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Poulet : combien faudrait-il investir pour reprendre des parts de marché à l’importation ?

L'investissement serait l’une des clés pour que le poulet français capte des parts de marchés face à l’importation. 

Poulet importé
L'investissement dans l'ensemble de la filière est pour Agridées un des moyens pour réduire la part de poulet importé dans nos assiettes
© Sheila Kolani

Investissements trop modestes, bâtiments d’élevage vétustes, coûts élevés ont réduit l’efficacité du socle productif de poulet de chair français entre 2000 et 2020 selon les conclusions du think tank Agridées, dans son étude Souveraineté alimentaire : le cas du poulet. Dans le même temps, l’Allemagne et la Pologne ont massivement investi dans l’ensemble de la filière poulet de chair. Résultat, « la production de poulet de chair entre 2003 et 2021 a progressé de 18% en France, quand elle a doublé en Allemagne, et triplé en Pologne, alors que la consommation se développait », peut-on lire dans l’étude.  

D'autre part, chez nos concurrents, l’accent est mis sur le poulet standard, l’effet de gamme est restreint. A l’inverse en France « les outils sont diversifiés selon les gammes, ce qui entraine des pertes de compétitivité », analyse Paul Lopez, ancien président de la fédération des industries avicoles.  

Conclusion, « aujourd’hui en France, il y a très peu d’outils qui ont des caractéristiques semblables aux concurrents intra-européens qui couvrent le marché français », constate Paul Lopez.  

Faire face aux importations de poulet  

Alors que la filière française s’enlise, la consommation de volaille et de poulet progresse de façon galopante, « il s’agirait de répondre à cette dynamique, en reprenant à l’importation une partie de ses récentes parts de marché afin de reconquérir une partie de la souveraineté française dans ce secteur, à hauteur de 20% soit 160 000 tonnes sur les 800 000 tonnes importées, et de se lancer dans les transitions nécessaires concernant le cœur du parc existant », insiste Paul Lopez.  

Il estime qu’un plan de relance, soit un plan de reconquête doublé d’un plan de modernisation et de transition d’un montant de « 2 milliards d’euros sur une programmation de cinq ans » permettrait de reprendre 20% des importations. Concernant le plan de reconquête, il faudrait « de nouveaux bâtiments d’élevage, pour produire 160 000 tonnes, soit 400 bâtiments pour 600 000m2 à 400 €/m2 ainsi que deux nouveaux abattoirs à 100 000 tonnes en vif/an - 80 millions d’euros fois deux ». Le plan de modernisation et de transition nécessiterait entre autres, pour la « modernisation des outils industriels d’abattages (biosécurité, bien être (anesthésie gaz), robotisation, digitalisation et autonomisation, un investissement de 700 millions d’euros ». 

Un investissement collectif 

Plusieurs acteurs devraient supporter les coûts : « les acteurs privés, industriels et éleveurs, ont à jouer leur rôle d’opérateurs économiques, afin de prendre en charge la majeure partie de ces investissements. Néanmoins, ce Plan entraîne une dynamique collective de relance et de transition de filière, qui nécessiterait un appui public à un investissement de souveraineté », termine Paul Lopez.  

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