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Filière
La volaille française face aux paradoxes du consommateur

Incohérence entre attentes des citoyens et achat des consommateurs, voilà ce que constataient plusieurs professionnels de la filière volaille lors de la conférence de presse d’Anvol le mercredi 7 octobre 2020.

Le prix d'achat dirige souvent le choix du consommateur quoi qu'il déclare. © JC Gutner
Le prix d'achat dirige souvent le choix du consommateur quoi qu'il déclare.
© JC Gutner

Bien-être animal, systèmes d’élevage moins denses, plus soucieux de l’environnement et aliments plus sains ; les débats citoyens autour de l’élevage se multiplient ces dernières années. Or lorsque arrive le moment de passer en caisse, le prix dirige souvent le choix du consommateur.

Ainsi, le poulet standard pèse toujours lourd, représentant 66 % de parts de marché. « La filière répond aux consommateurs, souvent attirés par les prix bas », explique Jean-Michel Schaeffer, président de l’interprofession des volailles de chair (Anvol). « On essaie au mieux d’intégrer les attentes des citoyens tout en considérant le pouvoir d’achat des consommateurs ; nous allons donc continuer de développer le standard, mais en améliorant les bâtiments et les pratiques d’élevage », poursuit-il.

Le poulet standard, le plus consommé

Si les démarches de qualité sont plébiscitées sur les poulets entiers achetés en magasins, le poulet standard reste le plus acheté, notamment quand il s’agit des découpes qui tirent les ventes. Dans le secteur de la restauration hors domicile (RHD) ou des produits transformés, le poulet standard domine également les approvisionnements. Par ailleurs, la consommation en RHD croît fortement ces dernières années (avant la période Covid-19) et la concurrence demeure rude avec les volailles moins chères qui viennent d’autres horizons. En 2019, près de 45 % des poulets consommés en France provenaient de l’étranger contre 25 % en 2000. « Proposer des volailles françaises accessibles permettrait de lutter contre ces importations mais il faudra également un étiquetage généralisé de l’origine des volailles pour tous les circuits et un soutien financier dans le cadre du plan de relance pour accélérer la transformation », estime l’interprofession.

Un repli conjoncturel des importations

L’année 2020 aura été atypique, marquée par la crise sanitaire liée au coronavirus qui a freiné la demande en RHD et perturbé les échanges, notamment avec la Pologne. Les importations de viande et préparations de volaille ont ainsi reculé de 15,3 % sur un an en cumul des sept premiers mois. « On ne va pas crier cocorico ; je vous rassure, les importations ont déjà repris », s’exclame Jean-Yves Ménard, président du Comité interprofessionnel du poulet de chair. D’autant plus que les lourds stocks et les fortes baisses de prix du poulet polonais pourraient compliquer la situation.

Si l’interprofession s’attend à une progression de la consommation à domicile de 5,9 % cette année, la chute des commandes en RHD entraînerait une baisse de 1,1 % de la consommation globale de volaille de chair. En effet, les plus petites filières ont été fortement fragilisées par la perte de leurs débouchés en RHD. Ainsi, le canard à rôtir connaît une baisse d’environ 30 % de son chiffre d’affaires tandis que la pérennité de la filière pintade se voit menacée par d’importants stocks. En revanche, le poulet, la volaille la plus sollicitée en France, s’en sort avec une consommation qui devrait se maintenir (+0,1 %).

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