Aller au contenu principal

Viande bovine
Viande bovine : des étoiles pas assez visibles

L’étiquetage des viandes de boucherie en libre-service a évolué il y a quatre ans. Mais une étude révèle que 70 % des consommateurs n’ont pas vu le changement !

25 % des sondés proposent de remettre le nom boucher du morceau.
© Virginie Pinson

Fin 2014, les rayons viande en libre-service évoluent. Les professionnels de la filière viande ont décidé de dépoussiérer les étiquettes pour mieux parler à des clients qui connaissent peu les morceaux et qui sont perdus dans ces rayons où ils ne bénéficient pas des conseils d’un boucher. Ainsi, les noms des morceaux les moins connus, comme le rond de tranche ou l’araignée disparaissent, remplacés par des noms génériques tels que steak ou bourguignon. À cette nouvelle nomenclature s’ajoutent une à trois étoiles qui expriment le potentiel de qualité du morceau ainsi que l’indication de la cuisson adaptée (à griller, rôtir, mijoter, pour des brochettes…).

70 % n’ont pas vu le changement

Plus de 70 % des consommateurs n’ont pas remarqué ce changement, révèle une étude publiée dans Viandes & produits carnés par quatre chercheurs *. Ils ont réalisé une enquête auprès de consommateurs réguliers de viande bovine hors steak haché (au moins deux fois par semaine), en Nouvelle-Aquitaine. Le panel considéré déclare accorder une grande importance aux étiquettes, en premier lieu le nom du morceau et son prix (plutôt que le prix au kg). D’où la surprise de voir que malgré ce souci de l’étiquette, plus de 72 % des sondés n’ont pas remarqué la présence d’étoiles ! Parmi ceux qui ont effectivement remarqué ces étoiles, ils ont fait le lien avec la qualité de la viande, mais utilisent finalement peu ces informations pour faire leur choix. Ceux qui n’avaient pas remarqué l’étiquetage, lorsqu’on leur indique, seul un tiers des sondés suppose un lien avec la qualité. Lorsqu’on leur fait comparer les deux étiquetages, l’ancien et le nouveau, 55 % des sondés préfèrent le nouveau, mais le quart des sondés propose de laisser en italique le nom boucher du morceau sous la dénomination générique.

Pousser plus loin la garantie de qualité

Un certain quiproquo semble se dégager de ces étoiles qui, pour la filière, expriment un potentiel de qualité du morceau selon le muscle, la découpe et la zone dont il est issu, mais qui sont vues par certains consommateurs comme des garanties de qualité. Or, celle-ci dépend aussi de critères non pris en compte dans les étoiles, comme la race et l’âge de l’animal, le système d’élevage ou encore la durée de maturation. Les auteurs de l’étude estiment qu’une évolution du système des étoiles vers un système comparable au Meat Standards Australia, qui prédit plus précisément la qualité, serait judicieuse. À noter, si les sondés sont globalement satisfaits de la tendreté des viandes marinées, conditionnées en UVCI sous-vide, du faux-filet ou du rumsteck, ils se disent parfois déçus notamment par les viandes pour pierre à griller. Au-delà de la qualité gustative, les sondés ont aussi proposé que le nombre d’étoiles soit aussi corrélé à d’autres critères par une notation objective des conditions d’élevage (71 % d’entre eux), du respect du bien-être animal (40 %), de l’impact environnemental (32 %) ou encore la valeur nutritionnelle (25 %).

* Marie-Pierre Ellies-Oury, Alexandre Lee, Hervé Jacob et Jean-François Hocquette

Les plus lus

Mamie au supermarché
7 marqueurs de l’alimentation des seniors d’aujourd’hui

Les habitudes alimentaires des Français de plus de 65 ans ou plus ont évolué avec le changement générationnel. Ces dernières…

usine
Canicule : « on constate des mortalités de +1000 % sur la volaille, +200 % en porc, +45 % en bovins » en Normandie et Pays-de-la-Loire

La vague de chaleur qui frappe la France a des conséquences sévères sur la mortalité en élevage, notamment en volaille. Gilles…

camion bétailler au port
Bovins vivants : « explosion des exportations de l’Amérique du Sud vers la Méditerranée »

Les échanges mondiaux de bovins vivants sont dynamiques, mais se sont nettement reconfigurés ces dernières années. Ce aux…

Œufs : la forte mortalité en poules pondeuses inquiète les opérateurs

L’évolution des prix des œufs français, au 25 juin 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie chaque semaine la…

carte de la chine avec des produits laitiers
Produits laitiers : « le secteur chinois veut aller vers des produits à plus forte valeur ajoutée, en concurrence avec les importations »

Le déséquilibre sur le marché du lait en Chine se traduit sur les entreprises agricoles du pays, mais aussi sur les échanges.…

poules dehors en élevage
Canicule : 500 à 700 000 poules pondeuses perdues, des conséquences à moyen terme en œufs 

Les premières estimations du CNPO sont à une perte de 1 à 1,5 % du cheptel. Tous les modes d’élevage ont été touchés. Les…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio