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Viande rouge : les abattoirs s’alarment d’une forte baisse de la consommation

Les opérateurs de l’abattage-découpe s’alarment d’une chute des commandes de viande bovine et de veau depuis trois mois, qui s’est accentuée ces deux dernières semaines. Ils se montrent extrêmement prudents dans leurs achats, d’autant plus que les consommateurs, inquiets par la flambée des prix du carburant revoient leurs habitudes alimentaires. 

carcasse de bovins en boucherie
Plusieurs opérateurs de l'abattage-découpe se montrent très inquiets des méventes enregistrées ces dernières semaines en viande bovine et en veau
© Catherine Takoukang

-20 centimes/kg sur le jarret de veau, c’est la baisse enregistrée par la cotation des viandes piécées sous vide effectuée par les Marchés sur la période allant du 1er au 14 avril. Cette cotation n’avait pas reculé durant un an, et la dernière baisse significative datait du printemps 2024. En parallèle, en bœuf, la basse-côte perd 5 centimes. La dernière baisse enregistrée par notre cotation date d’octobre 2024 (-5 centimes), et il faut remonter à 2019 pour trouver des reculs plus nets.

Lire aussi : Viande fraîche : « Le consommateur a accepté ces prix élevés, qui ne redescendront pas », comment Bigard s'adapte

Un commerce de la viande bovine maussade

« La période est très troublée, on ne sait pas où l’on va », s’inquiète un opérateur de l’abattage-découpe, qui constate une chute des commandes des détaillants comme des restaurateurs. Pour la première fois depuis longtemps, il juge qu’il dispose de bien assez de vaches par rapport à ses commandes du moment. Pourtant, en semaine 13, les abattages de vaches viande restaient en retrait de 6 % par rapport à ceux de l’an dernier, et la baisse est de 7,7 % en cumul sur les semaines 10 à 13, d’après les remontées Normabev pour Interbev. Certains évoquent même un renversement dans le marché du veau, marqué par un très fort manque d’offre depuis un an. 

Lire aussi : Quels sont les abattoirs de boucherie récemment en difficulté, en infographie

Hausse des prix de la viande… et de l’essence

 D’autres opérateurs abondent dans le même sens, évoquant un « arrêt de la consommation ». La guerre au Moyen-Orient, qui fait flamber les prix du carburant, revoir les budgets et plonger dans l’incertitude semble un moteur de ces méventes. « Mais la tendance a commencé dès le dernier trimestre 2025 » observe un gros faiseur, qui constate une bascule des achats vers le porc, dont les prix ont baissé alors que ceux du bœuf s’envolaient. 

Lire aussi : La flambée des prix du bœuf a plombé la consommation en 2025, porc et poulet en profitent

Dans le cas du veau, s’ajoutent des températures estivales en mars qui ont fortement limité la consommation de ce produit météo-sensible.

L’agneau semble avoir échappé à la morosité ambiante grâce à la demande pour Pâques, temps fort de consommation. Même répit pour les pièces nobles et viande sous label qui vont trouver une place sur les tables de fête.

Concurrence des viandes importées

Certains opérateurs mentionnent aussi un retour des viandes bovines importées, plus compétitives, dans le sillage des baisses de prix enregistrées le mois dernier chez nos voisins. Des volumes de viande bovine destinés au Moyen-Orient se sont retrouvés sur le marché communautaire, mieux servi après des mois de pénurie. 

Lire aussi : Viande bovine : record historique des importations européennes au mois de janvier

Vers une baisse des prix des bovins ? 

Les cours des jeunes bovins U et R ont amorcé un mouvement légèrement baissier depuis plus d’un mois. Ceux des vaches viande R donnent un signe clair de plafonnement. La vente était moins rapide la semaine dernière, alors que le jour férié du lundi de Pâques limitait les besoins des abattoirs. Une impulsion baissière devrait être donnée cette semaine par les acteurs de l’abattage. Enfin les prix des veaux de boucherie ont amorcé leur baisse saisonnière, s’éloignant petit à petit de leurs records historiques de février (9,20 €/kg pour le rosé clair O). 

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