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COMMERCE
RHD : Contexte favorable pour les volailles françaises

Les prix de la volaille importée augmentent au moment où la restauration commerciale reprend. Éleveurs, industriels et grossistes feront de leur mieux en attendant le décret sur l’origine.

Le Comité interprofessionnel de la pintade conseille aux restaurateurs de cuisiner l'ensemble de la carcasse pour mieux supporter la hausse de prix due aux matières premières. © CIP
Le Comité interprofessionnel de la pintade conseille aux restaurateurs de cuisiner l'ensemble de la carcasse pour mieux supporter la hausse de prix due aux matières premières.
© CIP

Les stocks de viandes de volaille surgelées se sont bien résorbés au cours des derniers mois, hormis en dinde, apprend-on auprès de l’Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair (Anvol), face au marché ralenti de la restauration collective. Dans le cas des filières du canard à rôtir et de la pintade, tributaires de la restauration commerciale, les stocks ont reculé du fait de la diminution des mises en place. Le potentiel de reprise du canard à rôtir a même été entamé par la baisse des cheptels reproducteurs. « Les éleveurs produisent sous contrat, mais ce sont eux qui supportent la réduction des mises en place », souligne Anne Richard, directrice de l’Anvol.

Tiraillement entre GMS et RHD

Alors que la restauration commerciale reprend, les industriels de la volaille sont tiraillés entre la grande distribution qui continue de commander activement – certaines enseignes mettant bien en avant la volaille française – et les grossistes qui fournissent les restaurateurs. « Le tuyau est en train de se reremplir, illustre Roland Tonarelli, directeur général de la Société bretonne de volaille (SBV). La restauration commande depuis une quinzaine de jours, mais il faut soixante jours pour élever un poulet. » Or, il y a deux mois, les importations de viandes de poulet battaient leur plein.

L’écart de prix avec les importations se réduit

Les tonnages de poulets importés en mars 2021 sont nettement supérieurs à ceux de mars 2020 qui reflétait le coup d’arrêt du premier confinement à cause du coronavirus. À l’Anvol, on constate qu’ils sont ni plus ni moins du niveau des années 2018 et 2019.

La confrontation entre poulets importés et poulet français pourrait tourner à l’avantage de ce dernier. « Les prix de l’import augmentent fortement, constate Roland Tonarelli. C’est l’effet de l’influenza aviaire sur la dinde et le poulet en Europe. L’écart de prix se réduit et si l’on revient à l’écart de 2018, quand le poulet français était à une dizaine de pourcents au-dessus, il sera plus facile de faire valoir l’origine française. »

Offensive de la pintade envers les restaurateurs

Le suprême de pintade, un grand classique des belles cartes, est forcément d’origine française puisque la France représente 80 % de la production mondiale de pintades. Le Comité interprofessionnel de la pintade (CIP) a anticipé la reprise de la restauration par la reprise de la production (les mises en place s’étaient réduites de 15 %) et une communication active auprès des réseaux professionnels. La RHD représente 40 % des ventes de pintades, et le CIP a bien entendu l’injonction d’Emmanuel Macron aux Français de privilégier des vacances françaises. « Il serait naturel que le consommateur, qui attachait de l’importance au local dans ses achats, en fasse de même en restauration », estime Jean-Louis Zwick, président du CIP. Pour mieux faire accepter aux restaurateurs le prix (déjà 6 à 8 % de hausse ce printemps du fait des matières premières), le CIP recommande de cuisiner l’ensemble de la carcasse.

L’ensemble des filières de volailles attend le décret qui fera entrer en application l’obligation d’informer sur l’origine de toutes viandes quand elles sont préparées sur place.

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