Aller au contenu principal

Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte contraction. Pour Antoine Roinsard, Délégué général de Forébio, 2026 pourrait marquer la fin de la baisse en porc bio.

porc en élevage bio
La filière porc bio a gagné en dynamisme sur l'année 2025.
© Dominique Poilvet

« La consommation de porc bio ne remonte pas en volume. Pour l’instant on n’est pas sur un redémarrage, mais plutôt sur une fin de baisse de la consommation  » indique Antoine Roinsard, délégué général de la Fédération des organisations économiques bio (Forébio), lors d’un échange avec Les Marchés.

 En 2024, les ventes de porc bio ont baissé de 0,4 % par rapport à 2023. 

La charcuterie reste le principal débouché du porc bio 

En cumul annuel mobile à fin septembre 2025, les achats de charcuterie BIO ont reculé de -5% en GMS par rapport à septembre 2024. Cette baisse est de -12% en valeur, en lien avec une baisse de prix à la consommation. Ceux de viande porcine fraîche (essentiellement saucisserie) ont baissé de -16 % en volume d’après Circana..

Les exceptions sont le jambon cuit dont les achats ont progressé de 3,8 % en volume. Les rôtis de porcs et autres salaisons ont enregistré également une hausse inhabituelle de 2,2 %.  Le jambon et les lardons sont les produits les plus vendus de la catégorie. « En GMS, la charcuterie représente près de 90 % des ventes, contre seulement 10 % pour la viande fraîche de porc bio » précise Antoine Roinsard. 

Lire aussi : Bio : comment s'adapte la distribution spécialisée au recul de l’offre française ? 

La longe, une partie moins valorisée du porc bio

En produits de charcuterie, la longe se valorise en rôtis cuits et bacons principalement, mais les volumes sont faibles. Elle trouve davantage de débouchés en frais. Compte tenu des volumes limités de ventes, cette partie en porc bio est encore faiblement valorisée. 

Des ventes hétérogènes de porc bio selon les distributeurs

La grande distribution est le débouché principal du porc bio (38 %), devant les magasins bio spécialisés (24 %).

 

Répartition de la distribution du porc bio (Diagramme circulaire)

 

« En grande distribution, sur 2024, la baisse des ventes de porc bio était encore significative. » indique Antoine Roinsard. Ce repli a été induit par la réduction des référencements en rayon. En moyenne les GMS sont passé de neuf références de porc bio en 2021à cinq références en moyenne en 2025. « Sur la fin d’année 2025, une reprise a été observée sur les ventes de porc bio en GMS. On se rapproche de la fin de la baisse de consommation » affirme Antoine Roinsard, qui poursuit  : « Il faut que la consommation reprenne pour encourager les GMS à remettre plus de références en rayon et entraîner un cycle vertueux. »

Un « vrai redémarrage » pour le porc en magasin bio spécialisé

À l’inverse de la grande distribution, les magasins spécialisés bio enregistrent un regain de dynamisme. La consommation de charcuterie y progresse   également, portée par une hausse de la fréquentation et par un repositionnement tarifaire plus favorable.  Au premier semestre 2025, les ventes en magasins bio progressent de 11,8 % en valeur pour la viande fraîche et les produits transformés. Par rapport à 2024, l’inflation est limitée à 1 %, traduisant une hausse des volumes.

Lire aussi : Le bio retourne dans le vert au mois d’octobre 

La production de porc bio en repli pour mieux se consolider

Entre 2022 et 2024, les abattages de porc bio  ont chuté de 35,5 %.  « On était monté jusqu'à 280 000 porcs en 2021, Aujourd’hui, on est autour de 180 000 en 2024.  Sur 2025, on devrait rester proche de ce niveau », informe Antoine RoinsardD’après l’Agence bio ce recul de la production a permis de rétablir un certain équilibre dans la filière.

Evolution des abattages de porc bio entre 2021 et 2024 ( par têtes de porc abattus)
AnnéesAbattages en têtes de porc
2021180 084
2022213017
2023278234
2024282637
Evolution 24/2315,50%
Evolution 23/22-23,40%

Moins de déclassement de porc bio en 2025

 « En 2024, ils avaient déjà été fortement réduits. Désormais, il n'y en a presque plus de déclassement de porc bio » , poursuit le délégué.

Durant la crise de ces dernières années, de nombreux porcs bio avaient été déclassés en conventionnel, faute de débouchés, ce qui avait fortement pesé sur le prix moyen payé aux producteurs.
« Actuellement, le prix de vente en porc bio est plus rémunérateur que sur les grosses années de crise entre 2022-2023. » souligne-t-il. 

Lire aussi : Les prix du porc sous pression en Europe par crainte d’un afflux de viande espagnole 

Des perspectives plus radieuses pour le porc bio en 2026

« On espère que 2026 sera l'année d'unereprise, au moins de l’arrêt de la baisse de la consommation. Mais il faut rester très prudent car le marché est réduit.  » envisage le délégué de Forébio. Selon lui, il faudra chercher à consolider les ventes dans certains segments en croissance, en particulier en magasins bio spécialisés et observer de près les évolutions en GMS . La restauration hors domicile est également un débouché à explorer davantage, compte tenu des prescriptions de la loi Egalim qui impose un minimum de 20 % de produits bio en restauration collective. Ce secteur représente un potentiel pour mieux valoriser la longe de porc bio et améliorer l’équilibre carcasse. 

Evolution des ventes de charcuterie bio et non bio en valeur en GMS (Barres séparées)

 

Les plus lus

Des camions brulés dans un incendie
Porc : incendie de la flotte de camions de l’abattoir Paris Terroirs à Houdan

Ce week-end de Pâques, Cooperl a perdu ses camions frigorifiques de l’abattoir de Houdan, dernier abattoir porcin d’ile de…

sept personnes
Porc : les premiers abats blancs français arrivent en Chine

La France a obtenu après de longues négociations l’agrément pour exporter des abats blancs en Chine. Les premiers conteneurs…

viande emballée en usine
Viande bovine : qu’importe et qu’exporte l’Allemagne ?

L’Allemagne est très intégrée dans les échanges communautaires de viande bovine. Elle importe notamment 40 % de sa…

carcasse de bovins en boucherie
Viande rouge : les abattoirs s’alarment d’une forte baisse de la consommation

Les opérateurs de l’abattage-découpe s’alarment d’une chute des commandes de viande bovine et de veau depuis trois mois, qui s…

Flocons bruns en gros plan
Tourteau de soja : la France pourrait couvrir 40 % de ses besoins en non OGM en 2032

Le tourteau de soja français gagne en compétitivité alors que le règlement européen contre la déforestation renchérit les…

oeuf cassé par une machine industrielle
Les prix des œufs pour la casserie reculent avant le férié

L’évolution des prix des œufs français, au 23 avril 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie chaque semaine la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio