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« Les entreprises vont améliorer la qualité nutritionnelle des charcuteries, parfois des recettes ancestrales »

Les entreprises adhérentes de la Fict poursuivent leur engagement pour produire des charcuteries plus nutritives. Celles-ci ont dévoilé la signature prochainement d’un nouvel accord collectif dont les initiatives seront déployées sur les cinq années à venir. La charcuterie française joue cette montée en gamme nutritionnelle pour se distinguer des produits importés. 

  Annie Genevard
La ministre Annie Genevard affirme qu’elle mettra à disposition son ministère pour aider à l’aboutissement des objectifs de cet accord collectif de la Fict.
© Catherine Takougang

 Les entreprises adhérentes de la Fict (fédération de des entreprises françaises de charcuterie et traiteur) ont décidé, ce 9 juin à Paris à l’occasion de son assise annuelle, de poursuivre leurs initiatives pour améliorer les qualités nutritionnelles des charcuteries qu’elles produisent. « On veut améliorer les qualités nutritionnelles des charcuteries pour qu’elles restent accessibles à la consommation de tous », explique Christiane Lambert durant son discours. Cet engagement concerne les industriels de la charcuterie mais aussi les charcutiers traiteurs (CNCT). 

Un nouvel accord collectif pour des charcuteries plus nutritives

Dans ce cadre, un projet d’accord collectif a été élaboré en partenariat avec la Direction Générale de l’Alimentation et la Direction Générale de la Santé et il est porté conjointement par les industriels et les artisans. « Un accord collectif, c’est la manière intelligente de faire évoluer les choses. Les taxes n’aident pas, elles peuvent même endommager la situation économique », ajoute Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire, qui soutient l’initiative. La signature officielle de cet accord est prévue pour le second semestre 2026. L’objectif est de poursuivre les efforts déjà menés par la profession en réduisant les teneurs en sel et en acides gras saturés de 5 % sur des familles spécifiques de charcuteries sur les cinq prochaines années.

Lire aussi : Consommation de viande : quel bilan du premier trimestre 2026 ? 

60% du marché de la charcuterie couvert par le nouvel accord

En tout, 60 % des volumes de charcuterie commercialisés en GMS et circuits spécialisés seront concernées par une amélioration nutritionnelle. La réduction des teneurs en sel concernera cinq familles de produits : le chorizo, les rillettes de porc, l’andouille et l’andouillette, les saucisses à pâte fine, les saucisses et saucissons cuits. Pour la réduction des teneurs en acides gras saturés elle se fera sur douze familles de produits couvrant 45 % du marché dont : les boudins, les jambons cru et cuits de porc et de volailles, les lardons, la poitrine de porc et la mousse de canard.

« Il ne s’agit pas simplement de modifier quelques recettes. C’est un véritable défi. Les entreprises vont améliorer la qualité nutritionnelle des charcuteries, qui sont parfois des recettes ancestrales tout en préservant goût et qualité sanitaire » explique Annie Genevard.

« Ces accords permettent une nouvelle distinction, mais ils doivent s’accompagner d’importants efforts de communication et d’information auprès des consommateurs et des collectivités pour valoriser les démarches engagées »,

Une nouvelle valeur ajoutée pour la charcuterie fabriquée en France

« Ces améliorations nutritionnelles, pour rappel, ne concernent pas les produits importés de charcuterie, qui représentent déjà une charcuterie sur cinq en rayon », rappelle Christiane Lambert, précisant que ces engagements s’appliquent uniquement aux produits portant le logo le porc français.

« Ces accords permettent une nouvelle distinction, mais ils doivent s’accompagner d’importants efforts de communication et d’information auprès des consommateurs et des collectivités pour valoriser les démarches engagées », ajoute-t-elle.

La FICT continue sa démarché de responsabilité

Ces accords collectifs viennent renforcer des actions déjà menées par la filière depuis plus de dix ans. Dès 2010, plusieurs engagements collectifs ont été pris pour améliorer la qualité nutritionnelle des produits. La signature des chartes PNNS (2010) et PNA (2013), conjointement par la CNCT et la FICT, a notamment permis des réductions de 5 % du sel et des lipides, ainsi que l’intégration de critères nutritionnels dans le Code des usages de la charcuterie.

Sur la période 2013-2020, ces efforts ont été confirmés par l’Observatoire OQALI en juin 2025, avec la réduction en moyenne de 4 % des teneurs en sel, 5 % en acides gras saturés et 6 % de matières grasses. Sur 30 ans, la teneur en matières grasses des charcuteries françaises a diminué de 30 %, tandis que la contribution de la charcuterie aux apports en sel est passée de 16 % à 7 % entre 2007 et 2016.

Par ailleurs le nombre d’additifs autorisés dans le Code des usages a été réduit à 90, contre 335 dans la réglementation européenne. Les teneurs en nitrites ont également été abaissées, et sont aujourd’hui 20 % inférieures aux seuils européens.

Lire aussi : « Dans le porc, l’intérêt pour une couverture du marché est particulièrement fort » pour Mikaël Delmas, fondateur de Quideos 

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