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Bovins
Abats : import en baisse, export compliqué

La fermeture des frontières russes aux exportations européennes d’abats a porté un coup au marché, notamment pour les foies et cœurs de bœuf.

Les abats peuvent représenter une valorisation de 80 € par bovin pour les abattoirs, selon une estimation de FranceAgriMer en 2013.
© Virginie Pinson

Les importations françaises d’abats de l’espèce bovine ont reculé de 5,8 % en volume en 2017. En cause, une consommation des ménages qui tend à se tasser. La France importe principalement des langues de bœuf et des foies de veau, pour compléter une offre intérieure à peine suffisante pour ces produits. Les abats importés proviennent principalement des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Espagne et d’Irlande, et ils affichent des prix plus compétitifs que les produits français. La saisonnalité de la demande nécessite aussi ce recours aux importations, la consommation de queue de bœuf reste ainsi très hivernale. Pour les grandes surfaces, le recours aux importations permet en outre d’organiser des opérations promotionnelles à grande échelle, difficilement réalisables avec des produits français, comme le foie de veau ou la langue de bœuf.

Foies et cœurs : marché engorgé faute de Russie

La Russie est un client traditionnel de la France pour les abats de gros bovins, notamment le foie et le cœur. En 2016, ce pays a ainsi acheté 1 522 tonnes équivalent carcasse (téc) d’abats de bovin, hors onglet et hampe, selon FranceAgriMer, soit près de 8 % de nos envois aux pays tiers et 3,6 % des envois totaux. En valeur, c’est 8,5 % des envois aux pays tiers (1,595 million d’euros).

Or, un décret russe publié le 25 octobre 2017 a étendu l’embargo aux abats de toutes espèces, sous toutes les formes, ainsi qu’aux graisses animales. Ce qui a marqué un coup d’arrêt aux envois. En 2017, la Russie n’a donc importé que 860 téc d’abats de bovin, et en janvier 2018, aucun envoi n’a été effectué. Les quelques gros abattoirs français agréés pour l’exportation des abats vers la Russie ne bénéficient plus de ce débouché très rémunérateur. Ils orientent ces produits vers les marchés africains, beaucoup moins rémunérateurs. Alors que les prix pratiqués vers ces destinations étaient inférieurs à ceux du débouché russe, la pression de l’offre liée à la fermeture russe a contribué à faire baisser les prix.

Néanmoins, ces dernières semaines, les opérateurs notaient un petit regain d’activité vers l’Afrique. La baisse des abattages français limitait l’offre, tandis que les importateurs étaient aux achats, notamment en Côte d’Ivoire, anticipant un renforcement de la réglementation sanitaire.

L’Asie a toujours faim de coproduits

Si les marchés asiatiques recherchent des panses et feuillets, ce sont surtout les tendons qui sont demandés. Ce marché est en plein essor et les besoins, notamment chinois, sont galopants. Les prix progressent, notamment pour les ligaments du collier et du faux-filet, qui correspondent aux habitudes de consommation locales. Les envois vers Hong Kong ont progressé de plus de 29 % l’an dernier (4 408 téc). Mais ce sont surtout les abats de porcin qui sont appréciés en Chine. Selon l’Ifip, les ventes d’abats s’y sont maintenues en 2017 (+3 500 tonnes) à l’inverse de celles de viandes qui ont chuté (-18 500 tonnes).

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