Aller au contenu principal

Lait bio : pourquoi la collecte continue de baisser en France

La baisse du nombre de producteurs de lait bio est la principale explication au recul de la collecte de lait bio en France. Mais d’autres facteurs ont aussi joué. Néanmoins, des perspectives d’une amélioration du prix du lait bio par rapport au conventionnel pourraient donner un signal positif aux éleveurs, alors que la consommation reprend doucement. 

palette de packs de lait bio
Les achats des ménages de lait de consommation ne se reprennent pas encore, mais c'est le cas en yaourts, beurre et fromage bio
© Virginie Pinson

765 millions de litres de lait bio, c’est ce qui a été collecté en France sur les huit premiers mois de l’année, contre 822 millions un an plus tôt, soit une baisse de 6,9 % selon l’enquête mensuelle SSP/FranceAgriMer.

Baisse du nombre de producteurs de lait bio 

Première explication qu’avance l’Idele dans sa dernière note de conjoncture, la baisse du nombre de livreurs, tombé à 3 672 en août 2025, soit une baisse de 6,4 % par rapport à l’an dernier et de 15% par rapport au point haut observé en juin 2022. 270 départs de la production de lait bio ont été enregistrés entre juin 2024 et juin 2025 selon l’enquête du Cniel. Il y a quatre ans, les déconversions pesaient peu (9 %) dans ces arrêts. Leur part est passée à 50 % en 2023 et 67 % en 2025 relaie l’Idele. 

Lire aussi : Le nombre de fermes bio baisse pour « la première fois » en France

La collecte bio touchée par le contexte sanitaire

Si la baisse du nombre de producteurs demeure la principale explication au recul de la collecte de lait bio, d’autres facteurs doivent être pris en compte. Les Hauts-de-France (-16 % sur les 8 premiers mois de 2025) et le Grand-Est (-15,4 %) font partie des régions qui subissent la plus forte baisse de la collecte de lait bio, en lien probable avec la FCO qui a fortement touché le cheptel local. En Nouvelle-Aquitaine ; la baisse de 18,7 % semble aussi liée aux fortes vagues de chaleur. Près de la moitié de la collecte nationale de lait bio provient des Pays de la Loire et de la Bretagne, deux régions qui résistent un peu mieux (respectivement -2,8 % et -5,6 %). 

Lire aussi : Lait bio : que retenir du premier semestre 2025

Des prix du lait bio qui pourraient devenir plus incitatifs

Alors que les prix du lait conventionnel sont actuellement sous la pression de la chute des cours des produits laitiers industriels, l’écart avec les prix du lait bio pourrait se creuser à court terme. Pour l’heure, il demeure limité (42 € /1 000 litres sur douze mois glissants, selon l’Idele). 

Du vert pour la consommation bio

En parallèle, la consommation de produits laitiers bio donne des signes de reprise. Elle a redémarré nettement en magasins spécialisés depuis le début de l’année, mais c’est son évolution en grandes surfaces, son débouché principal, qui est à observer. Les achats des ménages de yaourts bio ont ainsi rebondi de 7,1 % en cumul sur les huit premiers de l’année (le conventionnel est à +1,8 %), ceux de fromages frais se maintiennent (+0,5 %) et ceux de fromages bio au lait de vache progressent de 6 %, enfin ceux de beurre reprennent 1,9 % quand le conventionnel baisse de 3,4 %, selon Worldpanel. La tendance reste néanmoins à la baisse en lait de consommation (-4,9 %) et en crème (-10,1 %).

En Europe, une meilleure dynamique pour le lait bio

En Allemagne, le prix standard du lait biologique a été en forte hausse, dans la continuité de la dynamique amorcée au second semestre 2024 (+ 14,6 % en moyenne sur 8 mois), rapporte FranceAgriMer. Sur cette période, la collecte de lait baisse de 0,8 % seulement, tandis que les fabrications progressent tirées par une consommation dynamique. En Autriche, la collecte a augmenté de 2,1 % sur les sept premiers mois de l’année, après avoir déjà progressé de 4,3 % en 2024. Elle est soutenue par la hausse des prix du lait bio. En revanche, au Danemark, après avoir chuté de 8,4 % en 2024, la collecte de lait bio plonge de 10,1 % en cumul sur les sept premiers mois de l’année.

Lire aussi : Lait bio : des prix records… en Nouvelle-Zélande

Les plus lus

des poules oranges
Prix des poules pondeuses – Cotation réalisée le 07 mai 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Œufs : les importations européennes bondissent de 65 % au premier trimestre, l’Ukraine et la Turquie en profitent

Les importations d’œufs de l’Union européenne ont atteint un record sur le premier trimestre 2026. L’Ukraine a progressé, mais…

batau porte conteneur de dos
Viande bovine : la consommation continue de reculer dans l’UE, mais les importations vont bondir en 2026

La consommation par bilan de viande bovine va continuer son déclin en 2026, selon les prévisions de la Commission européenne.…

conteneur bresilien au port
Viande bovine : les exportations brésiliennes pourraient chuter de 10 % à cause de la Chine

Les droits de douane instaurés par la Chine sur la viande bovine vont bientôt conduire à l’arrêt des exportations du Brésil,…

vue en contre plongée, dans une allée entre des conteneurs sur un port
Viande bovine : chute attendue de 13 % des importations chinoises en 2026

La production mondiale de viande bovine est attendue en légère baisse en 2026. Ce alors que le premier importateur mondial, la…

vaches dans une prairie
Quelles sont les conséquences des mesures pour réduire le cheptel laitier aux Pays-Bas sur le marché du lait européen ?

Les Pays-Bas mettent en place un système d’aides pour réduire les troupeaux laitiers. Si les effets à court-terme seront peu…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio