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Viande rouge bio : la consommation se stabilise mais la production chute encore

La consommation de viande bio a cessé de baisser en 2024, après les déclins enregistrés en 2021, 2022 et 2023. Mais la production continue de baisser, d’autant plus que le marché du conventionnel (bœuf et agneau), porteur en 2024, a engendré un appel d’air. 

panneau ferme bio
Avec 13 301 fermes réparties sur l’ensemble du territoire, la filière des viandes bio connaît depuis 2022 une stabilisation du nombre de ses exploitations.
© Virginie Pinson

Les magasins spécialisés et la restauration hors foyer sont les deux moteurs de la consommation de viande bio puisqu’ils affichent des hausses respectives de 8,9 % et 14 % entre 2023 et 2024 selon les dernières données d’Interbev Bio. À l’inverse, la GMS, qui reste le premier débouché des viandes bio, recule, tout comme la vente directe et la boucherie traditionnelle. Interbev Bio signale son intention d’échanger avec les enseignes sur leur besoin et les perspectives de relance. 

Lire aussi : Consommation : Un nouvel équilibre sur le marché du bio ? 

Une baisse de la production de bœuf bio

6 618 fermes élevaient des vaches allaitantes bio en 2024, c’est un effectif assez stable (-0,3 % sur un an). Pour autant, les abattages de gros bovins allaitants bio ont reculé de 11 % sur un an. En effet, l’envolée des prix des gros bovins conventionnel a créé un appel d’air sur ce marché. L’écart moyen des prix pondéré entre le bovin bio et le conventionnel est tombé à 2,7 % en septembre 2024 (7,7 % un an plus tôt). Depuis, l’écart de prix s’est de nouveau creusé (4,4 %) sur l’été 2025. Les abattages de gros bovins laitiers ont reculé de 3 % entre 2023 et 2024.

Lire aussi : Viande bovine bio : « On est moins nombreux à se partager le gâteau » 

Le veau bio en net recul

La consommation de veau bio recule, en lien avec la chute de la production. En effet, l’envolée des prix des broutards incite les éleveurs à orienter les animaux vers ce circuit plutôt qu’engraisser des veaux bio. Les abattages de veaux bio ont ainsi reculé de 7 % l’an dernier. 

Une réglementation européenne qui pénalise le veau bio

De plus, la réglementation européenne évolue et les éleveurs de veaux bio doivent leur donner un accès à l’extérieur ou au pâturage si les conditions météos le permettent à partir de l’âge de six semaines. Ce qui est un véritable frein pour certains éleveurs dont l’organisation de l’exploitation ne permet pas cet accès. 

L’élevage ovin bio tourné vers la vente directe

En 2024, la filière ovine allaitante bio a enregistré une diminution de 0,6 % de son cheptel, toujours selon Interbev Bio. Pour autant, le nombre d’exploitations progresse (+3,4 %), car elles sont plus petites et davantage tournées vers la vente directe. À noter que le manque d’agneaux conventionnels était tel en 2024, alors que la filière a été durement touchée par la FCO, que des animaux d’élevages bio sont venus alimenter le marché conventionnel. Dans ce contexte, les abattages d’agneaux labelisés bio ont chuté de 22 %. 

Lire aussi : Volaille bio : la consommation recule, mais l’export se développe 

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