Simuler une évolution de l’élevage caprin avec l’outil Cap’2ER

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Webinaire Élevage caprin durable Crédits : © Idele
En réduisant légèrement le cheptel bovin et caprin, l'exploitation gagnerait en autonomie alimentaire. Crédits : © Archive/G. Beroud

Un élevage caprin et bovin allaitant a simulé des évolutions de l’élevage en regardant l’impact sur le carbone, le travail, l’autonomie et le revenu.

Dans les Deux-Sèvres, une exploitation caprine a utilisé l’outil Cap’2ER pour simuler des évolutions et réfléchir à la cohérence globale du système. L’exploitation associe deux ateliers sur 70 hectares : un atelier bovin viande en race Parthenaise et un atelier caprin de 435 chèvres. L’atelier caprin produit un peu plus de 410 000 litres de lait et mobilise moins de 30 hectares. La ration repose sur des ensilages de maïs, sorgho et herbe, complétés par des bouchons de luzerne déshydratée, du foin, et une part importante de concentrés achetés, notamment tourteaux de colza et de soja.

Le diagnostic Cap’2ER, réalisé en 2024 sur les données de la campagne 2022, montre que l’atelier caprin affiche des émissions brutes de 1,49 kilos équivalent CO2 par litre (kg éqCO2/l) de lait corrigé. À titre de comparaison, la référence des fermes caprine française est rappelée à 1,46 kg éqCO2/l, et la moyenne des systèmes « livreur ensilage de maïs » à 1,39 kg éqCO2/l.

60 % des émissions liées aux caprins, mais 75 % du revenu

Un indicateur marque particulièrement l’éleveur. L’atelier caprin concentre environ 60 % des émissions brutes de l’exploitation, contre 40 % pour l’atelier bovins viande. Mais dans le même temps, il génère près de 75 % du revenu, contre seulement 25 % pour les bovins.

L’éleveur anticipe plusieurs évolutions à court et moyen terme : le départ possible d’une salariée à mi-temps, une réflexion sur la transmission à l’horizon 2030-2032, et la fin programmée d’une partie des échanges paille-fumier, qui augmenterait la pression azotée sur la ferme.

Une simulation pour alléger le chargement et gagner en autonomie

Le scénario testé avec Cap’2ER vise à diminuer le chargement global, tout en maintenant la viabilité économique. Côté bovin, l’exploitation passerait d’un système engraisseur à un système naisseur, avec 25 vaches allaitantes (contre 32 actuellement) et la vente de broutards, mettant fin à l’engraissement des bœufs. Davantage de surface serait allouée à l’atelier caprin, ce qui permettrait de réduire les achats de fourrages et d’augmenter l’autonomie alimentaire.

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Côté caprin, le troupeau serait ramené à 400 chèvres pour diminuer légèrement le travail. En parallèle, la simulation table sur une hausse de la productivité individuelle de 50 litres par chèvre, pour atteindre 1 000 litres bruts par animal. « Gagner 50 litres par chèvre, c’est un objectif raisonnable et atteignable en travaillant sur la qualité des fourrages et la ration », explique Sylvain Souché, conseiller à la chambre d’agriculture Charente-Maritime-Deux-Sèvres.

Moins d’émissions et un revenu caprin maintenu

Les résultats de la simulation montrent une baisse de 8 % des émissions brutes de l’atelier caprin, passant de 1,49 à 1,41 kg éqCO2/l de lait corrigé. La biodiversité progresse légèrement, grâce à une surface caprine plus importante, et le nombre de personnes nourries ne recule que marginalement. Sur le plan économique, l’atelier caprin reste quasi à l’équilibre, avec un écart inférieur à 500 euros. En revanche, la réorganisation de l’atelier bovins entraîne une baisse plus sensible du revenu viande.

« Le diagnostic permet de poser les arbitrages et de mesurer leurs conséquences, résume le conseiller. Il permet aussi de réfléchir à la cohérence globale du système, de mettre en évidence les points forts et les points faibles ainsi que les contributions positives de l’élevage. » Pour l’éleveur, les réflexions se poursuivent…

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