Poulet ECC : « les acteurs de l’aval doivent prendre leurs responsabilités » les résultats du ChickenTrack 2025
Les entreprises de l’amont de la filière poulet ont progressé dans leurs engagements vers le poulet BCC ou ECC. Certes, le passage à des souches à croissance plus lente est encore limité, mais des avancées ont été effectuées sur la lumière naturelle et l’étourdissement par atmosphère contrôlée. Néanmoins la grande distribution semble renâcler pour garder le poulet comme produit d’appel.
Les entreprises de l’amont de la filière poulet ont progressé dans leurs engagements vers le poulet BCC ou ECC. Certes, le passage à des souches à croissance plus lente est encore limité, mais des avancées ont été effectuées sur la lumière naturelle et l’étourdissement par atmosphère contrôlée. Néanmoins la grande distribution semble renâcler pour garder le poulet comme produit d’appel.
« Les producteurs français se sont engagés dans la transition, et les volumes de poulet BCC disponibles sont de plus en plus importants. Pour transformer l’essai, les acteurs de l’aval doivent prendre leurs responsabilités quant à leurs engagements, et travailler de concert avec leurs fournisseurs » indique Lucille Bellegarde, responsable des affaires agroalimentaires chez CIWF, à la parution du rapport ChickenTrack 2025. Cet outil suit les progrès des entreprises engagées dans la démarche European Chicken Commitment (ECC) ou Better Chicken Commitment (BCC, hors Europe).
La France en avance sur le Better Chicken Commitment
En France, 14 % de la production de poulet provient de systèmes mieux-disants que le BCC (bio et Label Rouge). 5 % de la production française de poulet est conforme aux normes BCC. Mais ce chiffre devrait fortement progresser avec les engagements notables des géants LDC et Galliance en 2025.
La France est le pays le plus représenté dans ChickenTrack avec 42 entreprises évaluées (35 opérant uniquement en France et 7 groupes internationaux), parmi lesquelles 36 ont publié un reporting (contre seulement 26 en 2024).
La grande distribution voit le poulet en produit d’appel
La majorité des distributeurs français est engagée dans le poulet ECC. Pour autant ; le CIWF dénonce l’utilisation du poulet premier prix comme produit d’appel, avec peu de progrès en termes de bien-être animal sur ce segment comme sur les produits transformés. « Certains distributeurs abandonnent leurs gammes premier prix MDD pour les remplacer par des produits no-name », ce qui les exonère de leurs engagements, dénonce le CIWF.
« Certains distributeurs abandonnent leurs gammes premier prix MDD pour les remplacer par des produits no-name »
Les ONG animalistes les appellent à « s'entendre collectivement et de manière pré-concurrentielle pour changer l'environnement alimentaire du poulet et mettre en œuvre le BCC pour tous leurs produits ». Les distributeurs sont incités à mettre en place des leviers en termes de promotions, référencement, étiquetage et prix pour développer le BCC.
Progrès de la GMS sur les critères BCC
| Auchan | Carrefour | Coopérative U | Casino | Les Mousquetaires | |
| Densité d’élevage | 35 % | 40 % | 8,8 % | 50 % | 10 % |
| Souche | 35 % | 40 % | 8,8 % | 50 % | 10 % |
| Lumière naturelle | 35 % | 40 % | 43,2 % | 50 % | 44 % |
| Enrichissement | 35 % | 40 % | 43,2 % | 50 % | 43 % |
| Étourdissement par atmosphère contrôlée | 10 % | n.c. | 37,3 % | 0,3 % | 26 % |
| Audit externe ECC | n.c. | n.c. | n.c. | n.c. | n.c. |
Le reporting est erroné pour Lidl et incomplet pour Leclerc. Toutes les données sont disponibles en ligne sur l’outil ChickenTrack.
Des débuts en poulet transformés
Le rapport monte que malgré les défis spécifiques sur les élaborés à cause de l’utilisation d’animaux plus lourds, des progrès se font sentir, avec l’exemple du lancement d’un jambon de poulet BCC par Fleury-Michon.
Les progrès des transformateurs sont assez hétérogènes avec un retard palpable sur les souches. LDC est le plus avancé, suivent notamment Mix Buffet, Sodebo, Daunat. Parmi la restauration collective, seul API Restauration affiche des progrès notables. Dans la restauration commerciale, on remarque Big Mamma qui affiche 100 % sur tous les critères hors l’audit externe.
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Quels maillons de la filière poulet française sont en retard sur le ECC ?
Les derniers chiffres publiés par Anvol indiquent qu’au moins 57 % des surfaces en production standard sont équipées d’accès à la lumière. Les abattoirs français ont, par ailleurs, fortement avancé sur mise en œuvre de l’étourdissement par atmosphère contrôlée avec des investissements notables en 2025 pour sortir de l’électronarcose.
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En revanche, le CIWF note que les critères de baisse de la densité (de 40 kg/m² en moyenne à 30 kg/m²) et l’usage de souches à croissance plus lente affichent les taux de transition les plus bas.
Les six critères du Better Chicken Commitment
Le Better Chicken Commitment est une démarche portée par plus de 30 ONG en Europe, dont CIWF, et qui demande aux acteurs de l’agroalimentaire de s’engager d’ici à 2026 sur les critères suivants pour 100% de la viande de poulet (frais, surgelé, transformé) dans leurs approvisionnements :
le respect de la réglementation européenne quel que soit le pays de production
plus d’espace pour les oiseaux (densité réduite à 30 kg/m²)
l’enrichissement des bâtiments avec l’apport de perchoirs, de substrats de picage et de lumière naturelle
l’utilisation de souches à croissance plus lente, dont l’intérêt pour le bien-être animal a été démontré
l’utilisation de méthodes d’abattage plus respectueuses
la mise en place d’audits externes certifiant la mise en place de tous les critères avant l’échéance de 2026