de 40 %, et indique se rapprocher de la rentabilité. 

Lire aussi : « On assiste à un retour à la croissance du bio », selon Charles Kloboukoff de Léa Nature 

Les MDD, moteurs de la reprise du bio

La fréquentation progresse en magasins, confirment La Vie Claire et Les Comptoirs de la Bio. De son côté, La Fourche identifie les marques de distributeur (MDD) comme premier levier de croissance, grâce à leur tarif inférieur aux marques nationales. Un constat partagé par La Vie Claire, dont les MDD totalisent 2 000 références sur 6 000 produits. La Fourche prévoit d’ailleurs d’étendre sa marque propre à d’autres segments, comme le pet-food, pour soutenir sa dynamique.

Lire aussi : Consommation : Un nouvel équilibre sur le marché du bio ? 

Les fruits et légumes bio tirent les ventes

Les trois enseignes enregistrent une demande forte pour les produits tels que les fruits et légumes, le pain, les produits laitiers, mais aussi les alternatives végétales, dont les ventes s’envolent.  « La demande est fulgurante sur le tofu » précise Nathan Labat cofondateur de la Fourche. 

L’origine France bio, la priorité des approvisionnements

« Nous restons exclusivement sur un approvisionnement français et local tant que le surcoût ne dépasse pas 20 à 30 %. » indique Nathan Labat de la Fourche. Ce dernier explique qu’au-delà de ce pourcentage les ventes décrochent, car les produits ne sont pas du tout compétitifs. En il ajoute que : « Nous sommes les premiers à commercialiser une gamme complète de légumes exclusivement cuisinés avec des produits 100% France. » L’enseigne privilégie également l’origine France pour ses produits susceptibles d’être exportés en Europe.

Lire aussi : Viande rouge bio : la consommation se stabilise mais la production chute encore

Au Comptoir de la bio, 98 % des légumes sont d’origine France et la viande est 100 % française « Dès qu’on peut acheter français, on le fait », insiste Cyril Cahuzac, directeur de l’offre et des achats de l’enseigne. Il précise que les importations de l’enseigne concernent principalement les aliments qui ne peuvent être produits en France comme les graines de chia, les noix de cajou…

Lire aussi : Lait bio : pourquoi la collecte continue de baisser en France

Chez la Vie Claire, 97 % des approvisionnement sont français. Pour les produits importés, l’enseigne interdit le transport aérien au profit du transport maritime.. 

Des pénuries qui s’accentuent en produits bio français

Toutes les enseignes se disent confrontées à des ruptures en œufs et en volaille bio. Ces tensions reflètent la situation préoccupante de l’amont. Selon l’Agence Bio, 2025 marque une première historique, avec plus de déconversions que de nouveaux entrants dans la bio.

Les distributeurs cherchent à sécuriser leurs approvisionnements français

Pourtant les enseignes affichent des perspectives de croissance pour les années à venir. La Vie Claire prévoit l’ouverture de 20 nouveaux magasins en 2026, portant son parc à plus de 345 points de vente. La Fourche souhaite, elle, étendre son service de livraison de produits frais à de nouvelles grandes villes comme Marseille. Mais cette dynamique d’expansion ne sera possible qu’à condition de sécuriser leurs approvisionnements. Les enseignes multiplient différentes stratégies, comme la diversification des sources sur les produits en tension, le recours accru aux achats en direct auprès des coopératives et la recherche d’alternatives pour limiter les risques de rupture.

Forte de sa longévité dans le secteur, la Vie Claire compte sur la fidélité de ses fournisseurs. L’enseigne espère ainsi rester leur priorité, notamment en cas de tension ou de rupture sur certaines productions françaises.

 

 

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde visant à protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

María Marta Rebizo
Agriculture : Que pensent les exportateurs du Mercosur du report de l’accord ?

Les Marchés a recueilli les réactions à chaud des porte-voix des agriculteurs du Brésil et de l’Argentine à l’annonce du…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

Christophe Pajot
LDC Sablé: croissance des ventes d’élaborés de volaille mais un taux de service à améliorer

Le pôle Terravenir du groupe LDC affiche une bonne croissance de ses ventes d’élaborés de volaille sur 2025, mais aurait pu…

14,7 millions de tonnes de poulet sur le marché mondial en 2026, l'USDA prévoit un nouveau record

Le marché mondial de la volaille devrait poursuivre sa croissance en 2026. La production de poulet atteindrait des niveaux…

David Le Manour  et Anne Childeric
Poulet : le Label Rouge rebondit, le bio se stabilise en 2025 chez Cavol

A l’occasion des vœux aux salariés, le samedi 10 janvier, David Le Manour (Directeur) et Anne Childeric (directrice adjointe)…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio