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Déforestation importée : la Commission européenne propose un an de délai

Sous pression interne et extérieure, notamment brésilienne, la Commission européenne recule et décale d'un an l'application du règlement novateur contre la déforestation importée. Entre soulagement des uns et inquiétudes des autres, les réactions du monde agricole sont contrastées. 

420 millions d'hectares de forêts, soit une superficie supérieure à celle de l'Union européenne, ont été perdus en raison de la déforestation entre 1990 et 2020
420 millions d'hectares de forêts, soit une superficie supérieure à celle de l'Union européenne, ont été perdus en raison de la déforestation entre 1990 et 2020 selon la FAO
© Isaac Quesada sur Unsplash

Avec Agra

Sous pression depuis des semaines, la Commission européenne a finalement présenté le 2 octobre une proposition visant à reporter de 12 mois l’entrée en vigueur du règlement pour lutter contre la déforestation importée. Sont concernés, huile de palme, bétail, viande bovine et cuir, soja, café, cacao et chocolat, pour l'alimentaire. 

Lire aussi : L’accord européen contre la déforestation en 7 questions

Un décalage au 30 décembre 2025

Cette nouvelle loi devait s’appliquer à partir du 30 décembre 2024, mais «compte tenu de son caractère novateur, du calendrier rapide et de la diversité des parties prenantes concernées», Bruxelles souhaite décaler son entrée en application au 30 décembre 2025 pour les grandes entreprises et au 30 juin 2026 pour les micro et petites entreprises. Cette proposition doit désormais être validée par les États membres et le Parlement européen.

Quelle méthodologie pour le risque de déforestation ?

Le même jour, la Commission a publié des documents d'orientation précisant les principes de la méthodologie qu'elle appliquera pour classer les pays comme présentant un risque faible, standard ou élevé de déforestation. De ce classement dépendra le niveau des obligations de contrôle imposées aux opérateurs. «Selon la méthodologie appliquée, une grande majorité de pays dans le monde seront classés comme à faible risque», assure Bruxelles. 

La FNB dénonce une Commission plus sensible aux partenaires mondiaux qu'aux éleveurs

Alors même que les négociations pour l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur s’accélèrent sous la pression de l'Allemagne et du Brésil, ce rétropédalage est très mal perçu par la FNB. D'autant plus qu'il pourrait s'agit d'un geste pour obliger le Brésil dans cette négociation. Ce alors même qu'il y a quelques semaines "L’administration européenne expliquait que, pour montrer l’exemple, les producteurs européens devraient mettre en œuvre une lourde procédure administrative, pourtant complétement inutile pour des zones non concernées par la déforestation, et refusait de simplifier les démarches pour ces pays" écrit la FNB dans un communiqué. 

 


 La Coopération agricole salue le délai

Du côté de l Coopération agricole, c'est plutôt du soulagement que cette annonce a engendré. "Les importateurs et fournisseurs avaient suspendu leurs cotations de tourteaux de soja, ingrédient clé pour l'alimentation des animaux dans toutes les filières, laissant les fabricants d'aliments pour animaux d'élevage dans une situation incertaine, avec des informations limitées sur les volumes disponibles" rappelle l'organisation représentative, mais précise, par communiqué, "que ce délai ne constitue en rien un renoncement aux engagements en faveur d'une alimentation animale et de filières « zéro déforestation » et durables, déjà en cours au sein de la filière".

 

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