Porc : pourquoi le Mexique va augmenter ses importations en 2026
Le prix attractif de la viande porcine soutient la progression de la demande au Mexique. Toutefois, le Mexique importe plus de la moitié de la viande porcine qu’il consomme, en grande partie des États-Unis et du Canada. L’UE n’y a que de modestes parts de marchés.
Le prix attractif de la viande porcine soutient la progression de la demande au Mexique. Toutefois, le Mexique importe plus de la moitié de la viande porcine qu’il consomme, en grande partie des États-Unis et du Canada. L’UE n’y a que de modestes parts de marchés.
La filière porcine mexicaine devrait renouer avec la croissance en 2026, selon l’USDA. La production de porcs est attendue en hausse de 2 %, avec 20,55 millions de têtes abattues. La consommation devrait progresser également de 5 % en 2026 pour atteindre 2,9 millions de tonnes équivalent carcasse. Le deuxième importateur mondial, derrière la Chine mais devant le Japon et les Philippines va rester aux achats.
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Les éleveurs mexicains investissent pour sécuriser les approvisionnements en porc
La croissance de la production est permise par les trois années d’investissements dans l’amélioration génétique et le renforcement des protocoles de biosécurité réalisés par les éleveurs. Ces derniers ont pour objectif de réduire l’expansion de maladies telles que le SDRP (syndrome dysgénésique et respiratoire porcin) et la diarrhée épidémique porcine (DEP). Selon les prévisions, ces investissements devraient commencer à porter leurs fruits au cours de cette année. Par ailleurs une meilleure disponibilité des aliments pour animaux a incité les producteurs à agrandir leurs troupeaux.
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Des abattages de porc en croissance au Mexique
Les abattages de porcs pourraient progresser de 3 % et atteindre 18,2 millions de têtes. Un net redressement par rapport aux prévisions de 2025 qui tablaient sur un recul de 3 %. Cette reprise est permise par la stabilisation des coûts de production et de l’augmentation du cheptel porcin. Le secteur porcin connaît aussi une intégration verticale accrue. Il est de plus en plus commun de voir dans le pays, les grandes exploitations contrôler l’ensemble de la chaine, de l’alimentation animale à la transformation des porcs. Cette organisation rend le marché moins volatil et plus résilient. Au total, la production de viande porcine est attendue en hausse de 3 %, à 1,41 million de tonnes équivalent carcasse (tec).
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Les prix élevés du bœuf redirigent la consommation vers le porc
La croissance de la classe moyenne et des ménages à double revenu stimule la demande de produits porcins pratiques tels que les produits prêts à cuire et prêts à consommer. Le secteur tire également parti de la demande intérieure, qui recherche davantage d’alternatives plus économiques au bœuf, dont les prix atteignent des sommets.
Restauration et le tourisme dynamisent la consommation de porc
L’expansion du tourisme et de la restauration sont aussi deux autres facteurs qui propulsent la consommation de porc. Les restaurants haut de gamme et les chaînes de restauration rapide s’appuient désormais fortement sur le porc pour l’élaboration de plats, qui auparavant étaient axés sur le bœuf.
Les prix du porc progressent au Mexique
Sur le plan des prix, la carcasse de porc se vendait à 76 pesos par kilo (3,75€ /kg ) au cours du mois de janvier, soit en hausse 18,75 % en un an. Tandis que le prix du porc vivant recule de 7,15 % sur un an et se vend à 49 pesos par kilo (2,42€ /kg ) . Les longes et le bacon enregistrent respectivement des hausses de 11,15 % et 12,1 % et se vendent à 140 pesos par kilo (6,90 €/kg) et 458 pesos par kilo (22,58 €/kg).
Les importations restent essentielles pour répondre la demande intérieure de porc
Les importations mexicaines de porc devraient augmenter de 4 % en 2026 pour atteindre 1,66 million de tec, une progression plus modérée qu’en 2025 (+9 %). La production nationale ne couvrant que 43 % de la consommation, ainsi 57 % des besoins des besoins du pays restent dépendants de l’import.
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En janvier 2026, le gouvernement mexicain a instauré un contingent d’importation en franchise de droits de 51 000 tonnes afin de stabiliser les prix et diversifier les fournisseurs. Toutefois, son impact devrait rester limité, ce volume ne représentant qu’environ 3 % des importations prévues. L’essentiel des flux de porc continueraient d’entrer sans droits depuis les États-Unis et le Canada. Le Brésil et l’Europe exerceraient une concurrence plus modérée.
À noter que l’Europe a exporté 15 200 tonnes de viande porcine vers le Mexique en 2025. Sur ce volume, 13 000 tonnes provenaient d’Espagne et ont été expédiées entre janvier et octobre 2025, avant la fermeture des frontières à cause de la peste porcine.
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Des exportations en repli pour privilégier le marché intérieur
Les exportations de porc devraient reculer de 13 % en 2026 pour atteindre 170 000 tec. Cette tendance, amorcée en 2025, s’explique par une perte de compétitivité sur certains marchés asiatiques à forte valeur ajoutée et par la priorité donnée au marché intérieur. Les producteurs jugent plus rentable et moins risqué d’écouler leurs volumes sur le marché domestique, d’autant que le pays demeure structurellement déficitaire en viande porcine.
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