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Viande bio : la distribution doit progresser

Pour le 3e printemps de suite, la commission bio d’Interbev constate l’engouement des consommateurs pour la viande de boucherie biologique. Elle affirme que l’offre suivra l’augmentation de la demande. Explications.

Sans intérêt, la viande bio ? Seule une minorité de consommateurs le pensent encore, d’après le sondage réalisé depuis trois ans par l’Ifop pour la commission bio d’Interbev et Inaporc. Sur le millier de personnes interrogées via Internet début avril, seules 13 % ont exprimé leur défiance à l’encontre des viandes biologiques, contre 27 % un an avant. En revanche, le nombre de personnes se comptant parmi les consommateurs, même très occasionnels, confirme « une tendance de fond » selon les interprofessions et l’Agence bio.

Sur le millier de personnes interrogées, dont 96 % mangent de la viande, 71 % se sont déclarées consommatrices de viande biologique, soit un point de plus qu’en 2016 après un bond de 11 points de 2015 à 2016. Pour plus des trois quarts des amateurs de viande bio, celle-ci est perçue comme bénéfique au bien-être animal, dans l’idée que les élevages sont respectueux des bêtes, bénéfique à l’environnement et aussi à la santé du consommateur (même si ce n’est pas une promesse du signe de qualité bio). Elle est aussi réputée soutenir la rémunération des éleveurs (pour 70 % des répondants) et son achat représente un acte citoyen (selon 62 % des opinions).

Devoir d’information

Bien que le sondage n’ait pas été entaché par la révélation d’un cas de maltraitance à l’abattage de bovins provenant d’élevages biologiques, le distributeur Biocoop demande des garanties. « Nous avons le devoir d’expliquer comment les animaux sont transportés et abattus », a souligné Franck Bardet, responsable des filières animales du réseau spécialisé, lors de la présentation à la presse du sondage. Il a aussi mentionné l’importance du respect à l’égard des humains.

L’intérêt pour la viande biologique va de pair avec sa visibilité. Or, la viande de porc, le jambon bio se retrouvent de plus en plus dans les grandes surfaces. Le steak haché, dont l’offre progresse annuellement aux environs de 20 %, contribue fortement à la démocratisation de la viande bovine biologique. Ce sera aussi le cas de marques émergentes comme Sourires de campagne, lancée ce printemps par Elivia (filiale viande de Terrena) et l’union commerciale d’éleveurs Unébio.

Une offre anticipée

Pour l’heure, l’amateur de viande de boucherie bio n’en trouve pas forcément. C’est ce que semble exprimer la diminution du nombre de consommateurs déclarant acheter de la viande bio lorsqu’ils en trouvent : il est passé de 24 % dans le sondage 2016 à 21 % dans celui de 2017. Franck Bardet promet un bond des ventes au gré des plus de 200 rayons traditionnels devant ouvrir cette année dans les magasins de l’enseigne. Un boucher du nord-ouest parisien, Michel Vaidie, qui a ouvert en 2015 un emplacement spécialisé bio au marché couvert des Batignolles, s’est étonné de ne pas être imité.

Les « nombreuses conversions » d’éleveurs allaitants en 2015 en 2016, ainsi laitiers en 2016, annoncent une offre adaptée à la progression du marché ces prochaines années, a affirmé Jean-François Deglorie, animateur technique de la commission bio d’Interbev.

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