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Le poulet chinois s’impose en Europe, la volaille française alerte

La filière poulet française s’inquiète d’un afflux inédit en provenance de Chine, qui dégage ses surplus de filets de poulet sur le marché européen. 

Gilles Huttepain, Vice-président de l'interprofession Anvol
Gilles Huttepain, Vice-président de l'interprofession Anvol
© Catherine Takougang

« L’Europe importe davantage de volailles chinoises », nous l’affirme Gilles Huttepain, Vice-président d’Anvol, lors d’une conférence de presse ce 25 novembre à Paris. 58 000 à 60 000 tonnes de volailles ont été importées de Chine par l’Europe, sur les douze derniers mois. Un volume en hausse de 30 % par rapport à l’année passée.

« En tout, plus de 40 000 tonnes de découpes de poulet, dont majoritairement des filets mais également des cuisses, sont arrivées de Chine en un an, ainsi que 14 000 à 18 000 tonnes de canards », précise le Vice-président d’Anvol.

Lire aussi : Poulet : « On réduit les importations depuis l’Ukraine, même si cela reste au-dessus des niveaux d’avant-guerre »

Pourquoi cet afflux d’importations de volailles chinoises ?

Selon Gilles Huttepain, les Chinois consomment beaucoup les ailes, pattes et cuisses, mais très peu de filets de poulet. Le pays se retrouve ainsi saturé en filets, et cherche des débouchés vers l’international. Pourtant, rappelle-t-il, « ces filets, avant de pouvoir entrer dans l’Union Européenne, sont soumis à des quotas et à des droits de douane de 2,47 à 2,6 % ». Malgré ces coûts, les exportations chinoises vers l’Europe continuent de croître, « alors même qu’on sait que les coûts de production sont à peine couverts par ces expéditions vers l’Europe ».
La stratégie chinoise s’explique par une volonté de se positionner sur le marché européen, jugé attractif compte tenu du fort pouvoir d’achat de la zone.

«C’est un vrai problème politique. »

« On a perdu la bataille des panneaux photovoltaïques, on a perdu sur les voitures, et maintenant cela arrive sur l’alimentation. C’est un vrai problème politique. » s’alarme le vice-président d’Anvol, qui tient à attirer l’attention des autorités françaises sur la situation. 

Un circuit opaque d’importation de poulet

Les importations de volaille chinoise passent principalement par le Royaume-Uni. « Les Chinois vendent aux Anglais, et les Anglais nous revendent ces volailles », explique Gilles Huttepain. Dans les faits, les conteneurs arrivent directement en France, seule la facturation transite par le Royaume-Uni.

« La seule garantie de l’origine France pour le consommateur reste le logo Volaille Française apposé sur l’étiquette »

Les filets de poulet chinois arrivent en France déjà préparés. Ces viandes se retrouvent principalement dans la restauration commerciale rapide et les plats préparés « à des prix parfois trois fois moins chers que les productions locales » d’après Yann Nedelec, directeur d’Anvol. « La seule garantie de l’origine France pour le consommateur reste le logo Volaille Française apposé sur l’étiquette, ou la mention de l’origine française dans la restauration », souligne-t-il. L'interprofession a de nouveau réclamé des mesures miroirs envers les pays tiers et l’étiquetage de l’origine en restauration et sur les produits transformés, principaux débouchés de ces produits.

Hausse globale des importations de poulets

Sur les neufs mois de 2025, les importations de poulets ont augmenté de 8 % comparé à la même période de 2024 en France. Sur cinq ans ces volumes d’importations de poulets ont bondi de 36,9 %, soit 222 000 tonnes équivalent carcasse supplémentaires de poulets. La majorité des arrivages en poulet était du filet et des préparations. 

Lire aussi : Exportations alimentaires : « On risque de terminer l’année avec une balance négative, ce qui n’est pas arrivé depuis 1978 » 

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