Foie gras : « Nous avons eu une année tout à fait satisfaisante »
La production de foie gras se stabilise en France, et les ventes progressent en magasin comme en restauration. Mais celles-ci restent en dessous des niveaux d’avant le pic de la crise influenza aviaire de 2021.
La production de foie gras se stabilise en France, et les ventes progressent en magasin comme en restauration. Mais celles-ci restent en dessous des niveaux d’avant le pic de la crise influenza aviaire de 2021.
Dans un environnement toujours marqué par la persistance de l’influenza aviaire, « nous avons eu une année tout à fait satisfaisante », a déclaré Fabien Chevalier, président du Cifog, lors d’une conférence de l’interprofession le 30 mars.
En magasin, les ventes de foie gras progressent
Près de 11 millions de foyers français ont acheté du foie gras, soit une hausse de 1,9 % par rapport à 2024. Les achats des ménages augmentent de 6,9 % en volumes et 3 % en valeur sur l’ensemble de l’année 2025.
«Les enseignes discounts, EDM, ont loupé leur saison festive en 2025.»
La saison festive s’est montré plus mitigée pour tous les produits festifs traditionnels avec un repli de 5,4% en volumes en hyper et supermarchés. « Les enseignes discounts, EDM, ont loupé leur saison festive en 2025. Ils n’ont pas mis de foie gras en rayon » indique un représentant du Cifog.
Selon le Cifog, le succès du foie gras peut être largement amplifié avec une meilleure anticipation de la saison festive en magasin.
Par ailleurs, le magret confirme son succès en magasin, avec des volumes en hausse de 17 % en 2025 par rapport à 2022.
| 2024 | 2025 | |
| Taux de ménages acheteurs | 36,80% | 37,30% |
| Quantités moyennes achetées dans l'année | 450 g | 470 g |
| Nombre moyen d'achats dans l'année | 1,56 | 1,63 |
| Somme dépensée par achat | 21,20 € | 20,50 € |
Des animations pour renforcer les ventes du festif de 2026
Le Cifog prévoit de relancer son opération nationale « Le Comptoir du Canard ». Cette animation pré-festive avait généré près de 4 millions d’euros de chiffre d’affaires additionnel lors des précédentes éditions.
L’objectif est de tester le dispositif auprès d’une dizaine d’enseignes volontaires avant un déploiement à plus grande échelle. « Selon l’étude Circana, les consommateurs attendent de goûter avant d’acheter. Cette opération répond directement à cette attente », souligne Perrine Attard, responsable marketing du Cifog.
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Les restaurateurs renouent avec le foie gras
Les achats de foie gras cru et prêt à consommer en restauration progressent de 0,8 % sur un an et bondissent de 43,2 % par rapport à 2022, période où la crise d’influenza aviaire était au plus haut. « Mais il reste du chemin à parcourir pour retrouver les niveaux de 2019 en restauration », souligne la filière.
Il manque encore près d’un million de tonnes de foie gras cru et préparé pour retrouver les volumes d’avant Covid, où environ 3,6 millions de tonnes étaient consommées en restauration hors domicile.
Avec le retour de l’offre française, le foie gras cru regagne plus rapidement du terrain en restauration. Ses achats progressent de 10,7 % entre 2024 et 2025 et représentent désormais 76 % des volumes, contre 24 % pour le foie gras transformé.
Les autres produits suivent une dynamique similaire. Les achats de magret en restauration augmentent de 26,3 %, tandis que ceux de confit progressent de 22,3 %. Malgré cette reprise, les volumes restent inférieurs à ceux de 2019, avec un recul de 15 % pour le magret et de 27 % pour le confit.
Une production plombée par l’influenza aviaire
L’offre de foie gras s’est stabilisée à 16 827 tonnes en 2025, soit + 0,5 % par rapport à 2024. Entre août 2025 et mars 2026, 121 foyers d’influenza aviaire (IAHP) ont été recensés dans les élevages de volailles de l’Hexagone. La filière foie gras a été particulièrement touchée, avec 262 550 oiseaux abattus, contre près de 1,77 million pour l’ensemble de la filière avicole. Au total, les pertes pour la filière foie gras sont estimées à plus de 22 millions d’euros. Dans ce contexte, le Cifog appelle l’État à respecter ses engagements de compensation, annoncés à hauteur de 90 % des pertes.
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La stratégie vaccinale française s’étend à d’autres pays
« La stratégie vaccinale française, pionnière en Europe, a démontré son efficacité. Face à la recrudescence de la maladie, plusieurs pays comme le Royaume-Uni, l’Italie ou encore les Pays-Bas envisagent désormais de suivre cette voie. » souligne la directrice adjointe du Cifog, Marie Laborde.
Un coût de la vaccination difficile à supporter dans son entièreté
« Nous appelons l’État à maintenir son accompagnement à hauteur de 40 % de la vaccination à partir d’octobre 2026.»
Mais ce choix a un coût : « La filière ne peut pas prendre en charge la totalité des coûts liés à la vaccination », alerte Marie Laborde en évoquant la hausse des charges en énergie et transport, mais également les nouveaux coûts liés au sexage dans l’œuf.
« Nous appelons l’État à maintenir son accompagnement à hauteur de 40 % de la vaccination à partir d’octobre 2026. À ce stade, aucun engagement n’a été pris. Cet appui est indispensable pour garantir une mobilisation collective pour vacciner correctement. D’autant qu’elle bénéficie à l’ensemble des filières avicoles, elle ne peut pas être assumée uniquement par les filières canard » annonce notre interlocutrice.