Porc bio : « Désormais, il n'y a plus de déclassement de porc bio »
Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas, après des années de forte contraction. Pour Antoine Roinsard, Délégué général de Forébio, 2026 pourrait marquer la fin de la baisse en porc bio.
Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas, après des années de forte contraction. Pour Antoine Roinsard, Délégué général de Forébio, 2026 pourrait marquer la fin de la baisse en porc bio.
« La consommation de porc bio ne remonte pas réellement en volumes » indique Antoine Roinsard, délégué général de la Fédération des organisations économiques bio (Forébio), lors d’un échange avec Les Marchés.
En 2024, les ventes de porc bio ont progressé en valeur de 0,8 % par rapport à 2023. Selon notre interlocuteur, ce rebond est induit par l’inflation des prix. En revanche, les volumes ont baissé de 1,1 %. « Pour l’instant on n’est pas sur un redémarrage, mais plutôt sur une fin de baisse de la consommation » poursuit-il.
La charcuterie reste le principal débouché du porc bio
Au cours des 8 premiers mois de 2025, les achats de charcuterie ont légèrement progressé de 0,1 % par rapport à la même période de 2024. Ceux de viande porcine fraîche ont augmenté de 2,7 % d’après Circana.
Déjà sur les trois premiers mois de 2025, les ventes de charcuterie bio de porc, avaient reculé de 3,1 % en volume et de 9,3 % en valeur en GMS (hors EDMP). Les exceptions sont le jambon cuit et l’épaule dont les achats ont progressé de 3,8 % en volume. Les rôtis de porcs et autres salaisons ont enregistré également une hausse inhabituelle de 2,2 %. Le jambon et les lardons sont les produits les plus vendus de la catégorie. « En GMS, la charcuterie représente près de 90 % des ventes, contre seulement 10 % pour la viande fraîche de porc bio » précise Antoine Roinsard.
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La longe, une partie moins valorisée du porc bio
En produits de charcuterie, la longe se valorise en rôtis cuits et bacons principalement, mais les volumes sont faibles. Elle trouve davantage de débouchés en frais. Compte tenu des volumes limités de ventes, cette partie en porc bio est encore faiblement valorisée.
Des ventes hétérogènes de porc bio selon les distributeurs
La grande distribution est le débouché principal du porc bio (38 %), devant les magasins bio spécialisés (24 %).

« En grande distribution, sur 2024, la baisse des ventes de porc bio était encore significative. » indique Antoine Roinsard. Sur les trois premiers trimestres 2025, la baisse a été moins abrupte que les années précédentes, mais les ventes ont toutefois reculé de 3,1 % en volume. Ce repli a été induit par la réduction des référencements en rayon. En moyenne les GMS sont passé de neuf références de porc bio en 2021à cinq références en moyenne en 2025. « Sur la fin d’année 2025, une reprise a été observée sur les ventes de porc bio en GMS. On se rapproche de la fin de la baisse de consommation » affirme Antoine Roinsard, qui poursuit : « Il faut que la consommation reprenne pour encourager les GMS à remettre plus de références en rayon. »
Un « vrai redémarrage » pour le porc en magasin bio spécialisé
À l’inverse de la grande distribution, les magasins spécialisés bio enregistrent un net regain de dynamisme. La consommation de charcuterie y progresse également, portée par une hausse de la fréquentation et par un repositionnement tarifaire plus favorable. Au premier semestre 2025, les ventes en magasins bio progressent de 11,8 % en valeur pour la viande fraîche et les produits transformés. Par rapport à 2024, l’inflation est limitée à 1 %, traduisant une hausse des volumes.
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La production de porc bio en repli pour mieux se consolider
Entre 2022 et 2024, le cheptel de porc bio a reculé de 17 % et les abattages ont chuté de 35,5 %. « On était monté jusqu'à 280 000 porcs en 2021, Aujourd’hui, on est autour de 180 000 en 2024. Sur 2025, on devrait rester proche de ce niveau », informe Antoine Roinsard. Déjà en août 2025, les abattages de porc bio ont progressé de 2 % par rapport à août 2024, selon Agreste. C’est un premier signal vers la fin de la réduction de la production française. D’après l’Agence bio ce recul de la production a permis de rétablir un certain équilibre dans la filière.
| Années | Abattages en têtes de porc |
|---|---|
| 2021 | 180 084 |
| 2022 | 213017 |
| 2023 | 278234 |
| 2024 | 282637 |
| Evolution 24/23 | 15,50% |
| Evolution 23/22 | -23,40% |
Aucun déclassement de porc bio en 2025
« En 2024, ils avaient déjà été réduits. Désormais, il n'y a plus de déclassement de porc bio » », poursuit le délégué.
Durant la crise de ces dernières années, de nombreux porcs bio avaient été déclassés en conventionnel, faute de débouchés, ce qui avait fortement pesé sur le prix moyen.
« Actuellement, le prix de vente en porc bio est beaucoup plus rémunérateur que sur les grosses années de crise entre 2022-2023. » souligne-t-il.
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Des perspectives plus radieuses pour le porc bio en 2026
« On espère que 2026 sera l'année d'une réelle reprise, au moins de l’arrêt de la baisse de la consommation. » envisage le délégué de Forébio. Selon lui, il faudra chercher à consolider les ventes dans certains segments en croissance, en particulier en magasins bio spécialisés. La restauration hors domicile est également un débouché à explorer davantage, compte tenu des prescriptions de la loi Egalim qui impose un minimum de 20 % de produits bio en restauration collective. Ce secteur représente un potentiel pour mieux valoriser la longe de porc bio et améliorer l’équilibre carcasse.
