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Porc : les 3 points à retenir de l’AG d’Uniporc

Sur la zone Uniporc, les abattages de porc ont diminué au cours de l’année 2024, tandis que les poids à l’abattage et la part de mâles ont continuer de progresser. Retour sur les débats engendrés par ces évolutions. 

Assemblée générale d'Uniporc table ronde
Les représentants de l'amont et de l'aval réunit autour d'une table ronde lors de l'assemblée générale d'Uniporc et du MPF, débattent sur les évolutions de 2024 de l'activité porcine .
© Catherine Takougang

À l’occasion de son assemblée générale à Ploufragan ce 17 juin, l’association interprofessionnelle Uniporc a présenté ses résultats de 2024. 

Baisse des abattages dans la zone Uniporc en 2024

En 2024, 18,3 millions de porcs ont été abattus dans la zone Uniporc, soit un repli de 0,4 % par rapport à 2023. Ces volumes représentent 83,4 % des abattages nationaux, contre 84 % l’année précédente. Après des reculs plus marqués en 2022/2023 (-4,8 %) et en 2021/2022 (-1,1 %), l’activité semble se stabiliser. 

La zone Uniporc comprenait 28 abattoirs en 2024, soit deux de moins par rapport à 2023. Les lignes d’abattage à Celles-sur-Belle (Deux-Sèvres), au Neubourg (Eure) et à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) du groupe Bigard se sont arrêtées. Tandis que l’abattoir 47 dans le Lot-et-Garonne a rejoint la zone Uniporc en 2024, et celui d’Holtzheim en Alsace du groupe Bigard l’intégrera pour 2025.

« Dans la zone Uniporc, les abattages de porcs charcutiers ont connu une baisse de 729 000 porcs en dix ans, ce qui reste relativement faible », indique Paul Auffray président d’Uniporc.

Lire aussi : Porc : Bigard restructure ses outils 

Les poids moyens à l’abattage progressent

En 2024, le poids moyen des carcasses a augmenté de 800 grammes comparés à 2023 et atteint une moyenne de 96,6 kg, soit une augmentation d’environ 0,4 % en une année.  Selon Uniporc, l’augmentation du poids moyen des carcasses de porc a compensé le repli des abattages. 

Depuis le 1er juillet 2024, une nouvelle grille de plus-value a été mise en place, commune à l’ensemble des porcs femelles, mâles castrés et mâles entiers. Elle relève de 3 kg le cœur de gamme, qui passe de 87-99 kg à 90-102 kg. L’objectif est de recentrer la production autour de 96 kg, correspondant au poids moyen observé actuellement.

Lors d’une table ronde organisée pendant l’assemblée générale du marché du porc français (MPF), Caroline Joliff, présidente de la FNP, a déclaré que « l’alourdissement des carcasses est un avantage pour les éleveurs, car il permet de diluer leurs charges ».

Un point de vue nuancé par Christiane Lambert, qui alerte sur les risques en matière de qualité : « la filière doit rester vigilante quant à la qualité du gras et au risque accru d’odeur lié à l’alourdissement des carcasses. Réfléchissons toujours aux débouchés et évitons de produire des animaux trop lourds, difficiles à valoriser. » 

la filière doit rester vigilante quant à la qualité du gras et au risque accru d’odeur lié à l’alourdissement des carcasses. Réfléchissons toujours aux débouchés...

La part des mâles entiers progresse

La proportion de mâles entiers continue de croître et représente 47 % des porcs abattus en 2024. Selon Uniporc, cette progression permet d’expliquer, l’alourdissement du poids des carcasses.

Sur le sujet, Christiane Lambert, présidente de la Fict, souligne que « si l’amont souhaite valoriser les carcasses de mâles entiers c’est avant tout le client qui décide, en fonction de ses attentes ». En effet, les produits issus de mâles entiers ne posent pas de problème lorsqu’ils sont destinés à des préparations mélangées comme les rillettes ou les pâtés. En revanche, des produits non mélangés, tels que les lardons, peuvent être affectés par des odeurs fortes peu appréciées des consommateurs.

Le mâle entier pose également des difficultés aux salaisonniers, car le profil lipidique de cette viande est moins adapté à certaines fabrications, comme le saucisson sec.

Lire aussi : « L’UE a toujours produit plus de viande porcine qu’elle n’en consomme, et cela ne risque pas de changer », pour Vincent Chatellier 

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