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Le Sud-Ouest se tourne vers le poulet standard pour concurrencer les importations

La France reste confrontée à la hausse des importations de poulets standards, qui représentent désormais un poulet sur deux. Pour renforcer la souveraineté alimentaire, les coopératives du Sud-Ouest misent sur le développement de nouveaux bâtiments, afin de proposer un poulet abordable et conforme aux standards de qualité français.

Poules standard dans un poulailler automatisé
D'ici 2030, les offres de poulets standard français seront plus nombreuses sur le marché intérieure.
© Catherine Takougang

Même si la production française de poulet a augmenté de 2,4 % au premier semestre 2025 comparé à la même période de 2024, les importations progressaient de 5,8 % sur cette période. Ce qui grignote à nouveau le taux d’auto-approvisionnement, passé à 76,9% contre 79,2% sur l’ensemble de l’année 2024. 

Le poulet importé est surtout destiné à la RHD 

Parmi les produits les plus importés, les filets et les préparations, respectivement en hausse de 8,4% et 14,1 % sur la période. Ces deux types de produits sont très utilisés par les professionnels de la RHD et les industries agroalimentaires. Ainsi, la croissance des importations de poulets de ces dernières années est directement liée à la hausse de la part de la RHD dans la consommation. 

Lire aussi : Volaille : où l’Ukraine dirige-t-elle ses exportations en 2025 ? 

La filière du Sud-Ouest se mobilise pour faire barrage aux importations

La filière volaille de chair se mobilise pour enrayer les importations de poulets standard. L’Anvol avait annoncé en fin d’année dernière, un plan de construction de 400 poulaillers sur répartis sur les cinq prochaines années, au rythme de 80 nouveaux poulaillers par an. Ainsi « la France pourrait réduire de 20% ses importations » selon Yann Nedelec, directeur de l’Anvol.

« la France pourrait réduire de 20% ses importations »

Pour y répondre, les coopératives du Sud-Ouest, encouragent leurs éleveurs adhérents à investir dans des bâtiments de production de poulet standard.  

590 000 € pour un poulailler

Pour un projet de construction de poulailler de volaille standard, une éleveuse adhérente de la coopérative Vivadour, Élisabeth Chaves, a investi 590 000 € dans un bâtiment de 1 500 m², capable de produire 200 000 poulets par an, destinés à la découpe et à la préparation de plats cuisinés. Les travaux, qui ont duré deux ans, ont été soutenus par la Région, qui a accordé une aide de 45 000 € et pris en charge une partie du prêt bancaire étalé sur 20 ans. La coopérative Vivadour a également accompagné l’éleveuse sur le plan technique et financier. L’agricultrice souligne n’avoir rencontré aucune opposition locale à son projet, ce qui a facilité sa construction et sa mise en route.

Lire aussi : Volailles : l’origine France se renforce dans les rayons 

Vivadour et Maisadour comptent multiplier les poulaillers dans le Sud-Ouest

Sensibilisés par l’appel à la souveraineté alimentaire lancé par Emmanuel Macron, les coopératives du Sud-Ouest ont décidé dès cette année d’investir dans le développement de bâtiments de production de poulets standard automatisée, tout en respectant un cahier de charge français. Une solution qui permet de répondre à un besoin de « poulet du quotidien », accessible. Selon Yann Nedelec, directeur de l’interprofession Anvol « Ces élevages permettent de manger sain, bon, pas cher et français. » 

D’ici 2030, Maisadour compte construire 15 nouveaux poulaillers standards

Maisadour dont le cœur de métier est la volaille Label Rouge, compte ainsi développer sa gamme de poulet standard, « Poulet d’ici » lancée depuis cinq ans, qui constitue pour l’instant 20 % de sa production totale contre 80 % pour du poulet labélisé. « Il faut investir dans le poulet standard. C’est sur ce segment que se concentre la consommation, et c’est aussi celui qui progresse le plus sur le marché. » affirme le directeur de Maisadour distribution, Nicolas Guilhot, au cours du voyage de presse Anvol. En effet, aujourd’hui la France consomme 2,16 millions de tonnes de volailles, dont 78,7% de poulet. 

«Il faut investir dans le poulet standard.»

Maisadour compte ainsi financer d’ici 2030, 15 bâtiments de 1350 m², qui permettrait de fournir au marché régional du Sud-Ouest près de 3,2 millions de volailles de type standards. L’objectif est de saturer son outil d’abattage à Condom (32), dédié uniquement aux poulets standards, dont la capacité n’est utilisée qu’à 65 % pour l’instant.  

Une aide financière pour recruter davantage d’éleveurs 

La coopérative compte aider financièrement ses adhérents à implanter des bâtiments grâce à une aide directe à la signature de la convention de minimum 10 000 euros et un accompagnement du projet de développement. Le but : motiver les éleveurs à rester dans la profession et recruter de nouveaux exploitants, afin de pérenniser la profession dans la région.  « Dans les Landes, on a perdu 25 % des éleveurs entre 2015 et 2024, tous découragés par les nombreuses pertes liées à la grippe aviaire» indique Davy Triculet, le directeur d’exploitation de la coopérative.  

« Dans les Landes, on a perdu 25 % des éleveurs entre 2015 et 2024, tous découragés par les nombreuses pertes liées à la grippe aviaire» 

3 à 5 nouveaux poulaillers par an pour Vivadour

« Le groupe Vivadour s’engage à construire entre trois à cinq bâtiments de production de poulets standards chaque année. D’ici Pâques 2026, il y en aura trois en activité», annonce Delphin Guillaumey, directeur de la production avicole chez Vivadour. Le groupe prévoit également de soutenir financièrement ses adhérents dans la construction de nouveaux poulaillers. « Cette démarche s’inscrit dans le plan des 400 poulaillers de l’Anvol » indique Yann Nedelec.

Lire aussi : Poulet : la consommation bondit de 24 % en 5 ans, la production ne suit pas 

En juin 2025, la Coopérative Maisadour a annoncé prévoir investir 7,5 millions d’euros pour favoriser la construction de nouveaux bâtiments, soutenir concrètement ses éleveurs et encourager la production de volailles. L’objectif est de créer d’ici 2030 : 

- 150 cabanes de volailles liberté et 50 bâtiments de volailles plein air, pour la production de 1,05 million de nouvelles volailles labélisées.

-  15 bâtiments de poulets standard, pour produire 3 millions de « volailles de quotidien ».

 

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