Le diagnostic climatique des élevages caprins

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Tous systèmes confondus, l’élevage caprin français moyen affiche des émissions brutes moyennes de 1,46 kg équivalent CO₂ par litre de lait. Crédits : © D. Hardy

Émetteur de gaz à effet de serre, l’élevage caprin est concerné par l’effort de réduction des émissions. Cap’2ER permet d’objectiver les impacts, mais aussi les contributions positives.

<em class="placeholder">Chèvres saanen en bâtiment</em>

Le changement climatique s’impose à tous, y compris aux éleveurs qui sont, eux aussi, obliger de s’adapter : modification du calendrier cultural, baisse de rendement, apparition ou extension de maladies, évènements climatiques plus nombreux… Mais au-delà de l’adaptation, l’enjeu est aussi de participer à l’effort collectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En France, l’agriculture représente environ 21 % des émissions de gaz à effet de serre, derrière le secteur des transports. À l’intérieur de ce total agricole, l’élevage caprin ne pèse qu’environ 1 % des émissions. « L’élevage caprin reste un faible contributeur mais il est, comme chaque secteur, pleinement concerné par les efforts de réduction », assure Éric Bertrand, ingénieur à l’Institut de l’élevage.

Cap’2ER pour évaluer le carbone, la biodiversité, l’azote et l’énergie

Pour faire évoluer ses pratiques, il est essentiel de pouvoir diagnostiquer et simuler ses émissions. Pour cela, l’outil Cap’2ER propose une lecture globale des performances environnementales d’une exploitation. « Cap’2ER va regarder les émissions de gaz à effet de serre bien sûr, mais aussi la biodiversité, la qualité des sols, la qualité de l’eau, de l’air, et la consommation ou productions d’énergie », explique Éric Bertrand.

L’outil permet ainsi d’évaluer à la fois les impacts négatifs (émissions, pertes d’azote, consommation d’énergie) et les contributions positives de l’élevage, comme le stockage de carbone, l’entretien de la nature ou la production alimentaire.

Autant d’émissions de CO2 pour un élevage de 300 chèvres que pour un vol transatlantique

À partir des diagnostics déjà réalisés, l’Institut de l’élevage dispose aujourd’hui de références nationales. Tous systèmes et circuits de commercialisation confondus, l’élevage caprin français affiche des émissions brutes moyennes de 1,46 kilos équivalent CO₂ par litre de lait corrigé. Pour un élevage produisant 270 000 litres de lait, cela fait environ 400 tonnes émises par an, soit l’équivalent d’un avion réalisant un aller-retour Paris-New-York.

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Regarder au-delà du carbone

La répartition de ces émissions est relativement stable : environ 45 % sont liés à la fermentation entérique, donc directement liés aux animaux, et environ 30 % proviennent des aliments achetés. 12 % proviennent du méthane et du protoxyde d’azote émis par les effluents. Le reste provient de l’énergie consommée et de la fertilisation.

L’intérêt du diagnostic Cap’2ER est aussi de regarder au-delà du carbone. Ainsi, grâce aux prairies, haies, arbres et infrastructures agroécologiques, l’élevage caprin moyen entretient environ deux hectares de biodiversité par hectare de surface dédiée aux caprins. Cette ferme caprine moyenne permet de nourrir 933 personnes par an. En revanche, le diagnostic met en lumière un excédent azoté moyen de 118 kilos d’azote par hectare de surface, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne de l’ensemble des exploitations de ruminants (environ 108 kg/ha).

Des références Cap’2ER par système caprin

<em class="placeholder">Résultats Cap&#039;2ER des élevages caprins livreur de lait avec affouragement en vert</em>

Près de 300 diagnostics Cap’2ER ont été réalisés pour la filière caprine depuis la mise à disposition de l’outil en 2020. Huit fiches détaillent les résultats selon le type (fromager ou livreur) et selon le système alimentaire de l’élevage (foin, pâturage, ensilage de maïs, affouragement en vert).

Lire aussi : Moins de carbone pour plus d'euros

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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