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Produits bios
Ekibio fier de sa capacité à s’adapter à la crise

Anticipation sur les matières premières, organisation du travail, primes aux salariés présents sur sites… Thierry Chiesa, directeur général d’Ekibio, raconte avec fierté comment la PME s’est adaptée à la pandémie du Covid-19.

Thierry Chiesa
Thierry Chiesa, directeur général d’Ekibio.
© DR

Fabricant de produits alimentaires biologiques, Ekibio bénéficie depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19 d’une envolée de ses ventes. « Nos pâtes ont vu leurs ventes progresser de 52 % en mars et celles de la filière 100 % France de 70 %, nos riz ont crû de 80 %, la farine de 100 %, notre marque Pain des fleurs a augmenté de 50 % », énumère Thierry Chiesa, directeur général d’Ekibio (100 M€ de CA en 2019, 180 salariés). Les ventes ont dans l’ensemble crû de 35 % pour le groupe, de 55 % pour la marque Priméal ou encore 60 % pour Ma vie sans gluten, en mars. « En avril, c’est encore plus », confie le directeur.

Dès début février, Thierry Chiesa se dit que la crise du coronavirus affectant alors la Chine pourrait bien toucher la France. « Je passe la consigne mi-février de se couvrir en matières premières jusqu’à fin avril (contre un mois de stock habituellement, ndlr) », raconte-t-il. Une bonne intuition. Ekibio s'organise aussi vite en télétravail pour 90 de ses salariés.

Deux équipes de picking le matin, une de nuit et une le samedi

« Ensuite, on a dû gérer le pic de demandes », poursuit Thierry Chiesa. Une cellule de crise est mise en place. Production et logistique sont vite montés en puissance. Ekibio passe ses trois sites – Peaugres (Ardèche), Chasse-sur-Rhône (Isère) et Séauve-sur-Semène (Haute-Loire) – en 3x8 durant tout le mois d’avril. Avec un taux d’absentéisme de 10 %, il est nécessaire d’embaucher 8 personnes pour atteindre un effectif de 18 personnes sur la production de pâtes, dont l’assortiment est resserré. « Pour la logistique, cela a été plus complexe, nous avons mis en place deux équipes de picking le matin, une de nuit et une le samedi. Même le lundi de Pâques, on a travaillé », explique Thierry Chiesa. La PME a recours aux heures supplémentaires et l’équipe est renforcée de 17 personnes.

Prime d’assiduité et fonds de solidarité

Pour mettre en place cette organisation, Thierry Chiesa n’hésite pas à échanger très tôt avec ses fournisseurs et des confrères italiens exerçant dans la production de pâtes. « Cela nous a permis d’aller plus vite et de ne pas oublier des mesures », souligne-t-il. Des réunions avec les élus du CSE se tiennent deux fois par semaine pour adapter les conditions de travail (adapter les temps de pause, mise en place de la signalétique de sécurité…). Pour les salariés confinés des tutos sont envoyés pour expliquer la bonne position à prendre chez soi, de la sophrologie est mise en place à distance. « Nous avons créé un fonds de solidarité : une dotation de 20 000 euros a été donnée au CSE pour accompagner les foyers de salariés en difficulté », rapporte Thierry Chiesa.

Une prime d’assiduité aux 90 salariés présents sur sites de 100 euros par semaine plus 30 euros de bons d’achat sur les magasins d’usine a aussi été décidée. « Je suis très fier de ce que l’on a pu mettre en place », commente le dirigeant qui estime que « le confinement a sûrement été plus facile à gérer que le déconfinement ».

À partir du 18 mai, Ekibio déconfinera ses salariés par vague de 35 personnes en rotation sur la semaine. Ils seront accueillis par petits groupes de 6 avec un kit comprenant masque et gel et une formation sur les mesures de sécurité.

La filière locale est « un plus »

Face à la ruée des Français sur les pâtes, certains distributeurs qui s’approvisionnaient auprès des Italiens ont eu besoin de dépannage au début du confinement. Et ils se sont notamment tournés vers Ekibio. « Ils ont découvert l’intérêt d’avoir une filière locale, on a répondu à leurs attentes », se félicite Thierry Chiesa, persuadé que cette crise va entraîner une vraie prise de conscience sur la nécessité d’avoir un achat plus responsable. Actuellement en discussion avec ses producteurs de blé dur français, Ekibio envisage d’ailleurs de doubler ses volumes sur cette filière dès l’an prochain.

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