Aller au contenu principal

L’avis d’un grossiste en viandes sur le Min de Nantes
Mikaël Cadio : « Les abatteurs se sont aussi adaptés à un marché sans RHD »

Mickaël Cadio, président-directeur général du groupe de La Maison Berjac. © Cadegau
Mickaël Cadio, président-directeur général du groupe de La Maison Berjac.
© Cadegau

Les Marchés Hebdo : Quel est votre marché et comment vivez-vous la reprise de la restauration commerciale ?

Mikaël Cadio : La Maison Berjac a une salle de découpe et fournit presque exclusivement la restauration commerciale dans la région de Nantes et ses environs en viandes (bœuf, veau, porc, agneau, volailles…) fraîches. Pendant sept mois, nous avons fonctionné à 30 % de notre activité, auprès des restaurateurs faisant de la vente à emporter, des poissonniers et des bouchers, charcutiers, traiteurs. La reprise se passe très bien depuis le 19 mai. Nos clients sont toujours en place et 75 % d’entre eux ont ouvert, dans un premier temps, leur terrasse. Nous avons retrouvé 80 % de notre activité, malgré les variations de météo et les capacités d’accueil limitées. Nous avons la chance d’être dans une région dynamique, et la fréquentation est très bonne… Le consommateur final attendait avec impatience la réouverture.

LMH : Que commandent les restaurateurs ? Et quelles difficultés d’approvisionnement éprouvez-vous ?

M. C. : Les habitudes sont restées. Les restaurateurs commandent les habituelles pièces dans cette saison pré-estivale. Des entrecôtes, des côtes, des onglets… Mais on sent bien depuis quinze jours que les fournisseurs ont du mal à fournir ce qu’on leur commande. Il y a une pénurie dans tous les morceaux de l’aloyau, les entrecôtes, côtes, filets, un peu moins sur le faux-filet qui est peu consommé en GMS, et aussi une pénurie en onglets, très prisés en restauration. La viande bovine, c’est un gros paquebot qui met du temps à freiner et du temps à démarrer. Le fait est que les abatteurs se sont aussi adaptés à un marché sans RHD. Il y a aussi l’effet burger, qui tire sur le steak haché. Les abatteurs ont un équilibre à retrouver. Je pense que la situation reviendra à la normale en octobre.

LMH : Compensez-vous le manque de pièces à griller auprès d’opérateurs européens ?

M. C. : Naturellement. Nous importons exclusivement d’Europe, sauf pour des viandes très spécifiques comme la Black Angus que je fais venir des États-Unis et le wagyu du Japon. Je travaillais beaucoup avec l’Irlande, mais à cause des formalités du Brexit, il y a un engorgement au tunnel sous la Manche ; j’ai perdu en délais, ce qui augmente un peu mes frais de livraison. J’importe aussi d’Allemagne et de Belgique. Notre priorité reste les produits français et de plus en plus le local.

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde visant à protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

porc en élevage bio
Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio