Viande bovine : le protectionnisme de la Chine et la guerre en Iran perturbent le marché mondial
Alors que les prix de la viande bovine ont fortement progressé ces dernières années chez les grands exportateurs mondiaux, les droits de douane assénés par la Chine a ses fournisseurs pourraient déstabiliser le marché mondial et réorienter certains flux. Le Brésil et l’Australie seraient particulièrement pénalisés et recherchent des alternatives, notamment en Asie du Sud-Est. Néanmoins l’Europe peut aussi attirer leurs convoitises. Dans le même temps la guerre en Iran rebat les cartes en limitant les perspectives brésiliennes vers le Moyen-Orient.
Alors que les prix de la viande bovine ont fortement progressé ces dernières années chez les grands exportateurs mondiaux, les droits de douane assénés par la Chine a ses fournisseurs pourraient déstabiliser le marché mondial et réorienter certains flux. Le Brésil et l’Australie seraient particulièrement pénalisés et recherchent des alternatives, notamment en Asie du Sud-Est. Néanmoins l’Europe peut aussi attirer leurs convoitises. Dans le même temps la guerre en Iran rebat les cartes en limitant les perspectives brésiliennes vers le Moyen-Orient.
Les prix des gros bovins continuent de se raffermir chez l’ensemble des grands producteurs mondiaux. Même en Amérique du Nord, où le marché s’était tassé fin 2025 sous l’effet d’un regain d’importation, la tendance est de nouveau à la hausse.
Baisse de la production mondiale de viande bovine en 2026
En effet, l’offre manque. L’USDA a annoncé qu’au recensement de février, les effectifs de bovins allaitants aux États-Unis ont atteint un plus bas en 75 ans. Pour le moment, la tension sur les prix régnait aussi dans l’hémisphère sud, avec un marché mondial de la viande bovine globalement déficitaire. Les analystes de la Rabobank s’attendent ainsi à une production de viande bovine, chez les principaux acteurs mondiaux, sous la moyenne quinquennale en 2026.
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Les droits de douane chinois vont perturber les flux de viande bovine
Les mesures protectionnistes établies par la Chine pour aider sa filière bovinepourraient néanmoins perturber les marchés en 2026. Les importations constituaient le quart de la consommation chinoise de viande bovine en 2025. Si les exports de viande bovine du Brésil ont battu des records en janvier dernier, les quotas instaurés par Pékin pourraient bien circonvenir les envois du géant latino. La production brésilienne de viande bovine serait alors amenée à baisser sur l’ensemble de l’année, selon les hypothèses de la Rabobank.
L’Australie doit trouver de nouveaux débouchés pour son bœuf
En revanche, les analystes s’attendent à une production stable en Australie, seul bassin restant au-dessus de sa moyenne quinquennale. L’Australie devrait donc être limitée par son quota accordé par Pékin (205 millions de tonnes), contrairement à la Nouvelle-Zélande, l’Uruguay et les États-Unis dont la production est en repli. Les exportateurs australiens vont donc devoir trouver des débouchés alternatifs pour 100 millions de tonnes de viande bovine. 55 % des exportations australiennes vers la Chine sont du bœuf nourri au grain, principalement des morceaux destinés à la transformation, de la poitrine et du jarret.
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Le détournement de ces morceaux vers d'autres marchés à un prix comparable « pourrait s'avérer difficile » selon la Rabobank. Les envois vers la Corée du Sud ont déjà battu des records en 2025, avec la baisse de la concurrence états-unienne, tandis que ceux vers le Japon plafonnaient. L’export vers les États-Unis, déficitaire, pourrait être compliqué car ils demandent plutôt du bœuf maigre pour les steaks hachés dans les burgers. Le Brésil sera aussi davantage présent sur ce marché, lui aussi contraint par les quotas chinois. C’est dans ce contexte contrait que Canberra pousse pour un plus large accès au marché européen dans le cadre de l’accord commercial en cours de négociation entre l’UE et l’Australie.
Pression sur le marché mondial
De quoi envisager un tassement des prix mondiaux de la viande bovine. C’est surtout vers le second semestre que ces volumes supplémentaires pourraient être disponibles sur le marché mondial, une fois que le Brésil et l’Australie auront rempli leurs quotas. Les volumes hors quotas étant soumis à une taxe de 55 %, leurs envois vers la Chine seront, en pratique, impossibles.
La guerre en Iran inquiète les exportateurs de viande du Brésil
Le Moyen-Orient est la destination de 10 % des exportations brésiliennes de viande bovine. Mais plus largement, 30 à 40 % des envois brésiliens transitent dans cette région pour atteindre l'Asie du Sud-Est et la Chine. Les coûts de transport par conteneur se sont brutalement envolés, triplant cette semaine. Le plus grand port de la zone, Jebel Ali à Dubaï, a été à l'arrêt le week-end dernier après des attaques aériennes mais l'activité a repris. Les principales compagnies de transport maritime ne proposent plus de routes vers le golfe persique.