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Charcuterie : un tiers des entreprises déficitaires, la Fict interpelle la GMS

L’étude de la Banque de France confirme la situation économique critique des entreprises de charcuterie, dont près d’un tiers sont déficitaires et qui voient leurs marges plonger.

Différentes charcuterie.
La Fict dénonce la situation économique alarmante des entreprises de la charcuterie en France et appelle notamment les distributeurs à s'impliquer dans le redressement de la filière porcine.
© Christina Victoria Craft

Les entreprises françaises de charcuterie ne sont pas parvenues à remonter la pente en 2023. Elles n’ont pas réussi « à répercuter suffisamment la forte augmentation des coûts de production ces deux dernières années (augmentation du prix du porc, de l’énergie, des salaires… », regrette la Fict dans un communiqué paru ce jour.

Lire aussi : Charcuterie-traiteur : trop de défaillances d’entreprises

Un taux de marge nette en baisse

En deux ans, le taux de marge nette des entreprises de charcuterie traiteur a affiché un recul de 65 % alors qu’il était « très faible en 2022 (1,1 %) ». En 2023, il a de nouveau reculé pour se situer à 0,9 % du chiffre d’affaires. En 2023, 30 % des entreprises enregistrent un résultat négatif, contre 25 % en 2022.

Lire aussi : « La marge nette des entreprises de charcuterie s’est effondrée »

Un appel aux distributeurs

« Alors que le rayon charcuterie est le rayon le plus rémunérateur pour les distributeurs, il est crucial que ces derniers tiennent compte de la situation économique des entreprises de charcuterie lors des prochaines négociations commerciales », exige la Fict. Dans son rapport annuel, l’Observatoire de la formation des prix et des marges indique que la marge nette générée par le rayon charcuterie est passée de plus de 400 millions d’euros en 2020 à près de 600 millions d’euros en 2022. « Cette progression contraste avec la forte dégradation des résultats des entreprises de charcuterie » pointe le syndicat.

Lire aussi : 1/3 des PME et ETI déficitaires, un risque pour le monde agricole

Les centrales d’achat européennes critiquées

La Fict déplore aussi la décision des grands groupes de rejoindre les centrales d’achat européennes. Selon la fédération, elle vient « encore accentuer le déséquilibre des négociations commerciales ». La Fict exhorte donc les distributeurs à « s’engager à exclure du champ des négociations de ces centrales les industries qui ont un fort impact sur les filières agricoles, comme la charcuterie », au nom de la souveraineté alimentaire.

Lire aussi : Les centrales d’achat à l’étranger, point faible d’Egalim 3

Egalim accusé de renforcer le pouvoir des distributeurs lors des négociations

« Les entreprises de charcuterie ne comprendraient pas que les prochains débats autour de la loi Egalim viennent renforcer le pouvoir de négociation des distributeurs », dénonce la Fict. Elle demande, notamment, une stabilité juridique en ce qui concerne les relations commerciales, la préservation de la date butoir du 1er mars et refuse le rajout des dispositions « qui pourraient être utilisées par les distributeurs comme des prétextes pour ne pas accepter les demandes tarifaires de leurs fournisseurs, pourtant indispensables à leur pérennité »

Pas de répit en 2024

La Fict précise ne pas constater d’amélioration pour les entreprises françaises de charcuterie ces premiers mois de l’année 2024. La tendance à la baisse semble se confirmer. Les montants cumulés des incapacités à payer augmentent plus fortement que les années précédentes selon la Banque de France. Au 1er semestre 2024, ils sont supérieurs à ceux de l’année précédente et près de quatre fois supérieurs à ceux de la même période en 2022. 

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